À l'occasion de l'Expo-conférence sur la sécurité portuaire et maritime au Canada
Discours de
l'honorable Stockwell Day,
ministre de la Sécurité publique
Vancouver (Colombie-Britannique)
22 mai 2008
Tel que prononcé
Merci Ralston [Ralston MacDonnell, président du MacDonnell Group et président de la conférence Portsecure 08] de cette présentation et aussi de votre contribution au cours des deux dernières années. Durant cette courte période, vous avez réussi à faire de cette conférence une véritable institution, et vous méritez toutes nos félicitations pour cette réussite remarquable. Vous saisissez l'importance de l'échange d'information, car les conférences comme celle-ci permettent à des groupes de personnes d'apprendre les uns des autres.
En apprenant ce qui se fait dans un autre port, nous pouvons constater ce qui donne des résultats et ce qui fonctionne moins bien. Cela peut nous faire économiser beaucoup d'argent et nous éviter bien des frustrations. De nouveau, permettez‑moi de féliciter Ralston ainsi que toute son équipe d'avoir fait de la conférence de cette année, et de celle de l'an dernier, un événement couronné de succès. Je crois qu'à l'avenir, les conférences comme celle-ci seront encore plus nécessaires et qu'elles donneront encore plus de résultats.
Tous les gouvernements doivent composer avec la question de la sécurité. Nous devrions garder en mémoire et rappeler à nos concitoyens que la responsabilité et le rôle principaux de tout gouvernement est d'assurer la sécurité de son territoire et de sa population. Le défi consiste à s'occuper des aspects combinés de la sécurité, tout en favorisant la prospérité économique qui découle de l'efficacité de nos frontières et de nos ports.
Cependant, chaque fois que nous renforçons la sécurité - dans un port, par exemple -, nous courons le risque de réduire l'efficacité parce que, quelque part, il faut resserrer les mesures de contrôle. C'est pourquoi les percées technologiques sont si importantes. Certaines des ressources dont il est question à cette conférence peuvent aider à atténuer les coûts liés au resserrement de la sécurité. Toutefois, la technologie doit aller de pair avec la formation du personnel. C'est l'une des grandes leçons que nous avons apprises à la suite d'attentats terroristes de grande envergure, comme ceux du 11 septembre 2001. La technologie a son importance, mais le déploiement d'employés dûment formés à tous les postes clés est absolument essentiel.
Le Canada compte quelque 225 ports en activité, dont environ 123 sont importants sur le plan du commerce. Ensemble, ces 123 ports ont contribué significativement au commerce international du Canada. En 2006, ces ports ont permis l'importation et l'exportation de marchandises d'une valeur d'environ 144 milliards de dollars. Quand on sait que 4,3 millions de conteneurs EVP (équivalents vingt pieds) passent par ces ports et que 32 % de la cargaison conteneurisée (en tonne métrique) est en partance ou à destination des États-Unis, il est facile de se rendre compte à quel point il est important que les ports soient à la fois efficaces et sécuritaires. Les manufacturiers et les expéditeurs doivent avoir confiance en nos ports, de même que les particuliers qui transportent et importent les marchandises qui y transitent.
Vous savez probablement que chaque navire qui s'approche d'un port canadien doit envoyer un manifeste électronique avant son arrivée. Ce manifeste indique dans quel pays le navire est enregistré, donne les noms des membres de l'équipage et des courtiers et précise le type de marchandise à bord. Nous procédons à une analyse approfondie du risque pour chacun des navires qui entrent au pays. Si vous avez déjà eu la chance de visiter l'un de nos centres d'évaluation des menaces comme celui qui se trouve à Halifax, vous conviendrez que c'est assez impressionnant de constater que les agents réussissent, à l'aide d'un radar, à recueillir des renseignements détaillés sur un navire qui arrive.
Toutefois, la sécurité ne se limite pas à ces quelques mesures. Permettez‑moi de vous parler un peu des investissements du gouvernement dans nos ports nationaux. Je vous parlerai également de nos investissements à l'échelle internationale et vous expliquerai ce qui, à nos yeux, revêt de l'importance au chapitre de la sécurité portuaire, ainsi que certaines des choses qu'il reste à faire.
Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir en 2006, nous avons accru considérablement les ressources dans tous les secteurs de la sécurité. Le portefeuille de la Sécurité publique, que je dirige, se compose notamment de la GRC, du SCRS, de l'ASFC et du SCC. Nous travaillons aussi en étroite collaboration avec Transports Canada, en particulier pour ce qui est des questions touchant les ports. Dans notre budget de 2006, nous avons consacré 54 millions de dollars dans le Programme de contribution pour la sûreté maritime et avons investi environ 17 millions dans 34 ports ici même, en Colombie-Britannique. Ces investissements s'inscrivent dans le cadre d'une initiative quinquennale d'une valeur de 115 millions de dollars, dont 75 % proviennent du gouvernement fédéral.
