Prix du policier de l'année – Police de Toronto
Notes d'allocution de
l'honorable Stockwell Day
ministre de la Sécurité publique
Le 14 juin 2007
Tel que prononcé
Mesdames et Messieurs, c'est un honneur pour moi de me trouver en compagnie d'une partie de l'élite de Toronto.
Je dirai d'abord que la première responsabilité de tout ordre de gouvernement est d'assurer la sécurité et la protection de ses citoyens. Cela est vite dit, mais le réaliser est une toute autre paire de manches !
Nous faisons face à bon nombre de défis tous les jours au gouvernement fédéral. Nous prenons très au sérieux le défi de répondre aux besoins et aux exigences des municipalités et des provinces, et d'assurer la sécurité et la protection de tous les Canadiens et toutes les Canadiennes. Vous, qui faites votre travail pour nous aider à relever ce défi, nous tenons à ce que vous sachiez que vous avez notre appui.
Nous parlons de deux approches : « le bras long de la loi » et « les bras ouverts de la collectivité ». En ce qui a trait à l'application de la loi, nous avons pris des mesures pour remplir notre engagement pour créer 1 000 nouveaux postes à la GRC. Nous avons aussi affecté 37 millions de dollars à l'École nationale de formation de la GRC pour que la GRC puisse bénéficier d'installations de pointe pour recevoir de nouveaux agents, dont la demande est croissante.
À l'échelon municipal, nous nous sommes engagés à faire en sorte qu'il y ait 2 500 policiers de plus à travers le pays.
Nous savons qu'il y a encore des domaines où le crime continue d'augmenter. Nous devons y porter attention. Assurément, dans le cas des crimes violents tels que les homicides, les tentatives de meurtre, les voies de fait graves et les vols qualifiés, et dans des groupes d'âge bien précis — par exemple, les jeunes hommes de 15 à 24 ans — nous constatons que ces chiffres augmentent. Un grand nombre de crimes ne sont tout simplement pas signalés.
À la lumière de ces chiffres, je veux vous parler de quelques-uns des domaines où nous faisons des investissements.
Actuellement, au Canada, il y a environ 24 000 personnes dans les pénitenciers sous la juridiction du gouvernement fédéral. Parmi ces clients, environ 13 000 sont actuellement derrière les barreaux et les autres sont dans diverses situations de réinsertion sociale.
Au Canada, notre objectif est de diminuer la criminalité. Cela est faisable, mais comporte de nombreux défis. C'est pourquoi nous avons tenté, avec les provinces et les municipalités, de repérer les principaux problèmes.
Dans le Budget de 2007, nous avons engagé six millions de dollars de plus par année, pour lutter contre l'exploitation sexuelle et la traite d'enfants. Nous utilisons entre autres un programme informatisé pour contrer sans délai les crimes insidieux que commettent les prédateurs qui exploitent les enfants, surtout sur Internet.
Je me rappelle très clairement le jour où, il y a quatre ans, une délégation de policiers de Toronto est venue sur la colline parlementaire à Ottawa, et s'est présentée aux divers groupes parlementaires. Un des domaines dont les policiers ont parlé et pour lequel ils avaient besoin d'aide c'était l'exploitation des enfants. À l'époque, ils ont dit qu'ils avaient saisi en une année seulement environ deux millions de photos.
Une autre question qu'ils avaient portée à l'attention du gouvernement du Canada était l'élévation de l'âge du consentement, dans les rapports entre un mineur et un adulte. Nous avons mis de l'avant cette législation. Nous avons déposé un projet de loi sur l'âge requis pour consentir, dans le but de mieux protéger les jeunes contre l'exploitation sexuelle par des prédateurs adultes.
Nous comprenons également la nécessité d'apporter notre aide en matière de crime organisé. La contrefaçon est un réel problème.
J'ai récemment annoncé la création d'équipes intégrées de lutte contre la contrefaçon (EILC). Ces équipes sont situées à Toronto, Montréal et Vancouver. À Toronto seulement, 85 000 billets contrefaits ont été « refilés » ou saisis. C'est véritablement un problème.
La contrefaçon n'est pas un crime sans victime et c'est pourquoi nous nous sommes engagés à collaborer, car aucun ordre de gouvernement, ni aucun service de police ne peut, à lui seul, connaître toutes les réponses.
À cette fin, nous avons mis sur pied ce que nous appelons des « équipes intégrées de lutte contre la fraude par marketing » pour lutter contre la criminalité comme le vol d'identité et d'autres types de crimes sur Internet.
Voilà certains des domaines liés à l'aspect du « bras long de la loi ». Ensuite, il y a l'aspect des « bras ouverts de la collectivité ».
Nous venons juste d'annoncer 64 millions de dollars pour une nouvelle Stratégie nationale antidrogue, qui sera réalisée en collaboration, encore une fois, avec les grandes villes, comme la vôtre. Environ un tiers de ce montant sera consacré à la lutte directe contre la production de drogues illégales, telles que ces nouvelles drogues épouvantables qui apparaissent dans nos rues et qui sont fabriquées avec une facilité navrante. Elles ont des effets désastreux.
Nous avons aussi investi 10 millions de dollars pour élargir les activités du Centre canadien de recherches policières. Ce centre de recherche nous permettra d'examiner les besoins en matière de services de police et de déterminer les meilleures approches pour les divers domaines de la criminalité, auxquels vous devez faire face tous les jours. Ajoutez à cela un programme de plusieurs millions de dollars visant la prévention du crime dans les collectivités.
Nous avons établi des critères très simples à l'intention des groupes qui effectuent une demande de financement. Nous ne croyons pas que le gouvernement fédéral doit s'immiscer dans vos collectivités et vous dire comment agir.
