Familles, jeunes et délinquance : portrait des connaissances et programmes
de prévention de la délinquance juvénile en milieu familial
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Julie Savignac
Rapport de recherche : 2009-01
Publié par le :
Centre national de prévention du crime (CNPC)
Sécurité publique Canada
Ottawa, Ontario Canada
K1A 0P8
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Numéro de catalogue : PS4-68/2009F
ISBN : 978-1-100-90683-6
© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2009
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fins non commerciales à condition d'en citer la source.
Dans la même collection :
Facteurs de risque et de protection dans les familles et leurs effets sur
la délinquance juvénile : ce que nous en savons (2008)
Programmes en milieu familial de prévention et de réduction
de la criminalité juvénile (2008)
Table des matières
Résumé
Lieu d'apprentissage, de découverte et de socialisation, la famille
représente un pilier important dans le développement des enfants
et des adolescents. Facteur de protection, la famille, lorsque dysfonctionnelle,
est également considérée comme un domaine de facteurs
de risque associés à la délinquance chez les jeunes.
Pour mieux tenir compte des relations entre famille, facteurs de risque, facteurs
de protection, délinquance juvénile et programmes d'intervention
auprès des familles vulnérables, ce travail se divise en deux
parties principales.
La première partie de ce rapport fait état des connaissances
sur les facteurs de risque et de protection associés aux familles. Une
analyse détaillée des facteurs de risque a permis d'identifier
trois catégories de facteurs de risque en milieu familial :
- les facteurs de risque relatifs au fonctionnement et à la dynamique
familiale (ceux que l'on considère comme les facteurs de risque proximaux),
- les facteurs de risque en lien avec les caractéristiques des familles
et, enfin,
- les facteurs de risque en lien avec le quartier/secteur de résidence
des familles.
Concernant les facteurs de protection, les connaissances actuelles sont relativement
limitées mais une recherche documentaire a permis d'identifier les principaux
facteurs de protection en lien avec le milieu familial. Enfin, cette première
section présente également un portrait statistique des familles
canadiennes confrontées à certains facteurs de risque et elle
se termine par la présentation d'un bref portrait de la situation dans
les collectivités autochtones.
La deuxième partie de ce rapport présente des programmes de
prévention et de réduction de la délinquance juvénile
en milieu familial. Cette recension a permis de constater que trois méthodes
d'interventions sont particulièrement efficaces auprès des familles
:
- la formation parentale,
- la thérapie familiale et
- l'approche intégrée.
Basée sur des rapports de recherche, des études longitudinales
et des résumés d'évaluation, cette recherche se veut une
première étape vers l'approfondissement des connaissances scientifiques
sur ce qu'on appelle « les familles vulnérables » ou « les
familles à risque », et vers une meilleure utilisation des connaissances
pour mieux agir et intervenir auprès de celles-ci.
Chapitre 1
Portrait des connaissances sur les facteurs
de risque et les facteurs de protection associés aux familles
De façon générale, il est admis que le risque de développer
une trajectoire de vie orientée vers la délinquance est influencé par
le nombre de facteurs de risque auxquels un jeune est exposé.[1] Au
même titre, on peut suggérer que plus un jeune est entouré de
facteurs de protection, plus les risques de s'orienter vers la délinquance
sont atténués.
Les facteurs de risque
De façon très sommaire, on peut décrire les facteurs
de risque comme étant des caractéristiques ou des variables qui,
lorsqu'elles sont présentes, font que ces individus sont davantage susceptibles,
comparativement à d'autres, d'adopter des comportements qui peuvent
leur faire du tort.[2]
Les facteurs de risque liés à la délinquance sont multidimensionnels,
c'est-à-dire qu'ils se manifestent dans plusieurs aspects du quotidien
et de la vie des individus. À cet effet, la typologie généralement
acceptée par les chercheurs classifie les facteurs de risque en fonction
des domaines suivants : les caractéristiques individuelles, la famille,
l'école, les pairs, et la collectivité.[3]
Il est aussi admis que les effets des facteurs de risque varient selon l'âge.[4] Par
exemple, durant l'enfance, les facteurs de risque ayant une plus grande incidence
sont ceux qui agissent au sein de la famille; à mesure que les enfants
grandissent et s'intègrent davantage dans leur environnement, les facteurs
de risque liés aux pairs, à l'école, au quartier et à la
communauté jouent un rôle plus important.[5] Quant
aux facteurs de risque en lien avec les caractéristiques individuelles,
par exemple, l'hyperactivité, l'anxiété, l'agressivité,
ceux-ci doivent être pris en considération à tous les âges.
De plus, il faut rappeler que les comportements délinquants s'acquièrent
sur une certaine période de temps, dans des conditions qui se chevauchent
et des situations à problèmes multiples. L'interaction et l'accumulation
des facteurs de risque augmentent la probabilité de commettre des actes
de délinquance.[6] Ceci,
non seulement parce que les facteurs de risque additionnent leurs effets, mais
aussi parce qu'ils interagissent entre eux, les effets de l'un multipliant
les effets de l'autre et ainsi de suite. Par exemple, l'abus d'alcool de la
part des parents peut provoquer des conflits familiaux qui, à leur tour,
ont comme effet un risque d'accroitre les problèmes liés à la
consommation de substances.
Selon une étude réalisée par le Social Exclusion Task
Force (Londres), à 14 ans, plus un jeune présente des facteurs
de risque familiaux, plus les probabilités d'être exclu de l'école,
d'être pris en charge par les services de protection de la jeunesse,
ou d'être en contact avec la police augmentent; cette relation étant
particulièrement prononcée dans le cas de l'exclusion de l'école
chez les jeunes qui présentent 5 facteurs de risque familiaux ou plus.[7]
Concernant les facteurs de risque associés au milieu familial, une
analyse détaillée a permis de faire la distinction entre trois
sous-catégories :
- les facteurs de risque relatifs à la dynamique et au fonctionnement
de la famille,
- les facteurs de risque en lien avec les caractéristiques des familles,
- les facteurs de risque associés au quartier de résidence.
Tableau 1—Facteurs de risque de délinquence juvénile
associés à la damille Selon l’Âge des enfants
et des jeunes[8]
Les facteurs de risque relatifs à la dynamique et au fonctionnement
de la famille
Les connaissances scientifiques actuelles suggèrent que les facteurs
de risque en lien avec le fonctionnement et la dynamique familiale sont étroitement
associés à la délinquance.[9]
Conduites parentales inefficaces
De mauvaises pratiques parentales, comme l'absence de supervision, une trop
grande permissivité, une discipline incohérente ou trop stricte,
un faible lien d'attachement et l'incapacité d'établir des limites
claires, représentent des facteurs de risque importants de délinquance,[10] de
consommation de drogues,[11] de
mauvaises performances académiques,[12] et
d'adhésion aux gangs de jeunes.[13]
Selon les chercheurs, la supervision et le contrôle parentaux[14] jouent
un rôle déterminant dans l'adoption de comportements délinquants.[15] Comme
le souligne LeBlanc, « la supervision est la variable clé, celle
qui catalyse l'impact de toutes les autres caractéristiques du fonctionnement
de la famille ».[16]
L'enquête longitudinale The Edinburgh Study of Youth Transitions and
Crime (ESYTC), identifie sept caractéristiques de conduites parentales
et du fonctionnement de la famille associées à la délinquance
chez les jeunes de 15 ans. Les plus importants sont : la surveillance des parents,
la volonté du jeune à communiquer avec ses parents, la cohérence
des parents, les conflits parent-enfant et la punition excessive.[17] Les
résultats de cette enquête montrent que les pratiques parentales
inefficaces à l'âge de 13 ans sont un prédicteur important
de délinquance à l'âge de 15 ans.[18]
Criminalité des parents
La criminalité des parents est un puissant facteur de risque de délinquance
appuyé par différentes études.[19]
Les études longitudinales de Pittsburgh et de Cambridge montrent que
la criminalité du père, de la mère, d'un frère
ou d'une soeur est un bon prédicteur de délinquance chez les
garçons. Le facteur le plus important demeure la criminalité du
père : 63% des garçons qui ont un père impliqué dans
des activités criminelles risquent d'être eux-mêmes impliqués
dans ce genre d'activités, comparativement à 30% pour les autres.[20]
Avoir des frères ou des soeurs plus âgés impliqués
dans des activités criminelles est également un facteur de risque
de délinquance, cette relation étant moins importante lorsque
les frères ou les soeurs sont plus jeunes.
Selon les travaux de Farrington (2002), 8% des familles sont responsables de
43% de la criminalité. Des résultats similaires ont également été obtenus
par une étude réalisée par Roché sur la délinquance
juvénile des adolescents âgés de 13 à 19 ans en
France : 5% des familles sont responsables de 50% des petits délits, de
86% des délits graves et de 95% des trafics.[21]
Mauvais traitements durant l'enfance et la violence familiale
Plusieurs recherches ont confirmé que l'exposition très précoce à la
violence physique et psychologique est un fort prédicteur de la violence
physique de la part de la victime, notamment celle qu'elle exercera plus tard à l'endroit
de son partenaire ou de ses enfants.[22]
Être témoin de violence à la maison représente
un important facteur de risque d'agressivité et de délinquance
chez les jeunes. Selon les résultats de l'Enquête longitudinale
nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ), les enfants de 6 à 11
ans qui ont été témoins de violence à la maison étaient
deux fois plus susceptibles d'adopter un comportement agressif (2,2 fois) que
les enfants n'ayant jamais été témoins de violence.[23]
Les mauvais traitements reçus durant l'enfance sont aussi un facteur
de risque associé à différents comportements à problèmes.
