Incidence des manifestations de septembre 2000 contre les prix du carburant sur les infrastructures essentielles du Royaume-Uni
Analyse d'incident# : IA05-001
25 janvier 2005
Objet
Le présent document a pour objet d'examiner l'incidence des manifestations contre les carburants qui ont eu lieu au Royaume-Uni, en septembre 2000, sur les secteurs des infrastructures essentielles (IE) et de la gestion des urgences du pays. L'analyse exposée dans les pages qui suivent se fonde sur des renseignements qui avaient été rendus publics.
Public
Le présent document vise avant tout à donner aux intéressés et aux partenaires du domaine des IE une idée générale des conséquences d'événements semblables à ceux survenus au Royaume-Uni et des questions de fiabilité et d'interdépendance des différents secteurs des IE.
Résumé
En septembre 2000, les agriculteurs et les camionneurs britanniques lancèrent une impressionnante campagne d'action pour protester contre une taxe sur le carburant. Cette démarche faisait suite à une campagne semblable menée par des fermiers, des camionneurs et des pêcheurs français, qui avait forcé le gouvernement français à faire des concessions. Au Royaume-Uni, les manifestants bloquèrent l'accès aux raffineries de pétrole et aux dépôts de distribution de carburant, si bien qu'au bout de quelques jours, on eut affaire à une véritable crise du carburant qui paralysait les secteurs des IE et l'ensemble du pays.
L'incidence de ces manifestations se révéla plus importante que ce que l'on avait d'abord anticipé parce que les incidents touchaient un aspect particulièrement vulnérable de l'économie du Royaume-Uni, soit le réseau de distribution des produits pétroliers, qui était organisé selon les principes du « juste-à-temps ». Cette situation, de concert avec la pénurie imminente pressentie par les consommateurs de produits pétroliers et la fièvre d'achat qui en découla, eut pour effet de multiplier la portée des conséquences des manifestations subies par presque tous les secteurs des IE au Royaume-Uni. La perturbation du secteur de l'énergie engendra une réaction en chaîne au sein d'autres secteurs, notamment ceux des transports, des soins de santé, de l'approvisionnement alimentaire, de même que des services financiers et gouvernementaux, et ce, en raison de leur interdépendance. Selon les estimations, les répercussions financières de la pénurie de carburant d'une semaine se chiffrent à près d'un milliard de livres (approximativement 2,2 milliards de dollars canadiens).
À la lumière de ces événements, le gouvernement du Royaume-Uni fut tenu de prendre des mesures spéciales afin de combler les lacunes révélées dans le système de distribution de carburant du pays et de trouver des solutions d'urgence pour sauvegarder les réserves nationales de carburant.
Résultat des efforts déployés par le groupe de travail spécial sur le carburant, l'ensemble des grandes compagnies pétrolières, des syndicats et des chefs de police ont signé un protocole d'entente qui énonce une série de dispositions pratiques mettant à contribution toutes les parties et visant à maintenir les réserves de pétrole en dépit d'éventuelles perturbations.
Selon les principaux éléments du protocole d'entente, les parties sont tenues :
- d'établir des systèmes d'avertissement conjoints et des plans d'urgence coordonnés;
- de mettre en place des systèmes conjoints de gestion des urgences;
- de prendre les mesures qui s'imposent pour prévenir les actes visant à intimider les chauffeurs des camions-citernes.
Somme toute, les manifestations contre les prix du carburant survenues au Royaume-Uni, à l'automne de 2000, ont permis de constater l'effet direct et débilitant de l'interruption de l'approvisionnement en carburant sur les secteurs des IE, soulignant les liens d'interdépendance qui existent entre le secteur de l'énergie et les autres secteurs des IE.

Introduction
À l'automne de 2000, un mouvement de protestation contre les prix exorbitants du carburant balaya l'Europe. Les protestations se firent d'abord entendre à la fin du mois d'août, lorsque des pêcheurs français bloquèrent l'accès aux ports de la Manche, puis s'étendirent à l'échelle de la France, des camionneurs et des agriculteurs frustrés bloquant à leur tour l'accès à des raffineries de pétrole et à des dépôts de distribution pour lutter contre les prix élevés du carburant. Au bout d'une semaine, les concessions faites par le gouvernement français amenèrent d'autres mécontents à organiser des manifestations semblables en Belgique, en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni, ce qui entraîna d'importantes perturbations dans les villes, de même que l'interruption de services essentiels, comme la circulation sur les routes et les autoroutes. Le flux de carburant s'en trouva réduit au minimum, et le manque de carburant affecta la vie de millions d'Européens.

Contexte
À l'automne de 2000, l'augmentation du coût du pétrole brut contribua à la hausse des prix du carburant. En effet, à ce moment-là, le prix du pétrole brut atteignit un plafond jamais vu depuis 10 ans, fluctuant entre 46 $CAN et 51 $CAN le baril, alors que deux ans auparavant, un baril de pétrole brut se vendait au coût de 14,7 $CAN. [1]
Or, la montée en flèche du prix du pétrole brut n'était qu'une partie du problème. Le niveau de l'imposition sur le carburant est plutôt élevé en Europe, surtout en Grande-Bretagne, où les prix du carburant sont les plus élevés du continent. Entre janvier 1999 et juin 2000, les prix du carburant augmentèrent de plus de 40 %. Par ailleurs, selon la catégorie du carburant, les taxes représentaient environ 75 % du prix de l'essence et du diesel. À Londres, en septembre 2000, le prix moyen d'un litre de supercarburant sans plomb se maintenait entre 1,85 $CAN et 1,95 $CAN. [2]
Les actions mises en branle à l'échelle de l'Europe emboîtaient donc le pas aux fructueuses manifestations qui avaient eu lieu en France. En effet, au début de septembre, l'administration française avait accordé des concessions relatives aux taxes imposées sur le carburant aux pêcheurs, aux camionneurs, aux agriculteurs et à d'autres personnes dont le gagne-pain exigeait une consommation d'essence et de diesel. Forcé d'offrir des subventions et des concessions à certains pour mettre fin aux manifestations contre les prix du carburant, le gouvernement français dut s'acquitter d'une bien lourde facture. En fait, des représentants estimaient que les dispositions prises pour mettre un terme à la discorde entourant les prix du carburant avaient coûté quelque 460 millions de livres (plus d'un million de dollars canadiens). [3] Naturellement, le recul du gouvernement français devant cette mobilisation populaire motiva d'autres manifestants ailleurs en Europe à agir eux aussi.
