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L'École nationale de formation (Division Dépôt)

Notes pour une allocution de
L'honorable Stockwell Day
Ministre de la Sécurité publique

Le 22 août 2007
Regina (Saskatchewan)
Tel que prononcé

Merci beaucoup pour cette présentation. J'ai demandé à notre maître de cérémonie combien de temps duraient habituellement les discours au cours de ce genre d'événement. Il m'a judicieusement répondu : « aussi longtemps que vous le voulez monsieur ». J'ai souvent assisté à de longs discours, et je sais combien cela peut parfois être pénible. Je ferai donc de mon mieux pour que vous puissiez sortir d'ici avant 14 h, car je sais que vous avez beaucoup à faire.

Chaque fois que je suis avec un groupe de personnes comme vous, des personnes qui ont décidé de consacrer leur carrière, voire même leur vie, à défendre ce qui est juste et à protéger nos citoyens, un vif sentiment de fierté et d'inspiration envahit l'atmosphère. C'est pourquoi j'aime m'arrêter aux détachements de la GRC lorsque je voyage. J'aime rencontrer des groupes d'agents lorsqu'ils sont en plein travail. Parfois, je m'arrête en cours de route lorsque je vois des personnes qui font des activités et qui utilisent du matériel, non pas parce que je me fais arrêter, mais simplement pour bavarder avec les gens.

Je suis content d'avoir pu visiter, tôt ce matin, le gymnase. C'est un très bel établissement. Il y avait des agents qui s'entraînaient, alors j'ai essayé de me tenir loin d'eux. Ensuite, je suis allé courir autour des installations alors que le soleil se levait.

Ce fut une source d'inspiration pour moi lorsque je suis passé près du drapeau, qu'on était en train de rentrer ce matin. Trois agents étaient là pour baisser le drapeau d'hier et hisser celui d'aujourd'hui. Le drapeau d'hier, comme vous le savez peut-être, revêtait un caractère très personnel. Ce drapeau, qui avait flotté au sommet de l'édifice du Parlement, avait été hissé à la GRC à la demande de la famille de l'un des quatre agents ayant perdu la vie à Mayerthorpe. Ce drapeau, qui flottait ici pour l'événement d'hier, sera dédié à cet établissement.

Je sais que l'environnement dans lequel vous vous retrouverez bientôt vous fait réfléchir, et cela va de soi. Nous avons pris connaissance de récentes statistiques publiées par Statistique Canada qui indiquaient que les taux de criminalité étaient à la baisse. Nous avons analysé ces statistiques, et si vous étudiez le nombre important de crimes qui ont été signalés au cours d'une période de cinq ans, des réductions peuvent effectivement être constatées dans certains domaines. La technologie y est pour beaucoup. Il n'y a pas beaucoup de fraude postale ces jours-ci, parce que de plus en plus de gens utilisent Internet. De même, certains types de crimes ne sont pas signalés aussi fréquemment.

Je suis sûr que vous avez jeté un coup d'œil à ces statistiques et que vous savez que vous vous apprêtez à travailler dans un environnement bien différent, par exemple, lorsqu'il s'agit de voies de fait graves. Les statistiques sur ce type de crime démontrent une hausse. Il en va de même pour les tentatives de meurtre. L'an dernier, le taux de jeunes personnes accusées d'homicide a été le plus élevé depuis l'introduction de cette catégorie en 1961. Nous avons également pris connaissance d'un rapport sur le nombre croissant de groupes criminels organisés. Cette hausse est attribuable en partie au travail efficace de la police, qui entraîne le démantèlement des plus grands groupes, mais également leur fragmentation en plus petits groupes.

Nous savons que lorsqu'il est question de la sécurité nationale – et vous serez appelés à travailler à ce niveau – la hausse de la menace est reliée aux activités terroristes. Le crime organisé est plus avancé sur le point technologique qu'il ne l'a jamais été.

Ce climat dans lequel vous vous apprêtez à travailler découle également d'une perception d'assez longue date selon laquelle il vous manque des ressources nécessaires pour effectuer votre travail. On estime qu'une plus grande importance est accordée aux droits de ceux qui enfreignent la loi qu'aux droits de ceux qui en assurent le respect. Je tiens à préciser que nous nous sommes engagés à faire respecter et à protéger les droits de tous les individus, y compris de ceux qui ont enfreint la loi et de ceux qui sont incarcérés.