Les recherches qui ont comparé des adolescents maltraités durant
leur enfance à ceux qui ne l'ont pas été, montrent que
les premiers sont plus nombreux à présenter des problèmes
de comportement[24] (fugues,
décrochage scolaire, grossesse précoce), des problèmes
liés à l'abus de substance,[25] à porter
des armes, à adopter des comportements délinquants, à s'exposer à des
situations intimidantes [26] et à adhérer à des
gangs.[27]
D'autres recherches ont également montré que la violence subie à un
jeune âge est un facteur associé aux fugues et au départ
précoce du domicile familial, ce qui accroît fortement les risques
pour l'adolescent d'être aussi bien victime qu'auteur de diverses formes
de délinquance liées à l'errance.[28]
Abus de substances de la part des parents [29]
L'enquête The Edinburgh Study of Youth Transitions and Crime (ESYTC)
illustre que chez les jeunes de 15 ans, le fait d'avoir un parent qui consomme
de la drogue augmente de deux fois les risques qu'ils en consomment eux aussi.
Par contre, les jeunes dont les parents ont une consommation excessive d'alcool
(21 unités par semaine) ne sont pas plus à risque que les autres
jeunes de boire de façon quotidienne.[30]
Selon les résultats de l'Enquête longitudinale nationale sur
les enfants et les jeunes (ELNEJ), l'influence des pairs est un facteur de
risque de consommation d'alcool par les adolescents plus prononcé que
la consommation d'alcool des parents.[31]
Les facteurs de risque en lien avec les caractéristiques des familles
Dans la compréhension des liens entre famille et délinquance
juvénile, ces facteurs de risque doivent être interprétés
avec prudence : leurs effets négatifs découlent parfois d'autres
facteurs présents dans l'environnement familial, parfois d'une combinaison
de plusieurs facteurs de risque. Pris isolément, ces facteurs de risque
entretiennent des liens moins évidents avec l'adoption de comportements
délinquants chez les jeunes comparativement aux facteurs de risque en
lien avec le fonctionnement et la dynamique familiale.[32]
Le débat sur les effets de la monoparentalité dans la manifestation
de comportements délinquants chez les jeunes est l'un des exemples les
plus parlants du caractère particulier de ces facteurs de risque. La
monoparentalité est considérée comme un facteur de risque
parce que cette structure familiale est souvent associée à un
manque de surveillance, à un manque de temps libre passé avec
les enfants, à une précarité financière, à un
quartier de résidence plus pauvre, etc. De fait, parce que la monoparentalité peut
facilement conduire vers la précarisation et, du même coup, devenir
une situation difficile et stressante pour les familles, la monoparentalité représente
une caractéristique familiale associée aux risques de délinquance
juvénile.[33]
Wells et Rankin (1991) concluent dans leurs travaux que la relation entre
familles dissociées et délinquance chez les jeunes varie selon
les cas : elle est faible ou nulle pour les délits graves (vols, comportements
violents), un peu plus forte pour la consommation de drogues (surtout douces),
et significative pour les « comportements problématiques » (fugues,
absentéisme scolaire, problèmes de discipline en classe).[34]
Les résultats de l'enquête de Cambridge sur la trajectoire des
jeunes délinquants montrent que si les garçons en provenance
de familles séparées sont plus délinquants que les garçons
en provenance de familles intactes, ils ne sont pas plus délinquants
que les garçons en provenance de familles intactes mais conflictuelles.[35]
Farrington (1995; 2006) suggère que le contexte dans lequel se déroule
la rupture familiale et les effets « post-séparation » sont
les facteurs le plus importants à prendre en considération. De
façon générale, les garçons qui sont restés
avec leur mère après la séparation ont eu le même
taux de délinquance que des garçons en provenance de familles
intactes ayant de faibles conflits tandis que les garçons qui sont restés
avec leur père ou avec d'autres parents présentent des taux plus élevés
de délinquance.[36]
Quant aux transitions familiales,[37] les
résultats de l'étude de Rochester font état de liens clairs
et statistiquement significatifs entre le nombre de transitions familiales,
la prévalence de la délinquance et la consommation de drogues.
Tandis que 64,1% des jeunes qui n'ont jamais vécu de transitions familiales
présentent des signes de délinquance, ce taux atteint un sommet
de 90% pour les jeunes ayant vécu cinq transitions familiales ou plus.
Après avoir contrôlé le genre, la pauvreté et la
supervision parentale, les chercheurs concluent qu'un plus grand nombre de
transitions familiales est significativement lié à un taux de
délinquance et de consommation de drogues plus élevé.[38]
Les facteurs de risque en lien avec le quartier de résidence des familles
De façon générale, vivre dans un quartier défavorisé double
les risques de délinquance.[39]
En lien avec le quartier de résidence, plusieurs facteurs de risque
sont à prendre en considération : présence de gangs de
jeunes et de jeunes délinquants, disponibilité des drogues et
des armes à feu, taux de criminalité du quartier,[40] faible
degré d'intégration au secteur, haut niveau de désorganisation,
peu de ressources et de services offerts, et la pauvreté du secteur.
Sampson (1997) propose un cadre d'analyse basé sur le capital social
et les caractéristiques du quartier (social capital/collective efficacy
model). Selon ce modèle, les conduites parentales sont influencées
par le contexte social dans lequel vivent les familles. Les quartiers caractérisés
par une forte pauvreté, des ruptures familiales et une forte mobilité résidentielle
tendent à affaiblir les réseaux sociaux et à exacerber
les conduites parentales inefficaces.[41]
Dans la même lignée, Smith (2004) souligne que le fonctionnement
de la famille est influencé par le contexte social environnant. Les
parents qui habitent un quartier défavorisé et qui disposent
de peu de ressources auront davantage de difficultés à éloigner
leur jeune des comportements déviants et à risque.
Ainsi, les enfants en bas âge qui vivent dans un secteur défavorisé et
qui, de surcroît, grandissent dans une famille où la supervision
parentale est déficiente, sont à risque de développer
durant leur adolescence des comportements délinquants.[42]
La situation au Canada : portrait statistique
des facteurs de risque en lien avec le fonctionnement et la dynamique familiale
Violence familiale et être témoin de violence à la maison
- En 2005, près de 4 enfants et jeunes[43] sur
10 (37%) qui ont été victimes de violence familiale ont subi
des blessures physiques. Les garçons étaient plus susceptibles
que les filles de subir des blessures (44% par rapport à 33%).[44]
- En 2005, les jeunes parents sont représentés de façon
disproportionnée parmi les auteurs présumés ayant tué leur
enfant. Bien que les parents de 15 à 24 ans n'aient constitué que
2% de tous les parents, ils étaient responsables de 60% des homicides
sur des nourrissons et de 14% des homicides sur des enfants et des jeunes.[45]
- En 2005, selon l'Enquête sur les homicides, 60 homicides ont été commis
contre des enfants et des jeunes de moins de 18 ans; plus du tiers de ces
homicides ont été perpétrés par un membre de
la famille.[46]
- Selon l'Enquête sociale générale de 2004, environ 33% des victimes de violence conjugale ont dit que leurs enfants avaient vu
ou entendu cette violence. [47]
- Selon l'Enquête sur les maisons d'hébergement, entre le 1er
avril 2005 et le 31 mars 2006, les admissions de femmes et d'enfants dans
les refuges pour femmes violentées au Canada se sont chiffrées à environ
106 000.[48]
- Selon l'Enquête sur les maisons d'hébergement, le 19 avril
2006, 2 912 femmes se trouvaient dans des maisons d'hébergement en
raison de mauvais traitements; parmi elles, 51% étaient hébergées
avec leurs enfants.[49]
Mauvais traitements durant l'enfance
- En 2003, parmi l'ensemble des enquêtes consultées par les
chercheurs de l'Étude canadienne sur l'incidence des signalements
de cas de violence et de négligence envers les enfants (ECI), 47% des
enquêtes ont corroboré des cas de mauvais traitements envers
des enfants âgés de 15 ans et moins au Canada[50] (à l'exclusion
du Québec).
- Le taux d'incidence correspondait alors à 21,7 cas de mauvais traitements
corroborés pour 1 000 enfants. [51]
- Parmi les cas de mauvais traitements corroborés, un tiers était
des cas de négligence (30%), suivi par des cas d'exposition à la
violence familiale (28%). La violence physique représentait 24%
des cas, la violence psychologique 15% et les abus sexuels 3%.[52]
- Selon l'Étude sur l'incidence et les caractéristiques des
situations d'abus, de négligence, d'abandon et de troubles de comportements
sérieux signalés à la Direction de la protection de
la jeunesse du Québec (ÉIC-1998), 45% des enfants pour lesquels
le signalement de négligence s'est avéré fondé vivaient
dans une famille aux prises avec un problème de consommation abusive
de drogues ou d'alcool :[53]
- Pour 41,7% des familles, la situation de négligence envers
les enfants coexiste avec la consommation abusive de drogues ou d'alcool
et la présence de violence conjugale.
- Pour 32,2% des familles, la situation de négligence envers
les enfants coexiste avec la consommation abusive de drogues ou d'alcool
et la présence d'activités criminelles.
- Pour 31,3% des familles, la situation de négligence envers
les enfants coexiste avec la consommation abusive de drogues ou d'alcool
ainsi qu'avec la présence de problèmes de santé mentale.