Cette crise du carburant au Royaume-Uni concernait un certain nombre de protagonistes. Dans l'abondant flot d'informations diffusées par les médias au cours des événements de la semaine du 6 septembre, les compagnies pétrolières furent souvent éclipsées au profit de deux joueurs évidents, soit le gouvernement du pays et les manifestants. Certains analystes étaient d'avis que les sociétés pétrolières avaient adopté une position bien curieuse pendant la semaine des manifestations et ils donnaient même parfois des preuves selon lesquelles l'industrie pétrolière était de connivence avec les manifestants, de façon à couper les réserves en carburant du pays. [4] Les chercheurs de la Keel University soutenaient d'ailleurs que « bien que les compagnies pétrolières perdent des revenus de vente à court terme, l'effet à long terme de la réduction des taxes sur le carburant, ou même simplement de la prévention d'augmentations futures de l'imposition, serait grandement avantageuse pour stimuler la demande ». [5]

Chronologie des événements survenus au Royaume-Uni
Des manifestations furent déclenchées le 5 septembre 2000 lorsqu'on annonça que les prix du carburant allaient subir une nouvelle hausse à la suite de l'augmentation du prix du pétrole brut. Le 6 septembre, on organisa le barrage du tunnel sous la Manche en guise de protestation. Le 7 septembre, on bloqua l'accès pour la première fois à une raffinerie de pétrole, celle de Stanlow, dans le Cheshire. Dès le 8 septembre, des barrages s'érigèrent rapidement à d'autres raffineries, ce qui résulta, le 9 septembre, en une fièvre d'achat de carburant à l'échelle nationale. Le dimanche 10 septembre, les manifestations forcèrent la fermeture du terminal pétrolier le plus important du pays, soit celui de Kingsbury, dans le West Midlands, et de longues files d'attente se formèrent aux stations de service. Au 12 septembre, les manifestants avaient bloqué l'accès à six des huit raffineries de pétrole du Royaume-Uni, et plus de la moitié des stations-service avaient fermé leurs portes. Cependant, les manifestations prirent fin presque aussi rapidement qu'elles avaient commencé. Le 14 septembre, on abandonna le barrage à la raffinerie de Stanlow, et le 15 septembre, les premières livraisons de carburant se firent à certaines stations-service, bien que, selon les estimations, 90 % des postes d'essence n'avaient toujours aucun carburant à offrir à leur clientèle. [6]
La fin des manifestations à l'échelle du pays marquèrent le début de la fin de la crise du carburant qui avait secoué les secteurs des IE et avait pratiquement paralysé le pays. Le 15 septembre, les compagnies pétrolières se concentrèrent à effectuer les livraisons aux stations-service désignées par le gouvernement comme étant des points de vente prioritaires. Le nombre de livraisons passa de 2 500 à 3 300, dont 298 étaient strictement réservées pour des utilisateurs essentiels. [7] Le 16 septembre, les automobilistes reçurent l'avertissement selon lequel ils pourraient devoir attendre deux semaines de plus avant de pouvoir se procurer de l'essence, et ce, malgré le démantèlement de presque tous les barrages aux raffineries de pétrole du pays, le 14 septembre. [8]
Les manifestants abandonnèrent leurs moyens de pression avant que l'on ait satisfait à leurs demandes visant à obtenir du carburant à moindre coût, mais imposèrent néanmoins au gouvernement un délai de 60 jours pour réduire la taxe sur le carburant. Or, le gouvernement écarta catégoriquement la possibilité de prestement couper dans la taxe en question. [9] Il choisit plutôt de créer un groupe de travail formé de ministres, de membres de la police et de dirigeants de sociétés pétrolières, dans le but de mettre en place un système plus robuste, capable de parer à toute interruption éventuelle dans l'approvisionnement en carburant.

Incidence sur les infrastructures essentielles
Les manifestations contre les prix de l'essence révélèrent la relation d'interdépendance qui lie presque tous les secteurs des IE de l'économie britannique à l'approvisionnement en carburant, et les événements survenus entraînèrent forcément des conséquences directes et indirectes pour les IE du pays. Parmi les effets directs des manifestations, on comprend l'interruption généralisée des activités du secteur de l'énergie causée par le barrage de l'accès aux raffineries de pétrole et aux dépôts de carburant ainsi que par les perturbations dans le secteur des transports, notamment en raison du débrayage de camionneurs, des manifestations consistant à ralentir la circulation sur les routes et les autoroutes, de même que de la pénurie de carburant dans les stations-service. Par ailleurs, on a constaté la dépendance de plusieurs secteurs des IE, y compris les services de santé, l'approvisionnement alimentaire et les services financiers et gouvernementaux, aux secteurs de l'énergie et des transports. Les répercussions financières de la pénurie de carburant d'une semaine se chiffrent à plus d'un milliard de livres (environ 2,2 milliards de dollars canadiens). [10]
Énergie
Le secteur de l'énergie est celui qui a été le plus durement touché parmi les secteurs des IE par les manifestations contre les prix du carburant parce que les manifestants se sont servis de l'essence comme moyen de pression dans le cadre de leurs négociations avec le gouvernement du Royaume-Uni.