Nous avons trois mots pour définir ce qui oriente les critères de financement pour nos programmes de prévention du crime — « ce qui fonctionne ». Et vous savez ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Nous souhaitons financer des programmes locaux qui fonctionnent. Nous y parvenons. Nous allons constater des progrès à cet égard. Nous sommes conscients que de faire appliquer la loi est nécessaire, mais prévenir les crimes l'est également.
Au sujet du travail fait en collaboration avec nos partenaires, je veux souligner le travail incroyable accompli ici. Je tiens à souligner la présence ici du Chef du Service de Police de Toronto, Bill Blair. M. Blair, je vous suis reconnaissant de votre apport, il y a quelques semaines, à Ottawa, au moment du Forum intégré sur le crime, que nous avons organisé. Nous avons réuni les ministres de la Justice et les ministres de la Sécurité de l'ensemble des provinces et des territoires. Nous avons examiné des questions importantes liées au crime organisé et certains des besoins les plus criants. Je peux vous dire que M. Blair y a fait une présentation extraordinaire et y est allé de quelques conseils sur un ou deux domaines que j'examine actuellement avec le ministre fédéral de la Justice.
Vous parcourez les rues et êtes sur le terrain. Vous savez ce qui se passe et ce qui est susceptible d'avoir un impact. C'est ce genre de collaboration qui nous aide à faire des progrès dans le domaine de la lutte contre la criminalité, notamment en ce qui a trait au crime organisé.
Le 4 avril dernier, une opération d'envergure s'est déroulée dans l'ensemble du pays, de la Colombie-Britannique en passant par l'Ontario jusqu'au Nouveau-Brunswick. Elle visait le crime organisé et les activités menées par les bandes de motards. Grâce un excellent travail de collaboration entre nos différents partenaires — y compris la participation de certains venant d'ici même, Toronto — 169 accusations ont été déposées et des armes, des drogues et des biens ont été saisis.
C'est cela qui importe. Nous pouvons toujours parler de financement et de programmes, comme je l'ai fait, mais sans les hommes et les femmes en uniforme qui sont prêts à être là et à faire en sorte que cela fonctionne, rien n'est possible.
C'est ce que nous soulignons ce soir – ces hommes et ces femmes en uniforme qui ont choisi un emploi honorable qui risque constamment de mettre sa vie en péril pour la sécurité et la protection des autres. C'est un métier incroyable, dont vous vous montrez digne chaque jour.
Aujourd'hui, nous manifestons notre gratitude aux policiers pour le courage dont ils font preuve. J'ai parlé avec des policiers qui ont reçu des prix en reconnaissance de leur courage et ils sont les premiers à dire qu'ils sont fiers d'avoir été choisis, mais qu'ils peuvent nommer des douzaines d'autres parmi leurs collègues qui pourraient tout aussi bien recevoir ces prix à leur place.
C'est pourquoi des cérémonies comme celle d'aujourd'hui sont si importantes. La plupart des citoyens sont reconnaissants de ce que vous accomplissez, mais ils ne se rendent peut-être pas bien compte des incidences de votre travail sur vos vies personnelles.
Ils n'entendent pas parler de l'angoisse et des soucis des conjoints, maris ou femmes, dont le conjoint policier appelle pour dire qu'il va partir tard ce soir-là en raison d'une chose un peu inhabituelle, sans pouvoir préciser où il s'en va, ni ce qu'il est sur le point de faire.
Le lit est vide cette nuit-là, tout comme la maison, d'ailleurs. Il manque une personne. Pendant des heures, le conjoint resté à la maison va se demander comment l'opération se déroule. Il entendra probablement des nouvelles à la radio, avant de savoir si le membre de sa famille ou l'être cher va bien. Ce sont des moments très difficiles. Ce sont des années de formation qui permettent de réaliser une opération de cette ampleur, où il faut investir des lieux de façon dynamique.
Nous devons nous rappeler que, tous les jours, à une échelle moindre, se déroulent des opérations comme celles-là. Quand quelqu'un appelle, ce n'est pas pour dire « Pourriez-vous envoyer un policier ou une policière pour que je puisse lui dire à quel point je lui suis reconnaissant du travail qu'il ou elle fait? ». Ce n'est pas le genre d'appels que vous recevez.
C'est pourquoi, au nom du premier ministre et du gouvernement du Canada, ainsi que des Canadiens et des Canadiennes de partout au pays, je veux vous exprimer notre gratitude à l'égard du rôle que vous jouez pour nous, tous les jours, toutes les nuits, peu importe l'heure et le jour. Votre travail est grandement apprécié.
Quand j'étais enfant, mon frère et moi, du moment que nous entendions une sirène, sautions sur notre bicyclette et suivions le son de la sirène pour savoir ce qui se passait. Si nous étions en voiture avec mon père ou ma mère, nous leur disions : « Allons voir ce qui se passe! ». Évidemment, en parents avertis, ils nous disaient que la dernière chose dont avaient besoin les policiers, c'était d'enfants affluant pour voir ce qui se passait.
Pour nous, c'était un moment excitant, mais pour les membres des familles des policiers, le son des sirènes n'a rien d'excitant. C'est un petit serrement au cœur, un papillon à l'estomac et le supplice de se demander si c'est son conjoint, sa mère, son père ou l'être cher qui est dans la voiture.
Nous vous savons gré d'être là pour nous tous les jours et d'accepter ces prix au nom des milliers d'autres hommes et femmes qui sont à vos côtés au travail.
Je vous remercie de l'occasion que vous m'avez donnée de participer à cet événement.
Merci.