Supervision parentale et comportements délinquants
- Selon les résultats de la version canadienne de l'Enquête
internationale auprès des jeunes, la prévalence des comportements
délinquants était nettement plus élevée chez
les jeunes qui ont déclaré avoir consommé de l'alcool
et de la drogue, et qui ont mentionné que leurs parents exerçaient
peu de supervision.[54]
- 56% des jeunes qui ont déclaré que leurs parents ne savaient
jamais avec qui ils étaient ont manifesté un comportement délinquant
au cours des 12 derniers mois comparativement à 35% chez les jeunes
dont les parents ne savent pas toujours et à 12% chez les jeunes dont
les parents savent toujours avec qui ils sortaient.[55]
- Les jeunes qui ne s'entendent pas bien avec leurs parents affichent des
niveaux de délinquance plus élevés.[56] Plus
du tiers des jeunes qui ont mentionné ne pas s'entendre avec leur
père ou leur mère ont manifesté un comportement délinquant
au cours des 12 derniers mois comparativement à environ 20% chez
ceux qui ont déclaré bien s'entendre avec leurs parents.
L'abus de substances
- Les données actuellement disponibles sur les problèmes de
consommation (drogues/alcool) sont rarement en lien avec le contexte familial
et ses conséquences.
- Néanmoins, voici quelques résultats issus de l'Enquête
sur les toxicomanies au Canada[57] qui
illustrent quelques aspects généraux des problèmes de
consommation :
- Une forte consommation d'alcool[58] est
plus fréquente chez les Canadiens âgés de 18 à 24
ans.
- Les hommes étaient proportionnellement plus nombreux que les
femmes à avoir l'habitude de boire au moins cinq verres par occasion
(23,2% contre 8,8%) et à avoir bu au moins cinq verres par occasion
au moins une fois par semaine (9,2% contre 3,3%).
- 10,5% des personnes ayant participé à l'enquête
affirment que leur vie conjugale ou familiale a souffert de la consommation
d'alcool de la part d'un tiers; 15,8% ont connu des épisodes
de violence verbale et 3,2% des coups ou des agressions physiques.
- Presque 30% des jeunes de 15 à 17 ans, et un peu plus de 47% chez les 18-19 ans, ont consommé du cannabis au cours des douze
derniers mois.
- Parmi ceux ayant consommé du cannabis au cours des douze derniers
mois, 4,9% disent avoir des ennuis de santé et des difficultés
d'ordre social ou juridique découlant de l'usage du cannabis.
- Au cours de l'année précédente, environ 3% des
Canadiens (4,3% des hommes et 1,8% des femmes) disent avoir consommé au
moins une des cinq drogues illicites autres que le cannabis (cocaïne
ou crack; hallucinogènes, PCP ou LSD; speed ou amphétamines;
héroïne; ecstasy).
La situation des familles dans les collectivités
Autochtones
Les études qui approfondissent les liens entre la délinquance
juvénile chez les jeunes Autochtones et les facteurs de risque relatifs
aux familles sont peu nombreuses; il s'agit d'une limite importante au niveau
des connaissances visant à prévenir efficacement la délinquance
chez les jeunes dans ces communautés.
Chez les jeunes Autochtones de sexe masculin, la majorité des facteurs
de risque associés à la délinquance sont similaires à ceux
des non Autochtones : antécédents de comportements criminels,
toxicomanie, attitudes antisociales, et fréquentation de pairs antisociaux.[59] Par
contre, il n'est pas possible de dire si les facteurs de risque « problèmes
familiaux ou conjugaux » et « les problèmes à l'école
ou au travail » sont applicables de façon similaire chez les Autochtones
et les non Autochtones; des recherches plus approfondies sont nécessaires
pour répondre à cette question.[60]
En ce qui concerne la violence familiale et conjugale, les statistiques montrent
que la violence au sein des familles est plus fréquente chez les communautés
autochtones. [61] En
2004, 21% des Autochtones ont déclaré avoir subi une forme quelconque
de violence physique ou sexuelle de la part d'un conjoint durant les cinq années
précédant l'enquête, comparativement à 6% des personnes
non Autochtones.[62] Ceci
se traduit par un taux de violence conjugale chez les Autochtones qui est 3
fois plus supérieur à celui affiché par les non Autochtones.
Concernant la toxicomanie et l'alcoolisme au sein des collectivités
autochtones, les statistiques disponibles font rarement le lien avec la dimension
familiale. Voici quelques résultats issus de l'Enquête régionale
longitudinale sur la santé des Premières Nations (ERS) 2002-2003:[63]
- Les hommes étaient plus susceptibles d'avoir consommé de
l'alcool que les femmes, les taux les plus élevés étant
chez les hommes âgés de 18 à 29 ans.
- La proportion de buveurs excessifs parmi les adultes des Premières
Nations est plus élevée que dans la population canadienne et
est plus marquée chez les hommes.
- Les hommes âgés de 18 à 29 ans sont ceux dont la consommation
de drogues était la plus élevée. 29,1% des répondants
ont indiqué consommer de la marijuana tous les jours. Arrive en second
la consommation de médicaments sur ordonnance, notamment la codéine,
la morphine et les opiacés.
Une étude sur les liens entre la structure familiale et les problèmes
de consommation a été menée chez les Indiens d'Amérique
du Nord et les Inuits (American Indian/Alaska Native-AI-AN). [64] Les
résultats de cette étude laissent croire que les jeunes en provenance
d'une famille dont un seul parent est à la charge ont une probabilité plus
grande de boire et de fumer du tabac de façon régulière,
comparativement aux jeunes qui habitent avec leurs deux parents. La probabilité de
consommer de la marijuana est également plus élevée du
côté des jeunes qui habitent dans une famille monoparentale et
chez ceux qui n'habitent pas avec leurs parents, comparativement à ceux
qui habitent avec les deux parents. Rappelons à ce propos que les enfants
et les jeunes autochtones sont beaucoup plus susceptibles d'être membres
d'une famille monoparentale : en 2001, 35% des enfants autochtones de moins
de 15 ans vivaient dans une famille monoparentale, soit le double de la proportion
observée chez les enfants non autochtones (17%).65
Compte tenu de ces résultats, il importe donc d'approfondir les recherches
sur l'importance de l'unité familiale en tant que facteur de protection
pour les jeunes Autochtones. De plus, comme le notent Lonczak, H. et al. (2007),
des études approfondies doivent aussi être menées pour
mieux comprendre, au-delà de la structure des familles, comment les
pratiques parentales influencent les problèmes de consommation chez
les jeunes Autochtones.
Les facteurs de protection
Les connaissances sur les facteurs de protection associés à la
famille sont moins étoffées que celles sur les facteurs de risque;
il s'agit d'une limite importante en matière de connaissances reliées à la
prévention de la délinquance juvénile.
Les facteurs de protection aident à mieux comprendre les caractéristiques
et les situations qui protègent et éloignent les jeunes de la
délinquance.[66] Les
facteurs de protection sont des caractéristiques ou des conditions qui
agissent en tant que modérateur des risques, ils permettent d'atténuer
les incidences négatives associées aux facteurs de risque et
aident les jeunes à mieux faire face à leur situation.[67] À l'image
des facteurs de risque, on peut suggérer que les facteurs de protection
sont cumulatifs et interactifs. Par exemple, les effets négatifs de
grandir dans un milieu pauvre peuvent être atténués par
l'implication, la participation et le support des parents.[68]
Le tableau 2 ci-dessous présente les principaux facteurs de protection
associés aux familles; la majorité des facteurs se rapportent
au bon fonctionnement de la famille et à l'harmonie des relations familiales.
Les recherches actuelles sur les facteurs de protection ne sont pas assez approfondies
pour permettre de les distinguer en fonction de l'âge des enfants.
- Des pratiques parentales adéquates ont été associées à une
présence moins importante des problèmes de comportements tels
la délinquance et la consommation de drogues et d'alcool.[69]
- La supervision parentale, l'attachement aux parents et une discipline cohérente
et constante sont les facteurs de protection les plus importants pour promouvoir
la résilience chez les jeunes à risque[70] et
réduire les chances qu'ils s'associent à des pairs délinquants.[71]
- Des liens familiaux harmonieux et une bonne relation avec les parents protègent
contre la délinquance à tous les âges et ce, autant chez
les garçons que chez les filles.[72]
- Le support et l'implication des parents réduisent les risques que
les jeunes s'engagent dans des activités délinquantes[73] et
consomment des drogues.[74]
- Lorsqu'on compare l'ensemble des familles qui vivent dans un quartier défavorisé,
celles qui sont composées de deux parents semblent avoir un meilleur
effet protecteur.[75] Par
contre, les familles monoparentales qui vivent dans un quartier tranquille
et sécuritaire ne sont pas plus à risque que les autres.[76]
- L'intégration des familles à la vie du quartier, une forte
cohésion sociale, la disponibilité des ressources et des services
dans le quartier,[77] et
l'implication des familles aux activités parascolaires et scolaires[78] sont
d'autres facteurs de protection.