Les manifestants avaient organisé le barrage de raffineries de pétrole et de dépôts de distribution partout au pays. Au bout de cinq jours, la route de six des huit raffineries britanniques était bloquée, [11] et les camions-citernes ne pouvaient pas quitter ces raffineries et ces dépôts pour transporter l'essence aux stations-service chargées d'en assurer la distribution. Or, comme les stations-service n'avaient déjà pas une très abondante réserve d'essence et qu'elles fonctionnaient de toute façon selon un système de livraison « juste-à-temps », l'absence de livraison de carburant par les camions-citernes ne leur permit pas de distribuer de carburant aux consommateurs. [12] En effet, dans le cadre du système en place, les livraisons des camions-citernes à des stations-service individuelles se faisaient jusqu'à trois fois par jour, dépendamment de la quantité de carburant vendue à chaque endroit. Ainsi, la disponibilité de l'essence dans les stations-service était véritablement vulnérable à la moindre perturbation dans la chaîne d'approvisionnement. Le 12 septembre, environ la moitié des postes d'essence britanniques étaient fermés, et ceux qui avaient encore une réserve de carburant commencèrent à rationner les achats [13]
L'incidence de la pénurie de carburant menaça rapidement de s'étendre à d'autres secteurs des IE, comme ceux des transports, des services de santé et des services gouvernementaux, en raison des liens significatifs d'interdépendance existant entre ces secteurs (l'effet en cascade subi par ces secteurs sera décrit dans les sous-sections suivantes). Reconnaissant les conséquences réelles et potentielles dans ces domaines, le Conseil privé autorisa le ministère du Commerce et de l'Industrie à ordonner aux compagnies pétrolières de livrer de l'essence à 298 stations-service considérées comme prioritaires à l'échelle du pays. [14] Le gouvernement stipula, en outre, qu'un certain nombre d'industries et de services étaient admissibles pour bénéficier d'un accès prioritaire au carburant disponible dans ces points de vente (voir l'annexe A : Services essentiels de la Grande-Bretagne). Lorsque les barrages furent démantelés le 14 septembre et que les livraisons reprirent, la réserve fort limitée fut attribuée en priorité à ces services essentiels, au moins jusqu'au 16 septembre. L'Association des détaillants de pétrole du Royaume-Uni affirma pour sa part que de réapprovisionner les stations-service qui avaient épuisé leur réserve en carburant présentait « un énorme problème logistique », et les sociétés pétrolières avertirent la population entière qu'il leur faudrait plusieurs semaines pour que les choses reviennent à la normale aux stations-service concernées. [15]
Transports
Le secteur des transports fut perturbé par des moyens directs et indirects. Les manifestations consistant à ralentir la circulation routière donnèrent lieu à des retards temporaires sur d'importantes autoroutes et sur les voies urbaines. De plus, les chauffeurs de camions et de taxis qui firent la grève causèrent des bouleversements en privant la population de leurs services.
Toutefois, les conséquences les plus graves découlaient de la dépendance de ce secteur au carburant, les activités des réseaux de transport tant publics que privés étant interrompues par la pénurie. D'après certains rapports, 29 % des automobilistes ont été obligés de cesser d'utiliser leurs véhicules parce qu'ils n'avaient plus d'essence. [16] Du coup, le réseau de transport public subit à la fois la contrainte du manque de carburant et celle de l'augmentation du nombre d'usagers. Dans le métro londonien, on constata un entassement, le nombre d'usagers habituel de trois millions par jour ayant subi une hausse jusqu'à 5 %. [17] À Londres toujours, on annula certains services ferroviaires après que des dépôts de pétrole eurent épuisé leur réserve. Plusieurs entreprises de transport par autobus furent forcées de couper radicalement dans leurs services en raison du manque de carburant et parce que leurs chauffeurs n'arrivaient pas à se rendre au travail. [18] Et même quand les livraisons de carburant reprirent le 14 septembre, les compagnies d'autobus dans l'ensemble du pays restreignirent leurs services afin de conserver le plus longtemps possible leurs réserves de carburant qui s'amenuisaient, et avisèrent leur clientèle que ces mesures pourraient rester en place pour plusieurs jours encore. [19]
Services de santé
Les conséquences sur les services de santé nationaux touchaient surtout la fiabilité du transport du personnel, des patients et des fournitures médicales. En effet, la pénurie d'essence empêcha certains membres du personnel médical d'utiliser leur moyen de transport habituel pour se rendre au travail, ce qui occasionna un manque d'employés dans le système de santé. [20] Des centaines de stations-service dans l'ensemble du pays mirent en place des régimes de rationnement improvisés, qui étaient souvent supervisés par la police, dans le but de conserver des réserves de carburant pour le personnel médical. Ces mesures se révélèrent inefficaces cependant, et plusieurs hôpitaux du pays furent forcés d'annuler des chirurgies courantes et de limiter le nombre d'admissions uniquement aux cas urgents.
