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Devant la Conférence des associations de la défense

Allocution prononcée par
L'honorable Stockwell Day
Ministre de la Sécurité publique

15 février 2007
Ottawa (Ontario)
Tel que prononcé

Merci beaucoup général (Paul Manson).

Je sais que la plupart d'entre vous réunis ici portent aussi le grade de « général. » Ce grade reflète vos années de service et votre expérience, de même que votre engagement envers notre pays. Nous sommes très fiers de chacun d'entre vous et nous sommes reconnaissants du fait que vous ayez consacré votre vie à l'une des professions les plus nobles qui soient : défendre un pays.

Mesdames et Messieurs, vous savez maintenant que nous prenons très au sérieux la sécurité de nos concitoyens. À l'évidence, il s'agit de la principale responsabilité de tout gouvernement.

Dans notre budget de 2006, nous avons consacré 1,4 milliard de dollars à la sécurité publique, et ce montant ne comprend pas les dépenses militaires. J'y reviendrai dans quelques instants. Il est relativement facile de lancer de tels montants d'argent. Toutefois, il faut préciser que cette somme est allée dans des secteurs qui visent à améliorer et à renforcer notre sécurité nationale.

Le message que nous envoyons à nos alliés, c'est que nous prenons au sérieux la question de la sécurité. Et nous envoyons aussi un message aux individus qui souhaiteraient nous faire du mal : nous faisons ce qu'il faut pour assurer notre propre sécurité et pour protéger les autres en cas de besoin.

Nous nous sommes engagés à ajouter 1 000 membres à l'effectif de la GRC. Aussi, 161 millions des 1,4 milliard de dollars seront affectés directement au recrutement et à l'entraînement de ces 1 000 nouveaux membres.

Notre engagement à l'égard de la sécurité de notre frontière est aussi très important, et nous le prenons très au sérieux. Une somme de 101 millions de dollars sur deux ans servira à armer nos agents des services frontaliers, ce que ces derniers souhaitaient depuis des années. Nous répondons maintenant à leurs besoins.

À un certain nombre d'endroits un peu partout au pays, parfois dans des secteurs éloignés, les agents des services frontaliers devaient travailler seuls. Compte tenu de l'intensité croissante des activités du crime organisé en Amérique du Nord, ces postes ne sont guère enviables. Par conséquent, grâce à une portion des nouvelles sommes annoncées, 400 agents supplémentaires seront formés afin que plus personne n'ait à travailler seul à la frontière dans les régions éloignées.

Il ne s'agit pas seulement de protection et de sécurité, mais aussi de prospérité. Lorsque le premier ministre Harper a eu sa première rencontre avec les présidents américain et mexicain, le Partenariat pour la sécurité et la prospérité figurait en tête de liste des questions dont il voulait débattre.

Nous renforçons nos frontières et les rendons plus sécuritaires, et nous améliorons nos capacités, et ce, non seulement sur le plan du personnel, mais aussi en matière de technologie. Comme vous le savez, il faut une combinaison des deux atouts. On ne pourra jamais remplacer la capacité, la formation, l'expérience et l'instinct. Toutefois, la technologie est une véritable bénédiction de nos jours.

J'ai annoncé dernièrement que nous allions investir 390 millions de dollars dans un système électronique de traitement des manifestes à la frontière de Windsor. On a déjà commencé à mettre en place ce système et, dans un avenir rapproché, toutes les personnes qui transporteront des marchandises par camion à la frontière devront s'y soumettre. Elles enverront électroniquement leurs manifestes avant de se présenter aux postes frontaliers avec leur camion plutôt que de remettre ces documents à l'agent en mains propres une fois arrivées à la frontière.

Comme je l'ai dit, les manifestes seront envoyés électroniquement à l'avance. Ils seront ensuite vérifiés et pourraient faire l'objet d'une évaluation de la menace. Si tout est en ordre, les camions pourront franchir la frontière assez rapidement puisqu'une évaluation aura déjà été faite. En effet, on aura évalué la marchandise transportée et vérifié l'identité du chauffeur, de son employeur et de ses courtiers. En somme, on procédera à un contrôle de sécurité complet. Voilà un exemple du maintien à la fois de la sécurité et de la prospérité. Ces enjeux sont extrêmement importants pour nous.

Comme le général l'a dit dans son allocution, lorsque nous examinons la question de la sécurité dans son ensemble, il ne fait aucun doute aujourd'hui que la menace terroriste plane encore sur le monde entier. C'est un fléau qui s'abat sur notre monde. Ce fléau est pris très au sérieux par les pays démocratiques et, fort heureusement, par certaines nations non démocratiques. Ici, nous nous penchons sur des secteurs dans lesquels vous avez consacré votre vie entière afin de protéger notre pays.