Tableau 2 — Facteurs de protection associés à la famille [79]
| À tous les âges |
| Dynamique et fonctionnement de la famille |
Caractéristiques de la famille |
Quartier de résidence |
- Relation basée sur l'attachement familial
- Support positif au sein de la famille
- Supervision parentale adéquate
- Respect des ami(e)s de la part des parents
- La proximité parents-enfants (affection)
- Méthodes de disciplines cohérentes
- Conduites et pratiques parentales adéquates
|
- Niveau d'éducation des parents
- Stabilité financière
- Stabilité de l'unité familiale
|
- Intégration des familles à la vie du quartier
- Tissu relationnel établi dans le voisinage
- Activités scolaires qui impliquent la famille
|
Chapitre 2
Prévenir et réduire les risques de délinquance
juvénile en intervenant auprès des familles
Les connaissances actuelles ont montré qu'il est possible de réduire
les effets négatifs de certains facteurs de risque, de renforcer les
facteurs de protection et d'intervenir efficacement auprès des jeunes à risque
et des familles vulnérables. Différentes études[80] ont
montré que les programmes qui ciblent les facteurs de risque contribuant à la
criminalité et à la victimisation, et qui mettent en valeur les
facteurs de protection, sont efficaces et permettent de réduire l'incidence
de la criminalité et de la victimisation dans une mesure pouvant atteindre,
dans certains cas, jusqu'à 70%.[81]
L'approche scientifique en prévention de la
délinquance
L'approche scientifique en prévention de la délinquance correspond à une
manière de penser et d'agir qui s'appuie sur des faits scientifiquement
démontrés et démontrables. Par l'entremise d'évaluations
fiables et rigoureuses, le recours à cette approche permet de montrer
qu'il existe des moyens efficaces de prévenir le crime. L'évaluation
de l'efficacité des programmes repose sur les critères suivants
:
-
Résultats effectifs au niveau de la prévention ou de la
réduction des problèmes et/ou atténuation des facteurs
de risque et/ou renforcement des facteurs de protection
Démontrer, par l'entremise d'une évaluation rigoureuse,
que les programmes mis en place produisent des résultats positifs
au niveau de la réduction des comportements délinquants,
de l'atténuation des facteurs de risque ou du renforcement des facteurs
de protection. Ce critère est sûrement l'un des plus importants
pour juger du succès et de l'efficacité des pratiques de
prévention et des effets préventifs.
-
Effets positifs à long terme
Démontrer que les effets positifs des programmes subsistent même
après leur arrêt et qu'ils se manifestent dans la vie des
jeunes sur plusieurs années. Les effets doivent être persistants
et à long terme (sustained effects).[82] Or,
ce critère est difficile à démontrer et évaluer
: seules des études longitudinales sont en mesure de satisfaire
ce critère.
-
Capacité de réplication
Démontrer que la mise en oeuvre du même programme dans différents
milieux reproduit à chaque fois les mêmes résultats
positifs.
Par exemple, les programmes qui ont démontré leur efficacité dans
différentes conditions socioéconomiques, avec différentes
populations et dans différents contextes (urbain, rural), sont généralement
considérés comme des programmes très fiables.[83]
-
Évaluation rigoureuse
Sans entrer dans les détails méthodologiques, soulignons
qu'une évaluation est considérée comme rigoureuse
lorsqu'elle présente un haut degré de validité (interne,
conceptuelle et statistique) et lorsque les instruments de mesure et d'évaluation
reposent sur des fondements scientifiques.[84]
Les évaluations expérimentales (avec ou sans randomisation)
et quasi-expérimentales sont les deux types d'évaluations
dont les résultats au niveau de la validité interne sont
les meilleurs.[85]
-
Analyse coût-bénéfice
De plus en plus, l'analyse coût-bénéfice (cost benefits)
représente un critère dans l'évaluation de l'efficacité des
programmes. Cette analyse permet de démontrer que les sommes investies
dans les programmes de prévention sont rentables lorsque comparés
avec les bénéfices qui en résultent.
Les analyses coût-bénéfice des programmes mis en place
auprès des jeunes à risque et de leur famille permettent de montrer
que certains programmes font épargner aux contribuables de 7 à 10
fois le prix du programme.[86] À titre
d'exemple, les meilleurs programmes ayant un bon ratio coût-bénéfice
sont Multidimensional Treatment Foster Care (MTFC), où pour
chaque dollar investit dans le programme, les contribuables épargnent
jusqu'à 11,60 $; le programme Multisystemic Therapy (MST) fait épargner
jusqu'à 7,70 $ et le programme Functional Family Therapy (FFT),
7,50 $.[87]
Les programmes en milieu familial : ce qui fonctionne
le mieux
En matière de programmes en milieu familial, trois stratégies
d'intervention sont considérées efficaces :
- les programmes axés sur la formation parentale;
- les programmes axés sur la thérapie familiale et;
- les programmes axés sur une approche intégrée.
Les critères de sélection ayant orienté le choix des
programmes[1] sont
les suivants :
- les programmes devaient être basés sur la famille c'est-à-dire
que les stratégies d'interventions utilisées s'adressent à la
fois aux parents et aux jeunes;
- les facteurs de risque devaient être associés majoritairement
au milieu familial;
- les jeunes visés par les programmes sont à risque de développer
des comportements délinquants ou sont déjà impliqués
dans des activités délinquantes;[88]
- les résultats devaient être appuyés par des évaluations
rigoureuses venant confirmer une réduction des risques de développer
des comportements associés à la délinquance juvénile,
l'atténuation des facteurs de risque ou le renforcement des facteurs
de protection.[89]
Les programmes axés sur la formation parentale
Les programmes axés sur la formation parentale visent essentiellement à améliorer
les responsabilités et les conduites parentales. Ces programmes se proposent
d'apprendre aux parents à utiliser des techniques de discipline adéquates, à utiliser
une supervision et un contrôle équilibrés et à imposer
des limites claires et cohérentes aux enfants et aux jeunes qui ont
tendance à ne pas respecter les consignes.[90]
La formation parentale se déroule généralement en petit
groupe où seuls les parents sont présents. Les sessions de formation
peuvent avoir lieu dans différents endroits (écoles, centres
communautaires, églises, en milieu de travail ou à la maison).
Le déroulement de ces sessions est assuré par un thérapeute.
Objectifs
La formation parentale utilise une approche structurée conçue
pour :
- Aider les parents à identifier les comportements positifs et antisociaux
de leur enfant et à utiliser des techniques d'éducation appropriées.
- Améliorer les relations familiales en resserrant les liens affectifs.
- Améliorer les habiletés parentales en matière de résolution
de problèmes, de conflits familiaux et de maîtrise de soi.
Les programmes axés sur la formation parentale
| Titre |
Groupe cible |
Problématiques et facteurs de risque ciblés |
Résultats et classification[91] |
Preventive Treatment Program |
Groupe d'âge :
7-9 ans (garçons seulement)
Garçons en provenance de familles défavorisées
qui présentent des problèmes de comportements. |
Problématiques :
- activités liés aux gangs;
- délinquance;
- abus de substances;
- agression et violence.
Facteurs de risque :
- mauvaise gestion des conflits familiaux;
- mauvaise supervision parentale;
- utilisation des punitions physiques;
- discipline incohérente.
|
Résultats :
- à 12 ans, les garçons ayant participé à ce
programme commettent moins de vols, sont moins susceptibles d'avoir
des problèmes d'abus, et s'impliquent moins dans des bagarres;
- à 15 ans, les garçons ayant participé à ce
programme s'impliquent moins dans les gangs, ont moins de problèmes
d'abus, commettent moins d'actes délinquants et ont moins d'amis
qui ont été arrêtés par la police.[92], [93]
Niveau de classification :
- I: exemplaire
- II: nd (non disponible)
|
Parenting With Love and Limits (PLL)
S'accompagne aussi de thérapie familiale. |
Groupe d'âge :
10-18 ans (filles et garçons)
Jeunes ayant commis un premier délit/ jeunes à risque
d'adopter des comportements délinquants/ jeunes décrocheurs. |
Problématiques :
- activités liées aux gangs;
- délinquance;
- abus de substances;
- agression et violence;
- problèmes scolaires.
Facteurs de risque :
- mauvaise supervision parentale;
- mauvaise gestion des conflits familiaux;
- faible lien d'attachement;
- violence familiale;
- frère et soeur ayant des problèmes de comportements;
- utilisation des punitions physiques;
- discipline incohérente.
|
Résultats :
- durant l'année suivant la fin du PLL, 85% des jeunes n'ont
pas fait de rechutes liées à l'abus de substances;
- comparés à un groupe contrôle, les jeunes du
PLL ont diminué leurs problèmes d'agressivité,
de dépression et de déficit de l'attention;
- les parents du PLL, comparés à ceux du groupe témoin,
ont amélioré la communication avec leur jeune.[94]
Niveau de classification :
|
Focus on Families |
Groupe d'âge :
3-14 ans (filles et garçons)
S'adresse aux familles dont un des parents est sous traitement de méthadone. |
Problématique :
Facteurs de risque :
- parents impliqués dans des activités criminelles ou
ayant des antécédents criminels;
- mauvaise supervision parentale;
- mauvaise gestion des conflits familiaux;
- utilisation des punitions physiques;
- discipline incohérente;
- faible lien d'attachement.
|
Résultats :
Après un suivi de 12 mois, les parents de Focus on Families,
comparés au groupe témoin [93], [95]
- rapportent moins d'épisode de conflits;
- font mieux respecter les règles à la maison;
- ont changé leur cercle de fréquentation;
- ont rapporté une réduction de 65% de la fréquence
d'utilisation d'héroïne;
- étaient 6 fois moins susceptibles d'avoir consommé de
la cocaïne dans le dernier mois.
Niveau de classification :
|
Les programmes axés sur la thérapie
familiale
Les programmes axés sur la thérapie familiale adoptent une approche
multidimensionnelle qui combine la formation des parents, la formation du jeune
et l'amélioration de la dynamique familiale. Ces programmes sont généralement
conduits par des thérapeutes qualifiés et se déroulent
en milieu clinique.