Les services des ambulances furent également perturbés par la pénurie de carburant, et les véhicules durent limiter leurs déplacements aux patients ayant véritablement besoin d'aide. À certains endroits, les ambulanciers reçurent l'ordre de maintenir leur vitesse en deçà de 34,2 km/h pour tous les déplacements non urgents, et ce, afin d'économiser de l'essence, [21] et bien d'autres équipes durent s'en tenir seulement aux appels urgents. D'ailleurs, dans un reportage diffusé dans les médias, on expliquait que les services des ambulances ne pouvaient pas répondre aux appels urgents (911) parce qu'ils attendaient de recevoir de nouvelles réserves d'essence. [22]
Il y eut des versions contradictoires quant à l'ampleur des conséquences de la pénurie de carburant sur la capacité des véhicules de transporter des fournitures aux hôpitaux. Le gouvernement, le ministère de la Santé et certaines sources médiatiques avaient tendance à insister sur le fait que les manifestations avaient une incidence défavorable sur les services de santé nationaux. Certains reportages mettaient l'accent sur la baisse des réserves dans les magasins d'alimentation des hôpitaux du West Midlands, des médicaments dans les pharmacies de Portsmouth, de même que de la réserve de sang dans la région est du territoire couvert par les services de santé nationaux. [23] On rapportait également que certains hôpitaux n'étaient pas en mesure de faire enlever les déchets dangereux de leurs locaux, ce qui créait un risque pour la santé publique, et même que le Royal Hull Hospital avait manqué de fil à suture pour les opérations qui s'y effectuaient. [24]
Le 13 septembre, le premier ministre britannique faisait valoir aux manifestants qu'ils mettaient « des vies en danger » en privant la population des services essentiels, et pour la première fois depuis 11 ans, le gouvernement déclara l'état d'urgence pour les services de santé nationaux. [25] Tous les services de santé locaux reçurent la consigne de mettre en œuvre leurs plans d'urgence, ce qui leur permettait d'annuler les services ordinaires de façon impromptue afin de ne s'occuper que des cas urgents. L'état d'urgence fut maintenu pour les services de santé nationaux, et les services normaux ne reprirent leur cours que plusieurs jours après le démantèlement des barrages. [26]
Bien qu'il existe des opinions divergentes quant à l'ampleur de l'incidence de cette crise sur les services de santé, il est évident que les services de santé nationaux ont subi des conséquences organisationnelles et financières à cause des perturbations dans le secteur des transports. L'annulation des interventions chirurgicales et des actes médicaux non urgents a certes créé un arriéré important, que les services de santé nationaux ont mis beaucoup de temps à traiter par la suite. Les coûts financiers additionnels comprenaient les frais de logement en hôtellerie pour les membres du personnel essentiel, les dépenses enqagées pour les traitements annulés ou reportés et les frais associés au recours à des fournisseurs externes pour obtenir des biens essentiels. Le ministère de la Santé affirma qu'il était impossible de quantifier les coûts attribuables à la crise du carburant, mais les spécialistes de la question soutiennent qu'ils s'élèvent à plusieurs millions de livres. [27]
Approvisionnement alimentaire
Deux facteurs ont nui à la disponibilité de la nourriture pouvant être distribuée au cours de la crise du carburant. D'abord, les perturbations dans le secteur des transports ont empêché la livraison des biens alimentaires des producteurs aux détaillants. À l'instar des distributeurs d'essence, les supermarchés comptent sur des livraisons quotidiennes « juste-à-temps » plutôt que de maintenir d'importantes réserves de denrées. Cette façon de fonctionner s'est avérée particulièrement vulnérable aux perturbations dans le secteur des transports puisqu'on ne disposait que d'un stock très restreint pour répondre à la demande des consommateurs une fois la distribution interrompue. Chaque jour, des manisfestations touchaient davantage l'approvisionnement alimentaire, la réserve des surpermarchés, déjà limitée, s'amenuisant de jour en jour.
Le second facteur influant sur les réserves alimentaires était la demande accrue et la fièvre d'achat. En effet, ne sachant pas pendant combien de temps les manifestations contre les prix du carburant perturberaient l'approvisionnement en nourriture, les consommateurs délaissèrent leurs vieilles habitudes d'achats et eurent plutôt tendance à faire plus de provisions qu'en temps normal. La chaîne alimentaire Spar constata d'ailleurs une augmentation de ses ventes de 300 %. [28] Voir des étalages vides amena certains consommateurs à se faire des réserves de denrées qui leur permettraient de survivre à une pénurie alimentaire prolongée. Par conséquent, dès le 13 septembre, on assista à une fièvre d'achat à l'échelle du pays. Certains magasins manquèrent de pain et de lait, et un certain nombre de supermarchés commencèrent à rationner les achats de nourriture. [29]
Services financiers et bancaires
On ne dispose que d'une quantité limitée d'informations en ce qui concerne l'incidence des manifestations sur les services financiers et bancaires. Ce secteur dépend de celui des transports pour ce qui est des déplacements de l'argent et des documents financiers. En effet, des perturbations dans le secteur des transports lors d'autres événements ont nui à la capacité des banques d'approvisionner les guichets automatiques en argent, ce qui a donné lieu à des interruptions de service à certains endroits. [30] Toutefois, les banques affirment qu'en l'occurrence, rien n'est venu perturber les opérations courantes de façon significative. De plus, les banques n'ont pas été obligées de prendre de mesures radicales après avoir fait inscrire les véhicules blindés, qui assurent le transport de l'argent partout au Royaume-Uni, sur la liste établie par le gouvernement et énumérant les bénéficiaires prioritaires pour le carburant. [31]
Industrie
Comme on l'avait prévu, les entreprises britanniques furent durement touchées par la pénurie de carburant et par le ralentissement que cela occasionnait dans le domaine des transports. Parmi les conséquences négatives, on comprenait des perturbations dans le transport d'employés et de consommateurs, et encore là, dans la livraison « juste-à-temps » des fournitures, des pièces et des produits finis, et ce, en raison de l'interdépendance des secteurs et des rapports devant obligatoirement être entretenus avec les partenaires commerciaux pour des services. La chambre de commerce londonienne estima que les manifestations nuisaient à 10 % de la production. [32]
Les chefs de file de l'industrie firent remarquer que si la crise avait duré plus longtemps, d'importants secteurs de l'économie, y compris l'industrie sidérurgique et les manufacturiers de moteurs, auraient pu voir leurs opérations interrompues, être la cible de compressions budgétaires ou risquer la fermeture. Les manufacturiers automobiles étaient à une semaine de la fermeture lorsque les fournitures recommencèrent à leur être distribuées. Les industries de la défense et de l'aérospatiale auraient, une semaine plus tard, éprouvé « de graves problèmes », et les aciéristes étaient sur le point d'atteindre une réduction de leur production de 40 %. [33] Certaines entreprises commencèrent à réduire l'étendue de leurs opérations, et la chambre de commerce de Londres expliqua que la crise coûtait chaque jour 250 millions de livres (plus de 562 millions de dollars canadiens) aux entreprises britanniques. [34]
Services gouvernementaux
Le service des postes subit une réduction progressive au cours de la période des manifestations. Le Royal Mail rapporta des retards considérables dans le traitement des envois et avisa la population que la livraison du courrier était « gravement menacée ». [35] On annula le service de livraison garanti pour le jour suivant, et un plan visant à établir la priorité des livraisons fut mis en œuvre pour faire en sorte que la livraison des chèques de sécurité sociale ne soit pas perturbe.

