La Conférence internationale sur les gangs de rue de l'Association canadienne des chefs de police (ACCP)
Allocution de
L'honorable Stockwell Day,
Ministre de la Sécurité publique
Montréal (Québec)
29 octobre 2007
Tel que prononcé
Je suis très heureux d'être ici, parmi des hommes et des femmes qui consacrent leur vie à la sécurité de notre pays, de nos citoyens et de nos collectivités. Vous faites preuve d'un grand dévouement tout en étant conscients des difficultés auxquelles vous devez faire face.
Je veux également souhaiter la bienvenue à ceux qui viennent d'autres pays. On m'a dit que certains participants arrivent de la Belgique, de la France, des États-Unis, ainsi que d'autres pays.
Le Canada a de nombreux défis à relever. Cependant, lorsque nous entendons ce qui se passe dans d'autres pays, nous savons que nos difficultés sont moins grandes qu'à d'autres endroits dans le monde. Je suis heureux de vivre dans un pays aussi sécuritaire que le nôtre, ce qui est possible, en grande partie, grâce à vous.
Cet après-midi, à Ottawa, j'ai eu l'honneur de m'entretenir quelques minutes en privé avec le Dalai Lama, qui est en visite chez nous. J'ai ainsi pu discuter de points très pacifiques, mais également du fait qu'il y a toujours des obstacles à l'environnement de paix que nous cherchons et dont nous profitons.
Il est essentiel que tous les ordres de gouvernement participent à accroître la sécurité des Canadiens et des Canadiennes. Nous voulons travailler ensemble afin que vous puissiez marcher sans crainte dans les rues et afin de veiller à ce que ceux qui présentent un danger et une menace subissent les conséquences de leurs actes.
La lutte contre le crime et la protection des Canadiens font partie de nos priorités. C'est la raison pour laquelle, depuis près de deux ans, nous avons abordé la question de la sécurité de manière rigoureuse. Nous nous sommes d'abord engagés à ajouter 1 000 employés de la GRC dans l'ensemble du pays.
Nous nous sommes aussi engagés, avec les solliciteurs généraux et les procureurs généraux des diverses provinces et territoires, à ajouter 2 500 agents municipaux par l'entremise d'un programme à frais partagés. Nous avons rencontré de nombreuses personnes et de nombreux groupes des provinces, des territoires et des services de police à ce sujet.
Vous savez probablement que nous avons également mis en place d'importantes mesures à nos frontières. Nous sommes sur le point d'engager 400 agents supplémentaires à la frontière et nous procédons à la formation sur le port d'armes de poing pour nos agents frontaliers. Des agents ont déjà complété la formation et occupent des postes aux points d'entrée les plus occupés.
Nous avons pris cet engagement, et nous savons que la visibilité et la présence accrues des agents ont un effet positif sur la sécurité dans nos rues. Nous poursuivrons cet engagement.
Au cours du dernier exercice, nous avons aussi ajouté 6 millions de dollars à ce que nous avions déjà remis au Centre contre l'exploitation des enfants.
Nous avons établi un centre de recherches afin de déterminer les pratiques exemplaires en matière de services de police et les meilleurs types d'équipement que peuvent utiliser nos agents. Tous les services de police pourront utiliser ce centre de recherches et consulter ses ressources. Ils pourront également y échanger des renseignements de manière à approfondir la recherche sur les pratiques exemplaires et sur les types d'équipement. Ainsi, les agents seront mieux outillés pour accomplir leur travail.
Nous avons pris l'engagement de mettre en place des équipes intégrées de la police des frontières qui travailleront avec des agents américains afin de cibler les personnes qui présentent une menace et d'assurer la protection de nos frontières de manière à ce que les voyageurs puissent se déplacer facilement.
Pour ce qui est de la sécurité dans nos rues, nous voulons examiner les raisons qui expliquent le phénomène des gangs de rue. Il y en a plusieurs. Nous voulons nous assurer que nos collectivités possèdent les ressources requises pour lutter contre les problèmes présents dans nos rues. Nous sommes vraiment très heureux que des personnes expertes et dévouées comme vous tentent de prévenir ce phénomène, qui semble prendre de l'ampleur, tout en essayant également d'en déterminer les causes profondes.