Les thérapies familiales visent deux types de familles.
Premièrement, les familles dont les jeunes présentent des problèmes
affectifs et comportementaux (troubles de conduite, désordres affectifs,
dépression, problèmes à l'école et avec les amis,
etc.) sans pour autant avoir manifesté des comportements plus graves
(délinquance, crimes, consommation hâtive de drogues et d'alcool,
etc.). Cette thérapie dite préventive vise à traiter les
problèmes avant que ceux-ci ne s'amplifient.
Deuxièmement, les familles dont les jeunes adoptent des comportements
délinquants et sont clairement identifiés (ou diagnostiqués)
comme tels. Ce type de thérapie vise à réhabiliter et à traiter
les jeunes et sa famille, à prévenir les risques de récidive
et à empêcher une aggravation de la délinquance.
Objectifs
Peu importe le type de famille qui y participe, les programmes de thérapie
familiale visent essentiellement à :
- Améliorer la communication et les interactions entre parents et
enfants et à régler les problèmes qui surviennent.[96]
- Améliorer le fonctionnement de la famille.
- Bonifier les pratiques parentales.
Les programmes axés sur la thérapie familiale
| Titre |
Groupe cible |
Problématiques et facteurs de risque ciblés |
Résultats et classification[91] |
| Functional Family Therapy (FFT) |
Groupe d'âge :
11-18 ans (filles et garçons)
Jeunes qui présentent des comportements délinquants/ jeunes
présentement engagés dans des activités délinquantes. |
Problématiques :
- agression et violence;
- abus de substances.
Facteurs de risque :
- mauvaise supervision parentale;
- mauvaise gestion des conflits familiaux.
|
Résultats :
- comparés aux services traditionneles de justices pour les jeunes, FFT réduit les risques
de récidive de 50% à 60%;[93]
- après 1 an de suivi, le taux de récidive chez les jeunes ayant participé au projet est de 19,8% versus 36% chez les autres
jeunes;[97]
- comparés aux services traditionnels de probation chez les jeunes, les traitements résidentiels et les approches thérapeutiques, FFT obtient de meilleurs résultats.[93]
Niveau de classification :
- I: exemplaire
- II: exemplaire
|
Multi-Dimensional Treatment Foster Care (MTFC)
Considéré aussi comme un programme utilisant une approche
intégrée |
Groupe d'âge :
11-18 ans (filles et garçons)
Jeunes ayant des comportements délinquants chroniques et qui
risquent l'incarcération. |
Problématiques :
- délinquance;
- agression et violence.
Facteurs de risque :
- mauvaise supervision parentale;
- mauvaise gestion des conflits familiaux;
- parents impliqués dans des activités criminelles ou
ayant des antécédents criminels.
|
Résultats :
- après un suivi de 12 mois, les jeunes du MTFC, comparativement
aux jeunes placés dans les centres traditionnels de placement,
ont commis moins de délits (une moyenne de 2.6 délits
versus 5.4)[97]
- après un suivi de 12 mois, les garçons de 12 à 17
ans du MTFC ont passé 60% moins de jours en prison comparativement à des
garçons placés dans les centres traditionnels de placement,
ont consommé moins de drogues dures, ont un taux de récidive
moins élevé et sont plus nombreux à retourner
dans leur famille;[93]
- après un suivi de 24 mois, les jeunes de MTFC ont une meilleure
intégration scolaire.[98]
Niveau de classification :
- I: exemplaire
- II: exemplaire
|
Brief Strategic Family Therapy (BSFT) |
Groupe d'âge :
8-18 ans (filles et garçons)
Jeunes qui présentent ou sont à risque d'adopter des comportements
délinquants.
La thérapie s'adresse également aux décrocheurs
et aux jeunes ayant un problème d'abus de substances. |
Problématiques :
- délinquance;
- abus de substances.
Facteurs de risque :
- mauvaise supervision parentale;
- mauvaise gestion des conflits familiaux;
- faible lien d'attachement;
- frère/soeur ayant des problèmes de comportements.
|
Résultats :
BSFT est considérée comme une thérapie efficace
aux niveaux de l'amélioration des problèmes de comportements,
de la réduction de la récidive parmi les jeunes délinquants,
et de l'amélioration des relations familiales.[95]
Niveau de classification :
- I: efficace
- II: exemplaire
|
Multi-Dimensional Family Therapy (MDFT) |
Groupe d'âge :
11-18 ans (filles et garçons)
Jeunes ayant un problème d'abus de substances et qui présentent
des problèmes de comportements. |
Problématiques :
- abus de substances;
- agression et violence.
Facteurs de risque :
- mauvaise supervision parentale;
- mauvaise gestion des conflits familiaux;
- utilisation des punitions physiques;
- discipline incohérente.
|
Résultats :
- les jeunes du MDFT ont démontré davantage de changements
positifs (45%) que les jeunes en thérapie de groupe (32%) et
les jeunes en thérapie multi-familles (26%);[93]
- après 1 an, 70% des jeunes du MDFT et 55%des jeunes ayant participé à des
thérapies cognitives ont cessé de consommer;[95] and
- MDFT a permis aux familles participantes d'améliorer leur
fonctionnement et leur cohésion.[95]
Niveau de classification :
- I: efficace
- II: exemplaire
|
Positive-Parenting-Program (Triple P)
S'accompagne aussi de formation aux parents |
Groupe d'âge :
Jeunes de moins de 16 ans (filles et garçons)
Jeunes ayant des problèmes de comportements (ou émotionnels). |
Problématique :
- problèmes de comportements.
Facteurs de risque :
- mauvaise gestion des conflits familiaux;
- parents dépressifs.
|
Résultats :
Comparées aux familles sur une liste d'attente pour recevoir
le traitement, celles ayant participé au Triple P [99] ont:
- réduit les problèmes de comportements des enfants;
- amélioré les pratiques parentales et les compétences
parentales.
Niveau de classification :
|
Les programmes axés sur une approche intégrée
L'approche intégrée part du principe que le jeune et la famille
ne vivent pas de façon isolée. De ce fait, une intervention efficace
doit, premièrement, replacer la famille dans son environnement, deuxièmement,
viser des facteurs de risque en provenance de plusieurs domaines à la
fois (par exemple, la collectivité, le quartier, l'école, les
amis, la famille, et le jeune lui-même), et troisièmement, développer
une intervention intégrée qui implique la participation de plusieurs
intervenants clés (santé et services sociaux, éducation,
justice, santé mentale, toxicomanie, etc.).
Il s'agit d'une approche multidimensionnelle où l'intervention est
généralement sous la coordination d'un gestionnaire de cas. Selon
les projets mis en place, le gestionnaire de cas travaille parfois directement
avec les familles, parfois comme support aux intervenants.
Selon plusieurs associations américaines, une véritable approche
intégrée doit essentiellement satisfaire aux critères
suivants[100] :
- Une collaboration intersectorielle basée sur le partenariat de plusieurs
intervenants (justice des jeunes, éducation, santé mentale,
santé et services sociaux, groupes communautaires, etc.). Une organisation
doit assumer le leadership de la concertation.
- Un plan de travail bien établi (la clientèle cible, les actions
et les services à rendre, les résultats à atteindre
et les indicateurs de rendement, les investissements en ressources humaines
et financières, etc.).
- Des plans personnalisés de traitement développés en
concertation avec les différents services de la collectivité pour
répondre directement aux besoins des jeunes, et fournir aux familles
des conseils sur la démarche et les étapes à suivre.
- Une mise à jour régulière des plans de traitement
de façon à pouvoir faire état de l'avancement positif
du jeune et de ses difficultés.
Objectifs
Les programmes basés sur une approche intégrée visent à :
- Réduire l'utilisation des programmes prédéterminés
et traditionnels de traitement.
- Supporter et guider les familles dans leur démarche.
- Améliorer les soins et services offerts aux jeunes les plus à risque.
- Combiner, de façon personnalisée, plusieurs services et réseaux
de soutien autour des jeunes à risque.
Les programmes axés sur une approche intégrée
| Titre |
Groupe cible |
Problématiques et facteurs de risque ciblés |
Résultats et classification [91] |
Multi-Systemic Therapy (MST)
Parfois classé sous thérapie familiale. |
Groupe d'âge :
12-17 ans (filles et garçons)
Jeunes ayant des problèmes chroniques de violence, d'abus de
substances et qui sont à risque de placement. |
Problématiques :
- agression et violence;
- abus de substances.
Facteurs de risque :
- mauvaise gestion des conflits familiaux;
- mauvaise supervision parentale.
|
Résultats :
- la réduction du taux de récidive varie entre 25% et
70%;[97]
- la réduction du taux de placements des jeunes varie entre
47% et 64%;[97]
- comparés aux jeunes ayant reçus des services traditionnels,
ceux du MST ont connu une baisse significative de l'activité criminelle;[94]
- MST est l'un des programmes les plus efficaces chez les adolescents
agressifs et antisociaux; [101]
- comparativement aux jeunes en placement traditionnel, les jeunes
du MST ont diminué leur taux d'arrestation, la délinquance
auto-déclarée et le nombre d'agressions envers d'autres
jeunes.[102]
Niveau de classification :
- I: exemplaire
- II: exemplaire
|
CASASTART (Striving Together to Achieve Rewarding Tomorrows)
Également connu sous le nom de Children at Risk
Aussi considéré comme thérapie familiale |
Groupe d'âge :
8-13 ans (filles et garçons)
Jeunes à risque de s'impliquer dans des activités criminelles
ou qui présentent un problème d'abus de substances. |
Problématiques :
- délinquance;
- abus de substances;
- agression et violence;
- problèmes scolaires.