Mise en œuvre de mesures préventives
Dans les circonstances, le gouvernement britannique choisit de créer un groupe de travail, dirigé par Jack Straw, secrétaire de l'Intérieur à l'époque, pour étudier les leçons pratiques retenues de la crise du carburant d'une semaine et pour déterminer quelles mesures de protection civile devaient être prises pour sauvegarder les réserves nationales de carburant à l'avenir. Le groupe de travail se composait également de chefs de file de l'industrie pétrolière, de haut placés de la police et de ministres. « Cette situation n'est jamais survenue auparavant. L'un des aspects complexes que nous avons compris concerne la structure de gestion interne des sociétés pétrolières », expliqua M. Straw. [36] Celui-ci ajouta qu'il était question « d'ordre public, de sécurité publique et, avant tout, de la libre circulation du pétrole au sein de notre économie et de notre société ». [37]
Fruit des efforts déployés par le groupe de travail, le protocole d'entente (voir l'annexe B : Protocole d'entente – texte intégral) fut signé le 29 septembre 2000 par quatre ministres des assemblées législatives écossaise et galloise, le Congrès des syndicats, l'Association des chefs de police, les cinq grandes compagnies pétrolières et plusieurs entreprises de camionnage d'importance (voir l'annexe C : Liste complète des signataires). Il était prévu que cette entente contribuerait à maintenir les réserves de pétrole pour tous les consommateurs et réduirait les risques de perturbations dans le cas éventuel où l'on érigerait des barrages dans le futur.
En signant le protocole d'entente rédigé par le groupe de travail gouvernemental sur le carburant, les membres s'engageaient à travailler ensemble pour assurer la sauvegarde des réserves courantes de pétrole. [38] Les détails des mesures exactes qui pourraient être prises par la police et le gouvernement dans le but de permettre les déplacements des camions-citernes dans le cas de manifestations futures demeurèrent confidentiels pour des raisons de sécurité.
Cependant, les principaux éléments du plan établi par le groupe de travail, lesquels furent rendus publics, comprennent les suivants : [39]
- d'établir des systèmes d'avertissement conjoints pour prévenir les autorités de la menace possible de manifestations;
- d'assurer la coordination des plans d'urgence dans le cas où l'on tenterait de porter atteinte aux réserves de carburant;
- de mettre en place des systèmes conjoints de gestion des urgences;
- de prendre les mesures qui s'imposent pour prévenir les actes visant à intimider les chauffeurs de camions-citernes ainsi que toute allégation formulée en ce sens.
Jack Straw affirma que le plan ne pouvait pas garantir que les pompes à essences du Royaume-Uni ne se videraient pas de nouveau, mais il ajouta que sa mise en œuvre contribuerait néanmoins à en réduire le risque. « Il est impossible de complètement éliminer les risques pour nos réserves de pétrole. Or, notre but consistait, de façon pratique, à réduire ces risques. Le protocole d'entente vise à faire en sorte que tous les signataires – les sociétés pétrolières, le gouvernement central, les administrations en régime de dévolution, la police, les syndicats – fassent leur part dans la prise des mesures d'urgence nécessaires pour prévenir toute pénurie future », expliqua M. Straw. [40]
Le groupe de travail formula également des recommandations pour protéger les réserves de nourriture, les principales routes, de même que toute cible possible autre que les dépôts de pétrole, dans le cas d'une autre mobilisation de la population. [41] Les services de santé et les postes d'incendie reçurent la consigne de se garder une réserve de carburant sur place. Certaines stations-service furent visées pour des membres du personnel essentiel. Des dispositions spéciales furent mises en œuvre pour les activités sur les chemins de fer. Les supermarchés du pays prirent eux aussi des mesures additionnelles afin d'assurer les livraisons et de maintenir leurs stocks. [42]

Conclusion
Les manifestations contre les prix du carburant qui sont survenues au Royaume-Uni ont révélé à quel point la vie quotidienne pouvait être perturbée par des pénuries de carburant. Aussi importants fussent-ils, les événements de septembre 2000 ont eu le mérite d'amener la recherche et la mise en œuvre de robustes mécanismes de collaboration visant à élaborer des stratégies d'atténuation en vue des aspects révélés comme des vulnérabilités dans l'industrie pétrolière britannique et les autres secteurs des IE connexes.
En effet, grâce à la crise du carburant au Royaume-Uni, on a saisi l'importance de comprendre les liens d'interdépendance unissant le secteur pétrolier et les autres secteurs des IE. Il est devenu apparent, en outre, que la dépendance du secteur des transports au secteur pétrolier a multiplié l'effet débilitant de la pénurie de carburant sur les autres IE. Pour cette raison, la panne sèche qui a sévi dans le secteur des transports a aussi entraîné des conséquences directes pour un certain nombre de secteurs des IE, à cause de l'importance que présentaient les transports pour ces derniers.
