la Semaine de sensibilisation aux victimes d'actes criminels 2007 « C'est le temps d'écouter »
Notes d'allocution de
l'honorable Stockwell Day
Ministre de la Sécurité publique
le 23 avril 2007
Ottawa (Ontario)
Tel que prononcé
Merci Catherine [Catherine Kane, directrice, Centre de la politique concernant les victimes] de votre mot d'ouverture.
Mesdames et messieurs, bienvenue au lancement de cette très importante semaine. Nous avons déjà entendu quelques-uns des représentants de nos organismes. Nous avons également ici ce matin de nombreux groupes qui jouent un rôle essentiel sur le plan de la sensibilisation aux victimes, des ressources et de l'aide aux victimes. Plusieurs de nos collègues députés sont aussi dans la foule.
Je tiens absolument à signaler la présence de victimes d'actes criminels qui sont ici pour faire connaître les services et ressources fort nécessaires.
En tant que victimes, vous avez enduré de terribles épreuves, mais vous avez décidé de vous faire entendre. Je vous remercie et je vous félicite pour votre courage.
Il n'est pas facile pour les victimes de parler de ce qu'elles ont subi. Pourtant, bon nombre de représentants de groupes de victimes ici présents sont prêts à le faire parce qu'ils savent que cela sera utile à d'autres.
Il n'est pas facile de revivre des moments effrayants et dévastateurs chaque fois que vous parlez de ces questions. Mais vous êtes disposés à le faire et je l'apprécie beaucoup.
Cette semaine parle de la nécessite d'écouter davantage et mieux. Ces dernières années, voire peut-être ces dernières décennies, nous avons écouté d'autres groupes touchés par le crime.
On ne semble toutefois pas avoir vraiment écouté les victimes du crime elles-mêmes, tellement il y a de groupes différents qui rivalisent pour faire valoir leurs droits et se faire entendre.
Lorsqu'un crime est commis, il est souvent troublant de connaître l'ampleur des torts subis.
Par exemple, il n'y a pas si longtemps de cela, j'ai lu que la femme d'un gérant de banque avait été enlevée chez elle et enfermée dans le coffre d'une voiture. Une rançon a été exigée et payée. L'article terminait en disant qu'elle avait été relâchée saine et sauve. Eh bien, peut-être qu'il n'y avait pas de cicatrice physique, mais cette femme ne sera plus jamais la même.
Un de mes amis, propriétaire d'une entreprise de construction, a connu l'expérience épouvantable d'une invasion de domicile. Des individus se sont amenés, pensant qu'il gardait chez lui de l'argent dans un coffre. Ils sont entrés, ont posé un fusil sur sa tête et lui ont demandé où se trouvait le coffre. Il n'y en avait pas.
Bien sûr, il était terrifié à l'idée de perdre la vie, mais il était aussi inquiet parce que sa famille, femme et enfants, devaient rentrer d'un instant à l'autre. Cela s'est produit il y a des années, mais lorsqu'on frappe ou sonne à la porte, il ne peut toujours pas l'ouvrir sans d'abord regarder à travers les rideaux. Cet événement l'a changé à tout jamais.
Ces exemples sont des cas où il n'y a pas eu de conséquences physiques, à tout le moins extérieures. On ne parle même pas des horribles sévices physiques que certains d'entre vous ici réunis avez endurés. C'est donc ce que nous voulons souligner et nous souhaitons le faire avec plus que de simples paroles.
Dans son budget, l'an dernier, le gouvernement du Canada a engagé des millions de dollars en ce sens. J'ai le plaisir d'annoncer que le Service correctionnel du Canada disposera dorénavant d'agents spécialisés chargés de guider les victimes de crime et de veiller à leurs besoins.
Qui plus est, mon collègue Rob Nicholson et moi-même avons annoncé il n'y a pas si longtemps la création du Bureau de l'ombudsman fédéral des victimes d'actes criminels. Le ministre Nicholson reviendra sur ce point dans quelques minutes et fera une annonce importante.
La semaine dernière, nous avons annoncé que nous procéderons à un examen de notre système correctionnel. Certains des points que nous voulons étudier touchent les préoccupations des victimes. Nous nous intéresserons à des questions comme la situation des bureaux de libération conditionnelle, des maisons de transition et d'autres types de ressources dans la collectivité. Nous examinerons aussi comment les victimes doivent être consultées, informées et écoutées relativement aux décisions de ce genre.
Mesdames et messieurs, nous sommes souvent accablés par la gravité de ce qui arrive aux victimes. C'est pour cette raison que nous commençons à nous intéresser de plus près à leurs droits. Nous sommes encouragés par le fait que nous allons dans la bonne direction, que nous sommes à l'écoute des victimes et que nous agissons.
Merci à chacun d'entre vous, et merci aux membres des organismes qui viennent en aide aux victimes. Un merci tout spécial aux victimes qui sont ici aujourd'hui et aux autres qui s'intéressent à leur cause et à leurs besoins très réels.