Facteurs de risque :
- parents impliqués dans des activités criminelles ou
ayant des antécédents criminels;
- mauvaise supervision parentale;
- mauvaise gestion des conflits familiaux;
- faible lien d'attachement;
- violence familiale;
- instabilité familiale.
|
Résultats :
Après 1 an, les jeunes qui ont participé à CASASTART,
comparés aux jeunes du groupe témoin[103]
- ont un taux de consommation de drogues moins élevé (56%
versus 63%);
- ont vendu moins de drogues (14% versus 24%);
- et ont commis moins de crimes violents (22% versus 27%).
Niveau de classification :
|
Wraparound Milwaukee
S'accompagne aussi de thérapie familiale. |
Groupe d'âge :
13-17 ans (filles et garçons)
Jeunes qui présentent des problèmes émotionnels
et de comportements/ jeunes ayant des besoins en santé mentale. |
Problématiques :
- délinquance;
- abus de substances;
- agression et violence.
Facteurs de risque :
- parents impliqués dans des activités criminelles ou
ayant des antécédents criminels;
- mauvaise supervision parentale;
- mauvaise gestion des conflits familiaux;
- violence familiale;
- frère/soeur ayant des problèmes de comportements;
- utilisation des punitions physiques;
- discipline incohérente.
|
Résultats :
- des évaluations pré et post test montrent que les jeunes
impliqués dans Wraparound ont diminué leur taux de récidive
et amélioré leur fonctionnement à l'école, à la
maison et dans la collectivité;
- après un suivi de 1 an, le taux d'infractions a diminué au
niveau de la violence sexuelle (de 14% à 2%), des crimes contre
la propriété (de 42% à 15%), des agressions (de
20% à 5%), et des crimes reliés aux armes à feu
(de 11% à 3%).[93]
Niveau de classification :
|
All Children Excel (ACE) |
Groupe d'âge :
6-15 ans (filles et garçons)
Jeunes qui présentent des risques élevés de délinquance
chronique et de violence. |
Problématiques :
- délinquance;
- agression et violence;
- problèmes scolaires.
Facteurs de risque :
- parents impliqués dans des activités criminelles ou
ayant des antécédents criminels;
- mauvaise supervision parentale;
- mauvaise gestion des conflits familiaux;
- faible lien d'attachement;
- violence familiale;
- frère/soeur ayant des problèmes de comportements;
- utilisation des punitions physiques;
- discipline incohérente.
|
Résultats :
- une évaluation portant sur les années 1999-2003 a démontré que
les jeunes ayant participé à ACE ont fréquenté l'école
régulièrement, ont été acceptés à l'école
secondaire, ont amélioré leurs attitudes et comportements
en milieu scolaire;[104]
- pour des jeunes qui présentent le même niveau de risque,
ceux ayant participé à ACE ont un taux de récidive
moins élevé (35% versus 57%);
- sur une période de 4,5 ans, 86% des jeunes de ACE n'ont pas
eu de nouvelles accusations.[105]
Niveau de classification :
|
SNAP™ Under 12 Outreach Project (ORP)
S'accompagne aussi de thérapies familiales et de formations aux
parents. |
Groupe d'âge :
6-12 ans (garçons seulement)
Garçons ayant commis des infractions ou qui présentent
de sérieux problèmes de comportements.
Note : pour les filles, depuis 1996, il y a le programme SNAP™ Girls
Connection. |
Problématiques :
- délinquance;
- agression et violence.
Facteurs de risque :
- conduites parentales inadéquates;
- mauvaise supervision parentale.
|
Résultats :
Comparés à un groupe témoin, les participants de
SNAP™.[93]
- ont eu une diminution des problèmes individuels (inquiétude,
dépression);
- ont amélioré leurs compétences sociales (meilleures
relations avec les pairs, participation à des activités);
- ont diminué leur taux d'agression et de délinquance;
- 60% des enfants à haut risque qui ont participé à ORP
n'ont pas de casier judiciaire;
- démontrent des habiletés positives après le
traitement, tissent des liens positifs avec les professeurs, les amis
et les membres de la famille, et ils ont moins tendance à fréquenter
de « mauvais amis »; et,
- les parents éprouvent moins de difficultés dans les
relations avec leurs enfants et ils ont confiance de pouvoir superviser
adéquatement leur comportement.
Niveau de classification :
|
Éléments clés de
la réussite des programmes en milieu familial
Les résultats présentés précédemment illustrent
qu'il est possible d'intervenir de façon efficace auprès des
familles vulnérables pour réduire et prévenir les risques
de délinquance chez les jeunes.[106] Voici
quelques éléments clés de la réussite de ces programmes.[107]
La combinaison des stratégies d'intervention
- Les connaissances actuelles démontrent que les programmes qui combinent
une formation destinée aux jeunes et une formation aux parents ont
un impact plus important sur l'atténuation des facteurs de risque
et sur le renforcement des facteurs de protection que les programmes qui
ciblent seulement le jeune ou seulement les parents.[108]
- Les programmes qui combinent des stratégies d'intervention diversifiées,
qui utilisent une approche intégrée et qui impliquent plusieurs
acteurs ont de meilleures chances de succès.[109]
- Dans cette optique, pour obtenir de meilleurs résultats, il est
fortement suggéré de combiner une intervention en milieu familial
et en milieu scolaire.[110]
- Agir sur les facteurs de risque qui peuvent se modifier (c'est-à-dire
sur les facteurs de risque dynamiques plutôt que sur ceux statiques);
par exemple, les pratiques parentales, la supervision, la gestion des conflits,
etc.
Conception et déroulement du programme
- Utiliser une approche structurée et proposer des activités
diversifiées.
- S'échelonner sur une période de temps assez longue, surtout
pour les familles qui présentent des risques élevés,
pour créer des effets à long terme. Plusieurs projets échouent
parce qu'ils sont trop courts et ne laissent pas assez de temps aux parents
d'acquérir de nouvelles habiletés.
- Tenir compte de l'âge et du sexe des jeunes.
- Tenir compte également des spécificités ethniques
et culturelles. Des recherches plus approfondies sur les éléments
clés d'une intervention réussie auprès des communautés
ethniques et culturelles doivent être menées pour mieux comprendre
l'influence de l'appartenance culturelle dans le déroulement et la
réussite des programmes.
- S'assurer que le personnel engagé dans la mise en oeuvre et le déroulement
des programmes possède les qualifications académiques nécessaires,
l'expertise et les traits de personnalité adéquats.
Conclusion
Tel que le suggère les résultats présentés dans
ce rapport, les programmes de prévention et de traitement auprès
des familles vulnérables sont efficaces et, par le fait même,
ces programmes doivent être inclus dans une démarche et une stratégie
globale de prévention et de réduction de la délinquance
et de la récidive chez les jeunes qui présentent des risques élevés.
La famille étant un milieu de vie important dans le développement
positif des jeunes, il faut considérer la nécessité de
mettre en place des programmes qui ont démontré leur efficacité et
offrir aux jeunes à risque et leur famille des activités de formation
et d'apprentissage, des thérapies ou des plans de traitement intégrés
et personnalisés.
Or, la famille étant à l'intersection de plusieurs milieux de
vie, que l'on pense seulement aux pairs, à l'école ou au quartier,
elle doit être comprise comme un système de relations influencé par
plusieurs facteurs de risque et de protection, issus à la fois de l'influence
de ces milieux de vie, à la fois de sa dynamique interne et de ses caractéristiques.
Pour cette raison, en matière d'intervention, il n'existe pas de vérité absolue
ni un seul programme qui s'applique à l'ensemble des familles dites à risque.
La réalité des familles à risque se décline sur
un continuum et une intervention personnalisée et individualisée,
tenant compte de la spécificité de chaque famille, permet de
cibler de façon adéquate le noyau central des facteurs de risque
sur lesquels il faut agir ainsi que les facteurs de protection déjà en
place sur lesquels un renforcement doit être fait.
Cette intervention ciblée doit reposer sur une évaluation de
la réalité et des besoins des familles ainsi que sur un bagage
de connaissances scientifiques solides et actuelles sur les familles vulnérables.
En matière de connaissances scientifiques, cette recherche exploratoire
a permis de dresser un portait d'ensemble des connaissances et, par le fait
même, ceci a permis de mettre en évidence des limites auxquelles
la recherche est confrontée. Une meilleure connaissance des facteurs
de protection et de leur rôle en fonction de l'âge des jeunes et
une meilleure connaissance de la situation dans les familles autochtones et
les façons d'intervenir efficacement avec elles sont des limites sur
lesquelles des recherches devraient être menées.
Enfin, à titre de suggestions pour des pistes de recherches futures,
des études approfondies pourraient être menées au niveau
des coûts-bénéfices engendrés par les programmes
de prévention basés sur les familles à moyen et long terme
dans les domaines, par exemple, de la justice, de la santé, de l'employabilité,
du traitement des dépendances, etc. et, en parallèle, des études
longitudinales pourraient être développées sur les impacts à long
terme des programmes de prévention et de traitement sur la trajectoire
de vie des jeunes de ceux qui y ont participés.
APPENDIX
Fiches techniques des programmes
Preventive Treatment Program
"The Preventive Treatment Program was aimed at disruptive kindergarten boys
and their parents, with the goal of reducing short- and long-term antisocial
behaviour." (OJJDP)
Ce programme, connu aussi sous le nom de Montreal Prevention Experiment,
s'adresse aux garçons de 7 à 9 ans identifiés par les
professeurs comme ayant des comportements turbulents à l'école.