Enfin, les manifestations contre les prix de l'essence ont exposé la vulnérabilité des secteurs des IE résultant du manque de flexibilité inhérent aux réseaux de production et de distribution, pas seulement dans le secteur de l'énergie, mais aussi dans ceux des transports, de l'approvisionnement alimentaire et des services de santé.

Annexe A
Services essentiels de la Grande-Bretagne
Le gouvernement avait donné la consigne selon laquelle les travailleurs des industries et des secteurs suivants pouvaient bénéficier d'un accès prioritaire au carburant livré par des camions-citernes à 298 stations-service à l'échelle du pays.
- Services d'urgence
- Forces armées
- Soins de santé et services sociaux
- Industrie alimentaire
- Agriculture, soins vétérinaires et protection des animaux
- Activités essentielles des sites nucléaires
- Eau – assainissement et drainage
- Approvisionnement en carburant et en énergie
- Transport public
- Services de taxi autorisés
- Garde côtière et bateaux de sauvetage
- Aéroports et compagnies aériennes
- Services postaux, médias et télécommunications
- Services gouvernementaux centraux et locaux
- Services financiers essentiels, y compris la distribution d'argent et de chèques
- Établissements carcéraux
- Collecte des ordures ménagères et des déchets industriels
- Services funéraires
- Écoles et collèges pour les personnes handicapées
- Services diplomatiques essentiels à l'étranger
Source : Britain's Essential Services, BBC News Online: UK,15 septembre 2000 (réf. 4 juillet 2003). Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk/925662.stm>.

Annexe B
Protocole d'entente
(Texte intégral)
- Le gouvernement du Royaume-Uni, l'organe exécutif de l'Écosse, le cabinet de l'Assemblée nationale du pays de Galles, les entreprises énumérées plus bas, le Congrès des syndicats et les services de police demeurent résolus à s'acquitter de la priorité nationale et de l'impératif économique qu'est le maintien des réserves courantes de combustible pétrolier, [*] mais de façon à assurer la sécurité de leurs employés, de leurs sous-traitents et du public.
- Le gouvernement du Royaume-Uni, l'organe exécutif de l'Écosse, le cabinet de l'Assemblée nationale du pays de Galles, les entreprises énumérées plus bas et les services de police s'engagent à procéder conjointement à la planification et à la mise en œuvre de processus visant à conserver les réserves de carburant et, dans le cas d'un épuisement inévitable de ces réserves, à assurer l'approvisionnement des utilisateurs essentiels. Pour d'évidentes raisons de sécurité, tous les détails de ces processus ne peuvent être publiés, mais les principaux éléments du système de planification, de gestion et d'information comprennent les suivants :
- d'établir des systèmes d'avertissement conjoints et des plans d'urgence coordonnés;
- d'examiner l'emplacement, le rôle et le niveau des réserves de combustibles pétroliers dans le cas de perturbations;
- de favoriser la livraison des combustibles pétroliers aux utilisateurs et, surtout, aux utilisateurs considérés comme essentiels;
- de contrôler la livraison des combustibles pétroliers aux clients dans le cas où les réserves sont atteintes;
- de convenir de systèmes de gestion des urgences.
- Dans le cas d'une urgence, c'est le gouvernement du Royaume-Uni qui est responsable de l'application des politiques et des stratégies en général.
- L'un des éléments essentiels des dispositions prévues consiste en la mise en place par le gouvernement du Royaume-Uni, l'organe exécutif de l'Écosse, le cabinet de l'Assemblée nationale du pays de Galles, les entreprises énumérées plus bas et les services de police d'un efficace système de gestion des urgences, assorti de lignes directrices claires et d'une flexibilité appropriée permettant une mise en œuvre adaptée aux circonstances locales. On reconnaît, en outre, qu'une démarche adéquate de communication et de consultation menée auprès des travailleurs et des syndicats concernés aux échelons national et local devra faire partie des dispositions qui seront prises.
- Dans le cas d'une pénurie importante ou de la menace d'une pénurie importante dans les réserves courantes, le gouvernement du Royaume-Uni demandera la mise en œuvre d'une approche de gestion conjointe de la distribution des combustibles pétroliers, la priorité étant accordée aux utilisateurs essentiels, selon les dispositions faisant actuellement l'objet d'autres travaux conjoints.
- Les entreprises énumérées plus bas et les services de police conviennent de travailler ensemble dans le but de mettre en œuvre des dispositions visant la libre circulation des combustibles pétroliers en toute sécurité. Pour ce faire, le gouvernement du Royaume-Uni, l'organe exécutif de l'Écosse et le cabinet de l'Assemblée nationale du pays de Galles sont prêts à envisager d'exercer leurs pouvoirs tout en permettant une certaine flexibilité et des changements provisoires dans l'application des règlements, après avoir consulté les parties intéressées et sans compromettre la sécurité de quiconque. Les entreprises énumérées plus bas et les services de police conviennent, en outre, de travailler ensemble afin de prévenir les actes d'intimidation ainsi que les allégations formulées dans ce sens.
- Le gouvernement du Royaume-Uni, l'organe exécutif de l'Écosse, le cabinet de l'Assemblée nationale du pays de Galles, les entreprises énumérées plus bas, le Congrès des syndicats et les services de police réitèrent leur détermination à maintenir les réserves courantes de combustibles pétroliers ainsi que l'approvisionnement, sans compromettre la sécurité de quiconque.
- La mise en application du présent protocole d'entente se fera conformément à toutes les dispositions législatives sur la concurrence qui sont en vigueur.
- Les parties énumérées plus bas examineront régulièrement l'état d'avancement de la mise en œuvre du présent protocole d'entente, notamment au moyen d'un programme d'inspections, d'essais et d'exercices.