Vous avez peut-être pris connaissance des données de Statistiques Canada démontrant que la criminalité est en décroissance un peu partout. De bien des façons, c'est en raison du bon travail que vous et vos camarades accomplissez. Pourtant, la criminalité augmente dans certains secteurs; ce qui est préoccupant. Nous sommes inquiets de ce que nous voyons.
Plusieurs types de crimes violents augmentent : crime qualifié, voies de fait graves, tentatives de meurtres. L'an dernier, le taux de jeunes accusés d'homicide était le plus haut que nous avons enregistré depuis que nous avons commencé à recueillir des statistiques dans cette catégorie particulière en 1961.
Nous sommes vraiment préoccupés par cette question. Bien entendu, la plupart de ces homicides découlent d'activités liées à la drogue ou du commerce de la drogue.
Nous devons mettre l'accent sur l'application de la loi ou sur ce que j'appelle le « bras fort de la loi ». Mais nous devons aussi faire appel aux « bras ouverts de la collectivité ». Ces deux aspects sont essentiels.
Il y a environ un mois, j'étais à Winnipeg avec notre premier ministre afin d'annoncer notre Stratégie nationale antidrogue, qui compte 64 millions de dollars en financement. Un tiers de cette somme est destinée à l'application de la loi, et le reste, à la prévention, à la sensibilisation et au traitement.
Certains programmes relèvent du Programme national de prévention du crime, dans le cadre duquel nous avons accordé 20 millions de dollars à des groupes dans l'ensemble du pays qui travaillent à l'échelle locale et qui comprennent ce qui se passe dans leur propre collectivité. Si ces groupes peuvent démontrer qu'ils ont des programmes qui fonctionnent, nous voulons être en mesure de leur accorder le financement dont ils ont besoin. Ces programmes sont vitaux. Les agents de police, les organismes sociaux et d'autres groupes communautaires travaillent ensemble afin de déterminer les points chauds et les questions problématiques dans leurs propres secteurs.
Les programmes sont axés sur la prévention et visent les jeunes vulnérables, les familles à risque et les collectivités autochtones. Nous adoptons une approche énergique globale.
Nous déployons donc tous ces efforts, et nous mettons également au point le programme législatif. Les agents de police et les dirigeants des collectivités du milieu des services de police et de la sécurité nous font part de leurs principales préoccupations depuis bien des années. Vous savez probablement que nous avons déposé un certain nombre de projets de loi à la Chambre des communes depuis les 18 derniers mois.
Nous sommes préoccupés par la question de la désignation d'une personne comme « délinquant dangereux ». Dès maintenant, nous voulons mettre en place une législation concernant les personnes qui commettent un certain nombre d'infractions graves; le fardeau de la preuve leur incomberait, et elles devraient démontrer que leur remise en liberté est préférable à la prolongation de leur incarcération.
C'est cette vaste approche que nous adoptons en ce qui concerne les ressources et la législation. Nous mettons ensuite l'accent sur des programmes précis qui doivent être perfectionnés et élaborés et qui nécessitent des ressources, notamment vos programmes en matière de gangs de rue.
Qui sait ce qui se passe dans l'esprit et dans le cœur d'un jeune qui se sent tellement rejeté et aliéné qu'il est prêt à se joindre à un gang de rue parce qu'il s'y sent plus accepté qu'à la maison ou que parmi les autres jeunes de l'école? C'est encore une question d'équilibre. On doit s'attarder à la responsabilité. Il doit y avoir des conséquences aux gestes inappropriés, mais on doit également mettre l'accent sur les causes profondes du problème et sur la prévention.
Je vous souhaite bonne chance dans votre travail. Je vous félicite pour votre engagement à faire de nos rues un endroit plus sécuritaire et à faire en sorte que l'on mette en place des mécanismes permettant aux jeunes de faire des choix judicieux. Comme vous le savez, il suffit d'un pas ou deux dans la mauvaise direction pour changer la vie d'une personne et l'orienter vers une voie très différente, dans un état très différent.
Vous avez une tâche difficile. Chaque fois que vous vous rendez au travail, vous devez faire face à des événements que nul autre ne rencontre, et vous le faites avec dévouement et avec courage parce que vous savez que vous pouvez faire une différence. Nous vous remercions de faire une si grande différence.
Je vous remercie.