Les objectifs du Preventive Treatment Program sont de réduire
:
- la délinquance,
- la consommation de drogues et
- l'implication dans des gangs.
Méthodologie
- Ce programme offre une formation de deux ans aux parents et aux garçons.
Formation aux parents
- La formation aux parents est basée sur un modèle développé par
le Oregon Social Learning Center.
- Les parents participent à des sessions de formation sur l'apprentissage
d'habiletés concernant : la gestion des crises familiales, le renforcement
positif et l'utilisation d'une discipline cohérente.
- L'objectif visé par la formation aux parents est de les outiller
pour qu'ils soient en mesure d'influencer positivement leur enfant et de
modifier son comportement.
- Les garçons sont invités à participer aux sessions
de formation des parents mais leur présence n'est pas obligatoire.
- Au total, sur une période de deux ans, les parents participent,
en moyenne, à 20 sessions de formation.
- Les intervenants aident les parents à appliquer à la maison
ce qu'ils ont appris et les professeurs sont encouragés à s'impliquer
et à participer.
Formation aux garçons
- La formation des garçons se déroule en milieu scolaire.
- Des groupes de jeunes sont formés (1 ou 2 garçons turbulents
jumelés avec 3 à 5 garçons non turbulents).
- L'emphase est mise sur la promotion des compétences sociales et
sur la gestion des émotions par l'apprentissage d'habiletés
pour résoudre les problèmes, gérer les conflits, et
le contrôle de soi.
- Les sessions à l'école utilisent des méthodes interactives
(par exemples, jeux de rôle, coaching) et des techniques comportementales
pour modifier de façon positive le comportement des jeunes et favoriser
l'apprentissage d'habiletés et de compétences positives.
- Au total, durant deux ans, les garçons reçoivent 19 sessions
:
- La première année (9 sessions de formation) se concentre
sur le développement d'habiletés sociales (par exemple,
comment entrer en contact avec une autre personne).
- La deuxième année (10 sessions de formation) se concentre
sur la promotion du contrôle de soi (par exemple, qu'est-ce que
je fais quand je suis fâché).
Renseignements additionnels
Formation aux parents
- Les sessions de formation aux parents sont assurées par 4 professionnels
: 2 travailleurs sociaux spécialisés dans le domaine de l'enfance,
1 travailleur social et 1 psychologue. Ce sont les mêmes personnes
qui assurent la formation des parents à la maison et la formation
des garçons en milieu scolaire.
- Les parents assistent à environ 20 sessions de groupe toutes les
2-3 semaines pendant 2 ans.
- La durée de la formation des parents dépend de leur facilité à appliquer
les nouvelles connaissances et habiletés apprises (ce sont les professionnels
qui les évaluent et jugent de poursuivre ou d'arrêter les sessions).
Formation aux garçons
- Les sessions de formation aux garçons sont assurées par les
mêmes professionnels que la formation aux parents.
- Les sessions ont lieu tous les 15 jours à raison d'environ 45 minutes
la session.
- Elles se déroulent du mois de novembre à avril pendant 2
années consécutives.
- Les professionnels responsables de ces sessions rencontrent les professeurs
pour les conseiller sur le genre de renforcement à offrir aux jeunes.
Évaluation
- À l'âge de 12 ans (3 ans après l'intervention), les
garçons du programme comparés aux ceux qui n'y ont pas participés,
sont moins nombreux à présenter des difficultés d'adaptation
en milieu scolaire (22% versus 44%) et sont moins nombreux à être
placés dans des classes spéciales (23% versus 43%).
- À l'âge de 15 ans, les garçons du programme comparés à ceux
qui n'y ont pas participé, s'impliquent moins dans les gangs, commettent
moins d'actes de délinquance (vols, vandalisme, consommation de drogues)
et ont moins d'amis qui ont déjà été arrêtés
par la police.
Références
- McCord, J., et al. 1994. "Boys' Disruptive Behaviour,
School Adjustment, and Delinquency: The Montreal Prevention Experiment". International Journal of Behavioral Development, 17(4): 739-752.
- Tremblay, R.E., et al. 1992. "Parent and Child Training
to Prevent Early Onset of Delinquency: The Montreal Longitudinal Experimental
Study," In Preventing Antisocial Behavior: Interventions From Birth Through
Adolescence. New York, N.Y.: The Guilford Press.
- Tremblay, R.E., et al. 1996. "From Childhood Physical
Aggression to Adolescent Maladjustment: The Montreal Prevention Experiment." In Preventing
Childhood Disorders, Substance Abuse, and Delinquency. Thousand Oaks, Calif.:
Sage Publications.
Parenting With Love and Limits (PLL)
"Parenting With Love and Limits® is a parenting education program that
integrates the best principles of a structural family therapy approach into
a comprehensive program for juvenile delinquent populations." (Brush Dance
Clinic)
Parenting with Love and Limits (PLL) est un programme d'intervention qui intègre
la thérapie de groupe et la thérapie familiale. Ce programme
s'adresse aux jeunes âgés de 10 à 18 ans identifiés
(ou diagnostiqués) comme ayant de sérieux problèmes émotionnels
ou de comportements, des problèmes de consommation d'alcool ou de drogues,
des idées suicidaires et/ou des problèmes de dépression.
Les objectifs de PLL sont de :
- réduire l'incidence des problèmes chez les jeunes à risque;
- développer chez les parents et les jeunes de nouvelles habiletés
sociales et aptitudes;
- prévenir les rechutes en aidant les parents et les jeunes à bien
utiliser dans leur vie quotidienne leurs nouvelles habiletés et aptitudes.
Méthodologie
- PLL fonctionne avec des thérapies de groupe et des thérapies
familiales : en thérapie de groupe (environ 6 sessions), les parents
et les jeunes apprennent de nouvelles habiletés et en thérapie
familiale (4 sessions ou plus), ils participent à des jeux de rôle
pour mettre en pratique ce qu'ils ont appris.
- PLL se base sur l'échelle en 6 étapes vers le changement
(Savannah Family Institute, Inc.) (précontemplation, contemplation,
préparation, action, maintien, clôture).
- Thérapie de groupe :
- Les groupes se composent au maximum de six familles et de 15 personnes
(les frères et soeurs peuvent participer à la thérapie
de groupe).
- Les groupes sont sous la supervision de deux intervenants.
- La thérapie de groupe se déroule sur 6 semaines à raison
de 2 heures par semaine.
- Durant la première heure, les parents et les jeunes se réunissent ensemble et durant la deuxième
heure, ils forment deux groupes séparés. Chaque groupe avec est accompagné d’un intervenant.
- Thérapie familiale :
- Durant la thérapie familiale, les jeunes et les parents se réunissent
individuellement avec un intervenant.
- La thérapie familiale, dont la durée varie entre 1 et
2 heures, sert à mettre en pratique les nouvelles qualifications
qui ont été apprises en thérapie de groupe.
- De 3 à 4 sessions de thérapie familiale sont recommandées
pour les jeunes à faible risque et jusqu'à 20 sessions
pour ceux qui présentent des risques élevés.
Renseignements additionnels
- Durant les sessions de groupe et les thérapies familiales, les intervenants
sont équipés de manuels détaillés sur le traitement
et les démarches à suivre.
- De leur côté, les parents et les jeunes ont des cahiers d'activité.
- Pour obtenir des précisions sur les détails de mise en oeuvre,
consulter le site Internet Parenting with Love and Limits – PLL, an
Evidence-Based Treatment Model for Mental Health à l'adresse suivante
: http://www.gopll.com/ (en anglais)
Évaluation
- Comparés à un groupe contrôle, les jeunes du PLL ont
montré une réduction significative de l'agressivité,
de la dépression et du déficit de l'attention.
- Les familles participantes à PLL ont également amélioré la
communication parent-enfant.
- Après une période de suivi de 12 mois, les jeunes du PLL,
comparés à un groupe contrôle, avaient un taux de récidive
moins élevé (16% versus 55%).
Références
- Sells, S.P., T.E. Smith, and J. Rodman. 2006. "Reducing
Substance Abuse through Parenting With Love and Limits.", Journal of Child and Adolescent Substance Abuse, (15): 105-115.
- Parenting With Love and Limits - PLL: http://www.gopll.com/ (en
anglais)
Focus on Families
"As a result of Focus on Families, parents are expected to have less risk
for relapse, to be better skilled to cope with relapse incidents, and to
have decreased drug use episodes." (Strengthening Families)
Focus on families est un programme conçu pour les parents toxicomanes.
Ce programme s'adresse aux familles dont l'un des parents est sous traitement
de méthadone et dont les enfants sont âgés entre 3 et 14
ans. Il est préférable que les parents aient au moins complété 90
jours de traitement sous la méthadone avant de débuter ce programme.
Les objectifs sont de :
- prévenir les rechutes;
- aider et outiller les parents pour qu'ils fassent face à leur problème
de dépendance;
- réduire les risques que les enfants de ces familles développent également
des problèmes de consommation.
Méthodologie
- Ce programme combine une formation aux parents et des services à domicile.
- Les familles éligibles participent d'abord à une retraite
familiale de 5 heures.
- Cette retraite est ensuite suivie de 32 sessions de formation destinées
aux parents (environ 16 semaines). Chaque session de formation dure 1h30
et se déroule 2 fois par semaine avec un groupe formé de 6 à 8
familles.