- Les parties énumérées plus bas conviennent que, selon des discussions avec le gouvernement du Royaume-Uni, d'autres entreprises et organisations pourront devenir parties au présent protocole d'entente ou aux sections pertinentes de celui-ci.
Date : 29 septembre 2000
Source : Le texte intégral du protocole d'entente et la liste complète des signataires figurent sur Internet : <http://213.38.88.195/coi/coipress.nsf/>.

Annexe C
Liste complète des signataires
- Le protocole d'entente a été signé par le secrétaire de l'Intérieur, le secrétaire d'État au Commerce et à l'Industrie, le secrétaire général au Trésor, le ministre des Transports, le premier secrétaire de l'Assemblée nationale du pays de Galles, le premier ministre adjoint et ministre de la Justice de l'exécutif de l'Écosse, l'Association des chefs de police, le Congrès des syndicats, les compagnies pétrolières BP, Shell UK, Esso, TotalFina Elf, Conoco et Texaco, de même que l'Association des indépendants de l'industrie pétrolière au Royaume-Uni. Plusieurs grandes entreprises de camionnage, comme P&O Trans European, Hoyer UK, Excel Tankfreight plc, ont aussi signé le document.
- L'Irlande du Nord n'a pas été touchée par les conflits récents relatifs au carburant. Des dispositions semblables et complémentaires sont néanmoins en train d'être examinées pour cette province, assorties de mécanismes permettant une coordination étroite et efficace avec les parties concernées ailleurs au Royaume-Uni.
Diffusé par :
Bureau du Cabinet
Service de presse
70 Whitehall
LONDRES
SW1A 2AS
Source : Le texte intégral du protocole d'entente et la liste complète des signataires figurent sur Internet : <http://213.38.88.195/coi/coipress.nsf/>.

Notes
- [1] Chris Marsden, Fuel Protests Escalate Throughout Europe, 12 septembre 2000. Sur Internet : <www.wsws.org/articles/2000/sep2000/oil-s12_prn.shtml>.
- [2] Chris Marsden, Fuel Protests Escalate Throughout Europe, 12 septembre 2000. Sur Internet : <www.wsws.org/articles/2000/sep2000/oil-s12_prn.shtml>.
- [3] Chris Marsden, Fuel Protests Escalate Throughout Europe, 12 septembre 2000. Sur Internet : <www.wsws.org/articles/2000/sep2000/oil-s12_prn.shtml>.
- [4] Gregg Muttitt et James Marriott, Pump and Circumstance, Guardian Unlimited, 4 octobre 2000. Sur Internet : <www.guardian.co.uk/Archive/Article/0,4273,4071229,00.html>.
- [5] Brian Doherty et al., Explaining the Fuel Protests, Keel University, School of Politics. Sur Internet : <www.keele.ac.uk (MS Word)>.
- [6] Phil Hathaway, The Effect of the Fuel "Protest" on Road Traffic, 2000. Sur Internet : <www.dft.gov.uk (PDF)>.
- [7] Fuel Crisis Post Mortem Begins, BBC News: UK, 16 septembre 2000. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk/925616.stm>.
- [8] Fuel Crisis Post Mortem Begins, BBC News: UK, 16 septembre 2000. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk/925616.stm>.
- [9] Claire Porter et Julian Glover, The Petrol Crisis: What Happens Next?, Guardian Unlimited, 2 novembre 2000. Sur Internet : <www.guardian.co.uk/theissues/article/0,6512,337786,00.html>.
- [10] Cost of Dispute Could Top £1bn, Say Firms, Guardian Unlimited, 15 septembre 2000. Sur Internet : <www.guardian.co.uk/petrol/story/0,7369,369147,00.html>.
- [11] Phil Hathaway, The Effect of the Fuel "Protest" on Road Traffic, 2000. Sur Internet : <www.dft.gov.uk (PDF)>.
- [12] How Protesters Fuelled a Very 21st-Century Crisis, Guardian Unlimited, 17 septembre 2000. Sur Internet : <www.guardian.co.uk/petrol/story/0,7369,369436,00.html>.
- [13] Europe Fuel Protests Grow, UK Faces Emergency, Reuters, 12 septembre 2000. Sur Internet : <www.climateark.org/articles/2000/3rd/eurfpro1.htm>.
- [14] Fuel Crisis Post Mortem Begins, BBC News: UK, 16 septembre 2000. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk/925616.stm>.
- [15] Patrick Goodenough, UK Gas Protestors Claim Moral Victory, CNS News: Foreign Bureaus, 14 septembre 2000. Sur Internet : <www.cnsnews.com>.
- [16] Alan Travis, Few Motorists Ran Dry, but Ministers' Talk Rang Hollow, Guardian Unlimited, 19 septembre 2000. Sur Internet : <www.guardian.co.uk/petrol/story/0,7369,370183,00.html>.
- [17] In Brief, Guardian Unlimited, 15 septembre 2000. Sur Internet : <www.guardian.co.uk/petrol/story/0,7369,368682,00.html>.
- [18] Post, Banks, Food Supply Now at Risk, Guardian Unlimited,14 septembre 2000. Sur Internet : <www.guardian.co.uk/petrol/story/0,7369,368262,00.html>.
- [19] Rationing Keeps NHS Afloat, Guardian Unlimited, 15 septembre 2000. Sur Internet : <www.guardian.co.uk/petrol/story/0,7369,368702,00.html>.
- [20] Fuel: How the NHS Could Suffer, BBC News: Health, 12 septembre 2000. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/health/921898.stm>.
- [21] Countdown to Crisis: Eight Days That Shook Britain, BBC News: UK, 14 septembre 2000. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk/924574.stm>.
- [22] Fuel Crisis Bring Chaos to NHS, BBC News: Health, 13 septembre 2000. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/health/923621.stm>.
- [23] Fuel Crisis Bring Chaos to NHS, BBC News: Health, 13 septembre 2000. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/health/923621.stm>.