Lorsque cette perception est partagée par la société en général, et il en revient principalement au gouvernement, il y a lieu de s'interroger. Vous travaillerez dans un climat où quelqu'un peut être arrêté et faire l'objet d'une série d'accusations. Parfois, la négociation de plaidoyers s'impose afin de faire avancer les choses au niveau du système judiciaire. Lorsqu'une série d'accusations est déposée, et que l'une de ces accusations consiste en des voies de fait contre un agent de la paix ou un agent de correction, celle-ci est la première habituellement à faire l'objet de négociations.

C'est dans ce genre d'atmosphère que vous vous retrouverez. Je suis heureux de constater que vous êtes encore tous là, que personne n'a quitté. La bonne nouvelle c'est que beaucoup plus de ressources ont été affectées à la GRC au cours des deux dernières années qu'il n'y en a eu depuis longtemps. Il me fait grand plaisir de constater les résultats que certaines de ces ressources ont apportés ici à la Division Dépôt, où quelque 37 millions de dollars ont été investis.

Vous savez sans doute que le gouvernement du Canada s'est engagé à embaucher 1000 autres employés au sein de la GRC à l'échelle du pays et que cette initiative sera entièrement financée par le gouvernement fédéral.

Nous nous sommes également engagés à mettre en place 2500 agents municipaux de plus. Les coûts de cette initiative seront partagés avec les provinces. Qu'il s'agisse de la technologie au Centre de coordination contre l'exploitation des enfants, des Équipes intégrées de la police des frontières ou des ressources qui seront affectées aux Équipes intégrées de la police des marchés financiers pour contrer le vol d'identité, dans l'ensemble, d'autres affectations de ressources sont à prévoir. Et ce n'est qu'une partie des bonnes nouvelles.

Nous prévoyons également apporter des modifications législatives, y compris accroître le nombre de domaines dans lesquels des peines d'emprisonnement seront obligatoires pour certaines infractions, comme les infractions liées aux armes à feu et d'autres infractions avec violence. Bien qu'un changement s'opère en ce moment, il n'en demeure pas moins que vous vous engagez dans un domaine très exigeant. Vous avez pris une décision à un certain moment, peut-être très tôt dans votre vie, peut-être récemment, et malgré les défis qu'il vous faudra affronter, c'est ici que vous voulez être.

Hier, j'ai entendu parler de quelqu'un ici qui était en formation. Je ne sais pas s'il fait partie des groupes ici présents, mais il est ici sur le campus, il est en formation et il a 51 ans. Apparemment, il a voulu être un agent de la GRC toute sa vie. C'est une grande source d'inspiration et d'encouragement.

Il y a beaucoup de statistiques qui sont lancées en l'air et que vous tentez peut-être d'assimiler avant de descendre dans la rue pour nous protéger, pour protéger mes enfants et mes petits-enfants. Cinquante-cinq mille personnes ont suivi la formation pour devenir un agent de la GRC. Je crois que nous espérons en accueillir 8500 par année. Nous avons pris connaissance d'une autre statistique peu réjouissante hier. Deux cent dix-huit est le nombre de personnes qui ne sont pas rentrées à la maison après un quart de travail. Deux cent dix-huit personnes qui avaient réfléchi à leur avenir professionnel et qui étaient bien conscientes des risques que cela comportait.

Mais le nombre le plus important est sans doute le numéro un – je ne vous dis pas de vous considérer comme le numéro un. Vous avez déjà pris la décision d'être ici pour protéger les autres. Je veux juste vous rappeler qu'il est possible qu'une seule personne puisse faire une différence. Ce sont toutes les personnes qui font partie de cette organisation qui ont fait de celle-ci l'organisation que nous connaissons aujourd'hui, qui est reconnue mondialement pour son professionnalisme, son intégrité et sa capacité à exécuter le travail.