Les événements du 11 septembre 2001 ont laissé un souvenir très vif dans nos mémoires, mais la tragédie d'Air India survenue en 1985 ne nous vient pas à l'esprit aussi rapidement. Pour une raison ou une autre, nous n'avons pas conscience qu'un attentat avait alors été perpétré contre des citoyens canadiens. Toutefois, avant le 11 septembre 2001, jamais un attentat terroriste n'avait fait autant de victimes civiles dans le monde. Parmi les 324 personnes qui ont perdu la vie dans cet avion, 289 étaient d'origine canadienne, dont un très, très grand nombre d'enfants.

La menace plane encore aujourd'hui. Nous ne sommes pas à l'abri des menaces terroristes. Il y a à peine quelques années, Osama Bin Laden avait nommé le Canada parmi les six pays ciblés par son organisation terroriste. Comme la presse nous l'a appris hier, ce message vient d'être réitéré. L'an dernier, à peu près à la même date, une menace de ce genre avait aussi été proférée à l'endroit du Canada.

Il ne s'agit pas simplement de ressources, mais c'est aussi une question de détermination et de volonté. C'est pourquoi nous prenons des mesures législatives afin de protéger les Canadiens et les Canadiennes. Au cours de la dernière année, nous avons ajouté deux groupes à la liste des entités terroristes, de telle sorte qu'il est plus facile pour nos organismes d'application de la loi de s'en prendre à leurs sources de financement et aux individus qui pourraient les appuyer au Canada.

Parmi ces groupes, mentionnons les Tigres de libération de l'Eelam tamoul. On sait que ce groupe recueillait des fonds au Canada pour financer des activités terroristes à l'étranger.

De plus, en octobre 2006, nous avons ajouté à cette liste la faction de Gulbuddin Hekmatyar du Hezb-e-Islami établie en Afghanistan, le Hezb-e-Islami Gulbuddin (HIG), conformément au Code criminel du Canada. Cela faisait déjà un bon bout de temps que des pressions étaient exercées pour que le gouvernement interdise les activités ou les individus qui appuyaient ce groupe ici, au Canada. Ils recueillaient aussi des fonds. Des groupes comme celui-ci, amasse des fonds dans le but de tuer nos hommes et nos femmes en uniforme, non seulement ne reçoive aucun appui au Canada, mais aussi à ce qu'il soit mis hors d'état de nuire. Et tout individu qui aide un groupe de ce genre devrait faire face à la justice.

Les historiens des temps modernes mettent parfois l'accent sur la noble profession du maintien de la paix. Nous avons su tirer notre épingle du jeu en tant que Casques bleus, mais nous avons aussi un rôle à jouer dans les opérations de rétablissement de la paix. Les historiens nous rappellent qu'au cours de la Première Guerre mondiale, nous avons plongé dans les hostilités trois ans avant les Américains, et que, lors de la Deuxième Guerre mondiale, nous avons répondu à l'appel deux ans avant nos voisins.

Nous avons répondu à l'appel à l'aide des Coréens. Nous sommes intervenus au Kosovo. Et lorsque l'OTAN et l'ONU ont mis sur pied la mission en Afghanistan, nous avons répondu : présents! C'est dans notre intérêt de soutenir les populations des démocraties émergentes lorsqu'elles ont besoin d'aide.

Nous avons aussi tout intérêt à voir à ce que la population pacifique se réapproprie le territoire de son pays, territoire où était concentré l'entraînement des terroristes. Comme vous le savez, nous vous appuyons – et nous continuerons de le faire – afin que vous puissiez faire le travail que vous devez accomplir en Afghanistan. Nous vous remercions de ce travail très important.

La reconstruction fait partie de ce travail. Il ne s'agit pas simplement de combattre les terroristes qui n'hésitent pas à massacrer et à mutiler des femmes, des enfants et des hommes, des victimes innocentes, des civils.

Il y a à peine quelques jours, une de mes collègues, la ministre Verner, a annoncé un autre investissement de 16 millions de dollars dans un programme de microcrédit destiné à aider des femmes et des hommes afghans à devenir autonomes sur le plan économique.

Cette somme de 16 millions de dollars provient de notre engagement d'un milliard de dollars sur dix ans qui non seulement nous aidera à assurer la sécurité en Afghanistan, mais aussi nous permettra de participer à la reconstruction du pays et d'être témoins de la naissance d'une démocratie.

Dans le même ordre d'idées, mentionnons qu'il n'y a pas que nos militaires en Afghanistan. Je suis très fier du fait que, là-bas, des membres de la GRC participent à la formation de personnes qui n'ont pas l'habitude des services policiers adéquats. Les autorités afghanes nous ont demandé de l'aide en ce sens.

Dans les domaines de la police et des services correctionnels, le Canada est perçu comme un modèle partout dans le monde. Des agents du Service Correctionnel Canada se trouvent aussi en Afghanistan (je suis persuadé que, lors de leur entrée en fonction dans notre système carcéral fédéral, ils étaient loin de s'imaginer qu'un jour ils pourraient se porter volontaires pour servir dans un pays comme l'Afghanistan). Ces agents aident les Afghans à comprendre l'importance des droits de la personne, et ce, même dans leurs établissements carcéraux.