- [24] Fuel Crisis Bring Chaos to NHS, BBC News: Health, 13 septembre 2000. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/health/923621.stm>.
- [25] Patrick Goodenough, UK Gas Protestors Claim Moral Victory, CNS News: Foreign Bureaus, 14 septembre 2000. Sur Internet : <www.cnsnews.com>.
- [26] NHS on Red Alert, BBC News: Health, 13 septembre 2000. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/health/921414.stm>.
- [27] Cost of Dispute Could Top £1bn, Say Firms, Guardian Unlimited, 15 septembre 2000. Sur Internet : <www.guardian.co.uk/petrol/story/0,7369,369147,00.html>.
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- [30] Post, Banks, Food Supply Now at Risk, Guardian Unlimited,14 septembre 2000. Sur Internet : <www.guardian.co.uk/petrol/story/0,7369,368262,00.html>
- [31] Rationing Keeps NHS Afloat, Guardian Unlimited,15 septembre 2000. Sur Internet : <www.guardian.co.uk/petrol/story/0,7369,368702,00.html>.
- [32] Post, Banks, Food Supply Now at Risk, Guardian Unlimited,14 septembre 2000. Sur Internet : <www.guardian.co.uk/petrol/story/0,7369,368262,00.html>.
- [33] Fuel Campaigners Warn of More Protests, BBC News: UK, 12 mai 2001. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk_politics/946842.stm>.
- [34] Britain Grinds to a Halt as Blair's Pleas Are Ignored, Guardian Unlimited, 14 septembre 2000. Sur Internet : <www.guardian.co.uk/tonyblair/story/0,7369,371935,00.html>.
- [35] Blair Moves to End Growing UK Fuel Crisis, CNN, 12 septembre 2000. Sur Internet : <edition.cnn.com>.
- [36] Petrol Tankers Are Rolling Again as Fuel Protests End, NetLondon.com, 15 septembre 2000. Sur Internet : <www.netlondon.com>.
- [37] Fuel Crisis Post Mortem Begins, BBC News: UK, 16 septembre 2000. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk/925616.stm>.
- [38] Deal Signed on Fuel Supplies, BBC News: UK Politics, 29 septembre 2000. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk_politics/946842.stm>.
- [39] Deal Signed on Fuel Supplies, BBC News: UK Politics, 29 septembre 2000. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk_politics/946842.stm>.
- [40] Deal Signed on Fuel Supplies, BBC News: UK Politics, 29 septembre 2000. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk_politics/946842.stm>.
- [41] Simon Jeffery, Straw: No Concessions to Fuel Protestors, Guardian Unlimited, 2 novembre 2000. Sur Internet : <www.guardian.co.uk/petrol/story/0,7369,391689,00.html>.
- [42] Coping on Empty, BBC News: UK Politics, 3 novembre 2000. Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk_politics/1003305.stm>.

Bibliographie
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- 30. Petrol Tankers Are Rolling Again as Fuel Protests End, NetLondon.com, 15 septembre 2000 (réf. 28 novembre 2003). Sur Internet :
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- 31. PORTER, Claire, et Julian GLOVER. The Petrol Crisis: What Happens Next?, Guardian Unlimited, 2 novembre 2000 (réf. 5 décembre 2003). Sur Internet : <www.guardian.co.uk/theissues/article/0,6512,337786,00.html>.
- 32. Post, Banks, Food Supply Now at Risk, Guardian Unlimited, 14 septembre 2000 (réf. 16 juillet 2003) www.guardian.co.uk/petrol/story/0,7369,368262,00.html>.
- 33. Rationing Keeps NHS Afloat, Guardian Unlimited, 15 septembre 2000 (réf. 16 juillet 2003). Sur Internet : <www.guardian.co.uk/petrol/story/0,7369,368702,00.html>.
- 34. Straw's Plan to Beat the Blockades, BBC News: UK Politics, 2 novembre 2000 (réf. 16 juillet 2003). Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk_politics/1003633.stm>.
- 35. Tankers Back on UK Roads, BBC News: UK, 13 septembre 2000 (réf. 14 juillet 2003). Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk/922226.stm>.
- 36. Task Force to Tackle Protests Threat, BBC News: UK Politics, 15 septembre 2000 (réf. 16 juillet 2003). Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk_politics/925938.stm>.
- 37. TRAVIS, Alan. Few Motorists Ran Dry, but Ministers' Talk Rang Hollow, Guardian Unlimited, 19 septembre 2000 (réf. 16 juillet 2003). Sur Internet : <www.guardian.co.uk/petrol/story/0,7369,370183,00.html>.
- 38. Troops Trained to Beat Blockades, BBC News: UK Politics, 30 octobre 2000 (réf. 16 juillet 2003). Sur Internet : <news.bbc.co.uk/1/hi/uk_politics/998958.stm>.
- 39. UK Fuel Tax: The Facts, BBC News: In Depth: World Fuel Crisis, 21 septembre 2000 (réf. 1 décembre 2003). Sur Internet : <news.bbc.co.uk>.

Note aux lecteurs
Le Centre canadien de réponse aux incidents cybernétiques (CCRIC) constitue le point de convergence au Canada pour les avertissements et l'analyse concernant les menaces et les vulnérabilités cybernétiques, ainsi que pour la coordination de la réponse aux incidents. Le CCRIC est chargé d'assurer la résilience de l'infrastructure essentielle nationale en surveillant les menaces et en coordonnant la réponse du gouvernement fédéral aux incidents de cybersécurité d'intérêt national. Le CCRIC, qui travaille conjointement avec le Centre des opérations du gouvernement (COG) de Sécurité publique Canada, constitue un élément clé de l'approche « tous risques » du gouvernement en regard de la gestion des urgences et de la sécurité nationale.
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