Je tiens à vous informer que je discute chaque semaine, parfois chaque jour, avec mes homologues à l'étranger qui s'occupent des questions de sécurité. Ils soulignent toujours l'excellence du travail de la GRC. C'est parce que des gens comme vous ont décidé d'exercer vos fonctions de manière si efficace que cela permettra à l'organisation d'exceller pour les décennies à venir.

J'entends toujours des histoires à propos de gens qui ont été, si je peux me permettre d'utiliser ce terme, interceptés au bon moment et au bon endroit par un agent compétent et qui savait comment gérer la situation. C'est ce qui a fait pencher la balance. Peut-être qu'un accident a été prévenu ou qu'une vie a été sauvée. Avant d'intégrer vos fonctions dans cet environnement si exigeant, vous devez savoir que vous ferez tous une différence dans la vie des gens. Nous entendons souvent parler du long bras de la loi, qui représente l'aspect lié à l'application de la loi, et des bras ouverts de la communauté, qui représente l'aspect lié à la prévention, et je sais que vous êtes formés dans ces deux domaines.

J'aimerais que vous gardiez à l'esprit des paroles que j'ai entendues aux funérailles d'une dame il y a un peu plus d'un an de cela. Elle avait insisté pour que nous nous remémorions quelques mots alors que nous nous apprêtions à quitter sa sépulture. Sa famille avait dit qu'elle tenait à ce que nous sachions qu'en quittant les lieux, nous ne devions pas nous retourner. Elle ne voulait pas que nous nous retournions pour regarder sa tombe. Elle voulait que nous regardions en avant. Cela n'a pas été facile. Mais une femme qui n'était plus avec nous nous avait demandé de nous rappeler ceci – ne regardez pas en arrière.

Lorsque vous quitterez cet endroit, vous serez peut-être un agent de l'organisation pour de nombreuses années à venir. Vous prendrez peut-être votre retraite dans 25, 30 ou 35 ans. Vous travaillerez peut-être dans un autre domaine ou entreprendrez une autre carrière. Peu importe les défis auxquels vous devrez faire face, je tiens à vous assurer que vous avez pris la bonne décision en étant ici aujourd'hui. Ne remettez jamais cette décision en question. Quoi qu'il arrive et peu importe où cela vous amènera. Ne regardez pas en arrière. Vous avez pris une excellente décision. Vous avez pris la bonne décision.

La femme dont je vous ai parlé il y a un moment était une de vos anciennes collègues. Vous vous rappellerez peut-être Robin Cameron. Sa vie a fait une différence. Elle a répondu à un appel de service et a payé le prix ultime au cours de cet appel. Sa jeune vie en a été écourtée.

Nous n'avons aucun moyen d'évaluer ce qui aurait pu se passer si elle n'avait pas répondu à cet appel. Quelle était l'intention de l'individu? Nous n'avons aucun moyen de déterminer comment les événements se seraient déroulés. Et elle a dit ne regardez pas en arrière. C'est ce qu'elle aurait voulu pour tous les cadets ici présents et toutes les personnes qui porteront l'uniforme. Vous avez pris une grande décision. Vous avez décidé de maintenir ce qui est juste. Certaines personnes traitent les lois et le maintien de l'ordre de façon frivole, mais ces lois et le maintien de cet ordre sont le fondement même de notre constitution. La Constitution canadienne parle de paix, d'ordre et de bon gouvernement. Les personnes qui enfreignent la loi, qu'il s'agisse d'infractions mineures ou majeures, menacent tous les principes par lesquels nous vivons.

J'aimerais de nouveau remercier chacun de vous. Je sais que ce cours n'a pas été facile. Nous savons qu'il y aura de nombreux défis à relever. Mais la grande majorité de vous finiront le cours, vous terminerez cette course et vous irez de l'avant. Vous serez là pour mes enfants, vous serez là pour mes petits-enfants. Je tiens à ce que vous sachiez que je serai avec vous chaque fois que j'en aurai l'occasion. Je suis là pour vous, comme le sont le Commissaire et toutes les personnes qui ont travaillé et pris part à votre formation. C'est grâce à vous que notre pays sera en sécurité et que les gens y vivront dans une paix et un ordre sans égal.

Merci beaucoup et que Dieu vous bénisse alors que vous vous apprêtez à entreprendre votre nouvelle carrière.