Ces réalisations sont remarquables. J'ai été extrêmement touché lorsque, la semaine dernière, j'ai serré la main et souhaité bonne chance à deux de nos agents correctionnels qui partaient pour l'Afghanistan.

Peu de gens savent aussi comment notre armée aide la GRC dans certaines de ses activités. Il y a à peine quelques mois, une opération antidrogue majeure s'est déroulée au large du continent africain. C'est la Marine qui a aidé la GRC à assurer le suivi de certaines expéditions. Lors de l'arrivée du navire ici, on a saisi 22 tonnes de drogues illicites.

Les militaires étaient là pour donner un coup de main à la GRC. Ils aideront aussi à assurer la sécurité lors des Jeux olympiques d'hiver de 2010. Vous avez acquis de l'expérience en travaillant en collaboration à des activités de maintien de l'ordre à la frontière lors du Super Bowl de 2006 qui s'est déroulé à Détroit. Le long des voies navigables, il est nécessaire de faire preuve d'une grande collaboration. Ce ne sont que quelques exemples qui soulignent toute l'importance des opérations militaires menées ici pour assurer la sécurité de notre pays.

C'est pourquoi le gouvernement a pris un engagement de 5 milliards de dollars supplémentaires dans le budget de 2006.

Selon moi, si l'on décide d'avoir une armée, il est essentiel de l'équiper de telle sorte qu'elle puisse faire le travail qu'elle doit accomplir au pays et à l'étranger. Par conséquent, vous constaterez que le soutien se poursuit.

Il ne fait aucun doute que ces types d'activités conjointes se poursuivront. En continuant notre travail de collaboration, nous pourrons connaître encore plus de succès dans des domaines comme les opérations antidrogue et antiterroristes.

Mais, qui plus est, nous comprenons que les enjeux géographiques canadiens sont en voie de changer et qu'il existe maintenant de nouveaux défis liés au Nord. Bon nombre d'entre vous êtes au courant de l'Opération Beaufort au Yukon et du prolongement des opérations que nous planifions dans l'Arctique. Votre présence, très importante dans ces régions, continuera d'être nécessaire.

Mesdames et Messieurs, je trouve intéressant que j'aie pu énumérer certaines réussites remarquables que vous, en tant que militaires, avez accomplies seuls et dans le cadre d'efforts coopératifs, comme l'opération antidrogue menée au large des côtes africaines. Lors d'événements de ce genre, nous tenons des conférences de presse. Toutefois, pour des raisons que je ne prétendrai pas comprendre, ces événements n'ont pas fait l'objet d'une vaste diffusion dans les médias. Nous savons tout de même que vous pouvez vous vanter de belles réussites assez régulièrement.

Comme vous le savez, vous ouvrez dans un domaine où les réussites sont loin d'être présentées avec autant d'éclat que les échecs. Dans les opérations de grande envergure, il y a toujours des moments où les choses ne se déroulent pas exactement comme prévu. Le Portefeuille dont je suis responsable compte 52 000 employés – seule l'armée possède un effectif supérieur – et ce ne sont pas tous ces employés qui assument parfaitement leurs fonctions 24 heures sur 24.

Permettez-moi de vous dévoiler un secret : moi non plus, je ne suis pas parfait. J'espère que les médias présents ici n'éventeront pas ce secret, car, comme vous le savez, nous, les politiciens, aimons donner l'impression que nous sommes parfaits. Toutefois, ce n'est tout simplement pas le cas.

Ainsi, on veut que notre organisation fonctionne aussi efficacement que possible, mais il faut aussi savoir composer avec les choses ou les personnes qui ne donnent pas leur plein rendement.
Nous savons aussi parfaitement bien qu'en ce moment même, des actes de bravoure sont posés en Afghanistan. De même qu'à d'autres endroits dans le monde où servent nos militaires.

Ces hommes et ces femmes ne verront peut-être jamais leur nom dans les journaux aujourd'hui, demain ou la semaine prochaine. Il se pourrait qu'ils prennent leur retraite sans que leurs actes de courage incroyables et leurs valeureuses années de service ne soient jamais reconnus dans les médias.

Mais, le soir venu, au moment de vous endormir, vous savez que vous avez eu une journée bien remplie, que vous avez honoré votre pays et que vous avez fait en sorte que notre pays et, en fait, le monde entier, soient des endroits plus sécuritaires. C'est le grand titre qui sera dans votre esprit et dans votre cour lorsque vous tomberez dans les bras de Morphée. Et vous devrez peut-être vous contenter de cela.

Je tiens à vous remercier du fait que vous devez vous contenter de cette satisfaction personnelle du devoir accompli. Votre raison d'être consiste à servir votre pays, à faire en sorte qu'il soit solide et sécuritaire, un endroit accueillant pour les autres et un pays dynamique pour tous ceux et celles qui y vivent.

Je vous remercie de consacrer votre vie à cet engagement et sachez que vous pouvez compter sur notre appui indéfectible.

Merci.