Voilà l'ampleur de nos divers programmes liés à la sécurité portuaire. Ces programmes prévoient également la vérification des antécédents des personnes qui travaillent dans les ports et permettent d'accroître notre capacité d'identifier les conteneurs qui arrivent. Au cas où vous ne le sauriez pas, permettez‑moi de vous dire avec fierté que tous les conteneurs qui arrivent dans les six principaux ports du Canada font l'objet d'un contrôle de sécurité afin de détecter la présence éventuelle de matières radiologiques ou nucléaires. C'est dans ces domaines que nous continuerons de prendre de l'expansion, de nous concentrer et d'investir. Nous souhaitons aussi faire comprendre que nos ports sont parmi les plus sécuritaires du monde. Toutefois, il faudra continuer de faire preuve de diligence et de vigilance pour qu'il en soit toujours ainsi.
Évidemment, la sécurité n'est pas importante uniquement sur la scène nationale. Si les maillons de la chaîne internationale des ports sont faibles, nous serons vulnérables, nous aussi. Vous constaterez que, l'an dernier, c'est le Canada qui a contribué le plus au Fonds international d'affectation spéciale pour la sûreté maritime, avec un investissement de 500 000 $. Le Fonds nous donne l'occasion d'échanger de l'information et de connaître les risques liés au terrorisme, et il nous permet de contribuer aux normes de sécurité de certains secteurs portuaires moins bien financés. Les liens peuvent être solides, comme ceux entre le Canada et les États-Unis. Cependant, si nos liens avec d'autres partenaires sont faibles, nous risquons d'être vulnérables. Par conséquent, nous mettons beaucoup l'accent sur les investissements à l'échelle internationale.
Nous savons également qu'il faut en faire davantage sur la scène nationale. Nous pouvons augmenter le financement, mettre en œuvre de nouvelles technologies et vérifier les antécédents, mais aucun système n'est parfait. Nous en avons eu la preuve cette année lorsque les médias ont largement fait état de l'arrivée de quatre clandestins au port de Halifax. Ces individus avaient réussi non seulement à sortir des autobus dans lesquels ils se cachaient, mais aussi à franchir la barrière. Comme vous le savez, les autorités ont procédé à leur arrestation peu de temps après. Cette situation montre que, peu importe la solidité de nos systèmes, nous devons toujours nous demander ce que nous pouvons faire pour améliorer nos méthodes.
Je me suis rendu dans ce port quelques jours après l'incident en question. Je me suis demandé comment un événement semblable avait bien pu se produire. La réalité, c'est que des incidents de ce genre peuvent bel et bien arriver et qu'il faut faire preuve d'une attention et d'un engagement de tous les instants pour accroître la sécurité de nos ports.
De plus, pour veiller à ce que les ports puissent disposer des mesures de sécurité d'appoint nécessaires, dans notre premier budget en tant que gouvernement, nous avons pris l'engagement de recruter 1 000 nouveaux membres de la GRC partout au pays. Nous avons investi 161 millions de dollars simplement pour démarrer ce processus. Les agents de la GRC participent, et continueront de participer, aux services de police fédéraux qui permettent de maintenir la sécurité dans nos ports et nos voies maritimes.
Au cours des deux prochaines années, nous investirons une somme supplémentaire de 15 millions de dollars pour renforcer la sécurité en mettant sur pied un centre des opérations de sûreté maritime du réseau Grands Lacs - Voie maritime du Saint-Laurent. Nous prenons également des mesures importantes pour intégrer les opérations d'application de la loi à la frontière en prenant appui sur le concept « Shiprider », qui a connu énormément de succès. Shiprider permet de réunir sur un même navire des agents canadiens et américains spécialement désignés, afin qu'ils puissent faire appliquer la loi des deux côtés de la frontière internationale. Dans ce genre de situation, il peut être difficile de tracer les limites des compétences nationales et de déterminer qui est responsable. Ces problèmes ont été réglés, et les protocoles se sont avérés très efficaces. Il s'agit d'un autre exemple de la façon dont nous utilisons le personnel et la technologie pour aider à assurer la sécurité de nos voies maritimes et de nos réseaux portuaires.
L'an dernier, nous avons accru le financement de l'échange de renseignements de sécurité de 80 millions de dollars, de telle sorte que le SCRS puisse augmenter ses efforts de recrutement et disposer d'un meilleur accès à la technologie. La GRC et le SCRS, par l'entremise de Sécurité publique Canada, travaillent maintenant avec 16 organismes différents simplement sur des questions touchant la sécurité portuaire.
Vous pouvez constater que notre approche est très ciblée. C'est auprès de vos organisations, de particuliers et de groupes consultatifs que nous obtenons de multiples points de vue concernant l'affectation de ressources destinées à resserrer la sécurité dans nos ports. Vous êtes les responsables qui peuvent observer de près les points forts, les faiblesses et les secteurs sur lesquels nous devons nous concentrer pour améliorer le réseau dans son ensemble.
Je vous ai présenté un aperçu général de l'engagement du gouvernement et des secteurs où sont affectées nos ressources, et nous sommes conscients qu'il faut en faire davantage. Je tiens à vous remercier, non seulement du fait que vous êtes ici aujourd'hui pour échanger de l'information importante qui permet de renforcer la sécurité dans nos ports, mais aussi du temps et de l'énergie que bon nombre d'entre vous consacrez à échanger avec nous sur cet enjeu important. Vous nous conseillez sur les façons d'améliorer notre travail et sur ce que nous pouvons faire pour aider vos entreprises et pour maintenir la sécurité de notre pays. Je vous remercie infiniment de jouer un rôle aussi crucial.