- La supervision de ces sessions est assurée par une personne qui
possède une formation en thérapie et une expérience
de travail en traitement de la toxicomanie.
- Ces sessions de formation abordent les sujets suivants : identifier des
objectifs familiaux; améliorer la communication familiale; savoir
gérer les crises; créer des opportunités de vivre dans
une famille sans drogues; aider les enfants à réussir à l'école;
apprendre aux enfants à développer des habiletés.
- Les enfants assistent à 12 sessions dans lesquelles ils apprennent à développer
des habiletés avec leurs parents.
- Un service de visite à domicile est également offert pendant
9 mois par une personne qui possède une formation en thérapie
et une expérience de travail en traitement de la toxicomanie.
- Les visites à domicile débutent 1 mois avant le début
des sessions de formation offertes aux parents pour les motiver et les encourager.
- Les visites à domicile doivent continuer environ 4 mois après
la fin des sessions de formation pour assurer un suivi.
Renseignements additionnels
- Les sessions de formation aux parents nécessitent 2 thérapeutes
expérimentés dans le domaine du traitement des toxicomanes.
- Les sessions de formation où les enfants sont présents nécessitent
2 autres thérapeutes.
- Le programme nécessite également un directeur de cas pour
les visites à domicile.
- Les manuels de formation et les cahiers d'enseignement doivent être
achetés (environ 200 $).
- La formation pour le programme est disponible par les concepteurs.
- Les coûts varient selon la longueur et l'intensité de la formation.
- Il est recommandé d'offrir des collations, un service de transport
et un service de garde pour les plus jeunes enfants.
- Le programme utilise une rétroaction à partir d'enregistrements
vidéo.
- Ce projet est aussi connu sous le nom de The Families Facing the Future.
Évaluation
- Après un suivi de 12 mois, les parents ayant participés au
programme, comparés à ceux du groupe contrôle, rapportent
moins de conflits conjugaux, sont davantage capables de faire respecter les
consignes à la maison et ont réduit leur consommation d'héroïne
de 65%.
- Après un suivi de 24 mois, les jeunes ayant participés au
programme rapportent moins de problèmes de comportements et une consommation
de drogues moins élevée que les jeunes du groupe contrôle.
Références
- Bry, B. H., et al. 1998. "Scientific Findings From Family
Prevention Intervention Research." In R. S. Ashery, E. B. Robertson, & K.
L. Kumpfer (Eds.), NIDA Research Monograph: Vol. 177. Drug Abuse Prevention
Through Family Interventions (pp. 103-129). Rockville, MD: National
Institute on Drug Abuse.
- Social Development Research Group: http://depts.washington.edu/sdrg/FOF.htm (en
anglais)
Functional Family Therapy (FFT)
"Functional Family Therapy is a short-term approach designed to engage and
motivate youths and families to change negative affect." (OJJDP)
Functional Family Therapy est un projet de prévention et d'intervention
centré sur les familles et qui s'adresse aux jeunes de 11 à 18
ans ayant de sérieux problèmes de comportements, d'abus de drogues
et de violence. Ce projet a été appliqué avec succès
avec différents groupes ethniques, et dans différents contextes
socioéconomiques.
FFT est un programme de prévention multi-systémique qui vise à :
- réduire le négativisme associé aux familles à risque;
- renforcer les liens d'attachement au sein de la famille;
- améliorer la capacité des parents à gérer les
conflits familiaux;
- développer des comportements positifs;
- renforcer les habiletés parentales pour qu'ils soient en mesure
de fournir à leurs enfants une discipline cohérente et structurée.
Méthodologie
- FFT est considéré comme un programme court, délivré par
des thérapeutes au domicile des familles participantes.
- FFT repose sur une approche clinique c'est-à-dire que dans chacune
des trois phases (cf. ci-dessous), le thérapeute identifie les facteurs
de risque et les facteurs de protection, et intervient auprès de la
famille et auprès de chaque individu.
- Le programme se déroule en trois phases :
- Engagement et motivation : réduire le négativisme associé aux
familles à risque.
- Changement de comportements : réduire et éliminer les
problèmes de comportements et améliorer les relations familiales.
- Généralisation : augmenter la capacité des familles à utiliser
les ressources de la collectivité et à prévenir
les rechutes.
- Un thérapeute familial travaille avec une famille à la fois.
- Les familles ayant de multiples problèmes intègrent à leur
thérapie un traitement familial.
- FFT se déroule généralement sur une période
de 3 mois (d'une session de 8 à 12 heures pour les cas légers à 30
sessions pour les familles en difficulté, avec une moyenne de 12 sessions
par famille).
Renseignements additionnels
- FFT combine et intègre des principes empiriques et une expérience
clinique.
- Une équipe FFT se compose de 3 à 8 cliniciens; ceux-ci reçoivent
une formation intensive et soutenue, et une période de suivi de 12
mois sous forme de conversation téléphonique avec les responsables
du programme.
- La mise en oeuvre du programme FFT obtient du succès parce qu'il
s'agit d'un programme multisystémique qui met l'emphase sur la formation
des thérapeutes, la communauté, et le système clinique
de traitement.
- Coût du programme: en moyenne, par famille, pour 12 visites, le coût
varie de 1 350 $ à 3 750 $ (Lawrence A. et al. 2001).
Évaluation
- Comparé aux services de probation traditionnels, aux traitements
résidentiels ou aux approches thérapeutiques alternatives,
FFT obtient de meilleurs résultats sur la diminution du taux de récidive.
- FFT réduit également les chances que les frères et
soeurs du jeune commettent des actes de délinquance.
- FFT réduit le nombre de placements dans les centres de traitement
spécialisés.
- Très bon ratio coût-efficacité: 700 $ à 1 000
$ par famille participant au FFT, comparativement à un minimum de
6 000 $ par jeune en placement (Mihalic S., Irwin K., et al., 2001).
- L'efficacité de cette approche est démontrée par plusieurs
travaux depuis environ 25 ans (Greenwood P., 2004).
Références
- Mihalic, S., K. Irwin, et al. 2001. "Blueprint for Violence
Prevention." Juvenile Justice Bulletin. Washington: US Department
of Justice, Office of Justice Programs, Office of Juvenile Justice and Delinquency
Prevention.
- Sexton, T., and J. Alexander. 2000. "Functional Family
Therapy." In Justice Juvenile Journal. Washington: Family Strengthening
Series, US Department of Justice, Office of Justice Programs, Office of Juvenile
Justice and Delinquency Prevention.
- Functional Family Therapy: http://www.fftinc.com/
Multidimensional Treatment Foster
Care (MTFC)
"Community foster families are recruited and trained to provide out-of-home
placements for juvenile offenders or children at risk for detention." (OJJDP)
MTFC, parfois appelé Treatment Foster Care, est un programme alternatif
au placement résidentiel traditionnel, l'incarcération ou l'hospitalisation
des jeunes âgés de 11 à 18 ans ayant des problèmes
chroniques de violence et de délinquance. Les jeunes sont placés
dans une famille MTFC (multidimensional treatment foster care family) durant
6 à 9 mois où ils reçoivent un traitement intensif. Durant
ce temps, la famille d'origine du jeune suit une thérapie et les parents
reçoivent également une formation.
Le programme est basé sur la théorie de l'apprentissage social
selon laquelle les contextes sociaux et les interactions quotidiennes influencent
les comportements autant positifs qu'antisociaux chez les jeunes.
Les objectifs poursuivis par le programme MTFC sont de :
- réduire les comportements criminels et la consommation de drogues;
- améliorer la participation à l'école;
- réduire les associations avec des jeunes délinquants;
- augmenter les habiletés des jeunes pour que le retour dans leur
famille d'origine se fasse sans heurts et pour éviter les rechutes.
Pour les familles d'origine, le traitement MTFC cherche à :
- améliorer les habiletés parentales par l'entremise d'une
discipline efficace et cohérente;
- accroître la participation et l'implication des parents envers leurs
enfants.
Méthodologie
- MTFC comprend plusieurs activités d'intervention notamment : la
formation aux parents de la famille d'origine; le soutien aux parents de
la famille MTFC; la thérapie de famille pour les parents biologiques;
le développement d'habiletés chez les jeunes; la thérapie
pour les jeunes; le support académique et les interventions pour impliquer
l'école dans la démarche et, si nécessaire, une consultation
psychiatrique.
- Le traitement du jeune se compose de 3 dimensions qui fonctionnent ensemble
:
- La famille MTFC : les jeunes sont envoyés dans
une famille MTFC. Les parents MTFC reçoivent au préalable
une formation complète, ce qui leur permet de superviser adéquatement
les jeunes et d'intervenir de façon personnelle auprès
de chaque jeune. À tous les jours, les parents MTFC informent
le coordonnateur sur les changements de chaque jeune. En fonction des
changements de chaque jeune, le coordonnateur conseille les parents MTFC
sur ce qu'ils doivent faire.
- La famille d'origine : les parents reçoivent
une formation et suivent une thérapie. Ils apprennent à utiliser
une discipline cohérente, à encourager et à utiliser
des techniques semblables à celles de la famille MTFC. Cette formation
vise également à développer des relations familiales
positives et à réduire les conflits au moment où le
jeune revient dans sa famille.
- L'équipe d'intervention du projet (treatment team) : cette équipe
est gérée par un coordonnateur (le même qui conseille
la famille MTFC) et se compose de deux thérapeutes (un thérapeute
pour les sessions familiales et un thérapeute pour les sessions
individuelles), d'un psycho-éducateur et d'une secrétaire.
- