La Conférence nationale sur l'antiterrorisme
(CollaBoRatioN)
Allocution prononcée par
L'honorable Stockwell Day,
Ministre de la Sécurité publique
Calgary (Alberta)
Le 2 novembre 2007
Tel que prononcé
Je suis très heureux d'être à Calgary et je vous remercie tous et toutes d'être présents ici aujourd'hui.
La valeur de l'expérience collective réunie dans cette pièce est assez exceptionnelle. Je suis impressionné par les années de service que vous possédez, ainsi que par l'excellente formation que vous offrez dans la protection de nos concitoyens. Vous avez tant à offrir en termes de conseils et d'avis, et vous êtes réunis ici pour partager cette expérience et pour en apprendre encore davantage au cours des prochains jours. Je vous encourage à être des participants actifs et à faire profiter les autres de votre expérience et de votre savoir-faire.
Félicitations à tous ceux et celles qui ont travaillé fort pour organiser cette conférence. Vous avez réuni un éventail impressionnant de conférenciers remarquables.
Vous connaissez les défis que vous devez relever tous les jours mieux que quiconque,. Je crois qu'il faut être motivé par une vocation particulière pour faire le genre de travail que vous effectuez. Vous recevez une formation pour être prêts à gérer des événements que vous souhaitez n'arriveront jamais. Vous savez qu'il y a toujours des risques et que le Canada n'est pas à l'abri de ces risques, comme ceux liés aux catastrophes naturelles ou au terrorisme.
Il est possible de travailler ensemble et de concentrer nos efforts sur l'objectif de la sécurité, et le travail que vous réalisez est crucial dans ce contexte.
Pour tout ordre de gouvernement, la sécurité de ses citoyens constitue la priorité absolue. À l'échelle fédérale, nous disposons d'un corps policier, la GRC, d'une agence du renseignement, le SCRS, et d'agences frontalières. Sur le plan de la police, nous avons pris des engagements importants et nous sommes en voie de les respecter. En plus des efforts de recrutement déjà en cours, nous nous sommes engagés à embaucher 1000 employés de la GRC supplémentaires au pays et nous avons agrandi les installations de formation à la Division Dépôt de Regina. Nous avons également promis de recruter 2500 agents de police municipaux supplémentaires à la grandeur du Canada grâce à un programme de partage des coûts avec les provinces. La ville de Calgary tirera profit de ces efforts.
Nous souhaitons également que nos frontières soient sécuritaires et qu'elles permettent la circulation rapide de nos concitoyens et des produits. Chaque année, on enregistre plus de 90 millions de passages aux frontières. Les responsables des services frontaliers doivent avoir toutes les ressources dont ils ont besoin pour faire leur travail de manière efficace et pour assurer notre sécurité.
Grâce à notre Loi sur la gestion des urgences, les responsabilités fédérales sont très claires en matière de planification d'urgence. Évidemment, la préparation, la formation et la planification sont utiles lorsqu'un incident se produit. Plus on planifie, plus on est prêt à faire face aux situations d'urgence. Nous avons donc adopté cette loi à l'échelon fédéral.
Lorsqu'un incident se produit à l'échelle municipale, ce sont les premiers intervenants qui arrivent d'abord sur les lieux. Vous savez mieux que quiconque ce qui passe lorsque vous arrivez à un endroit où règnent confusion et chaos. C'est pourquoi nous encourageons nos concitoyens à répondre à leurs propres besoins pendant les 72 premières heures faisant suite à une urgence, ce qui permet aux premiers intervenants d'aider d'abord les personnes qui ont le plus besoin qu'on leur vienne en aide. Pour ce faire, nous faisons la promotion de la campagne « 72 heures ».
Au cours de la dernière année, certains d'entre vous nous ont aidés à mettre sur pied cette campagne. Nous travaillons également avec le secteur privé et des détaillants pour distribuer les trousses « 72 heures » – des trousses qui aideront les citoyens pendant les 72 premières heures à la suite d'une catastrophe. Vous êtes préparés ou formés à faire face à des catastrophes et, même si vous espérez ne jamais avoir à le faire, vous êtes souvent confrontés à ce genre de scènes.
Il y a environ un an, j'ai eu la chance d'assister à une activité de formation en recherche et sauvetage en milieu urbain dans la banlieue de Calgary. On avait simulé une scène de catastrophe en milieu urbain avec des autoroutes effondrées et des voitures écrasées. Même s'il s'agissait d'un exercice, j'ai été bouleversé par l'horreur de la situation et fortement impressionné par le travail incroyable que vous effectuez. La formation peut vraiment faire toute la différence.
Plusieurs jours après les événements du 11 septembre 2001, j'ai accompagné notre ancien premier ministre à l'occasion d'une visite sur les lieux de cette terrible tragédie avec l'ancien maire de New York, M. Giuliani. Des feux brûlaient toujours. Au beau milieu des décombres, des pompiers continuaient de trouver des camarades tombés dans l'exercice de leurs fonctions. Je n'oublierai jamais cette scène. Vous avez déjà vu des scènes semblables et avez constaté de près les années de formation suivies par les premiers intervenants, ce qui les prépare vraiment à agir le mieux possible dans des situations dont l'horreur est inimaginable.
Dans le contexte de la Loi, plus précisément des dispositions relatives à la planification et à la gestion des urgences, nous avons également établi un accord-cadre pour que nous soyons le mieux outillés possible pour faire face à des situations semblables si elles devaient se produire.
Nous participons activement à des exercices internationaux. Certains d'entre vous sont au courant de l'exercice TOPOFF mené récemment en collaboration avec le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Australie. Lors d'exercices de ce genre, nous devons composer avec une catastrophe et mettre à l'essai les mécanismes d'intervention à tous les niveaux, comme les communications radio et la capacité de travailler ensemble au sein d'équipes et dans des situations de pression intense. Toutes ces choses sont très importantes dans le volet de la formation touchant à nos responsabilités.
Dans le budget de l'an dernier, nous avons affecté un million de dollars en plus des sommes que nous réservons déjà à la formation CBRN. Plus de 5000 responsables de toutes les régions du pays reçoivent une formation CBRN, mais il reste encore beaucoup à accomplir.
Voilà les réalités auxquelles nous devons faire face. C'est un honneur de travailler en étroite collaboration avec des responsables comme vous et je suis très heureux de constater ce qui se fait à l'échelle internationale. À l'occasion de la réunion des ministres du G8 responsables de la sécurité tenue à Moscou il y a deux ans, j'ai pu prendre connaissance de ce que font d'autres pays en matière de formation. L'an dernier, j'ai vu la même chose en Allemagne. Chaque pays met à contribution des compétences différentes.
D'après ce que j'ai pu voir et ce que nous avons à offrir ici, je peux vous dire que notre expertise et nos responsables sont au même niveau que les meilleurs ailleurs dans le monde. Lorsque je rencontre des gens d'autres pays qui œuvrent dans le même secteur que vous, ils me parlent toujours de ce qu'ils apprennent lorsqu'ils viennent au Canada. Ils me parlent toujours de votre niveau d'engagement et de dévouement.
Bien que, parfois, nous pensions en termes de technologies et de capacités dont nous ne disposons pas, bon nombre des pays hautement sophistiqués sur ce plan nous parlent en fait des capacités et des technologies que nous possédons.
Je tiens à vous féliciter de tout ce que vous avez fait jusqu'ici et à reconnaître avec vous que nous devons en faire davantage pour assurer la sécurité de notre pays.
Comme je l'ai déjà dit, aucun pays n'est à l'abri du risque. Toutefois, nous devons être prêts et nous le sommes. Nous continuerons de nous préparer aux niveaux supérieurs en tout temps, de telle sorte que nos concitoyens puissent bénéficier d'un environnement sécuritaire, conformément à leurs attentes.
Je tiens à vous remercier pour votre courage et votre dévouement, ainsi que pour votre détermination à être les premiers sur les lieux d'une catastrophe ou à vous impliquer dans le secteur de la prévention. Lorsque les sinistrés fuient un secteur, vous vous précipitez sur les lieux de la catastrophe, et cela a beaucoup d'importance à nos yeux. Merci d'être là.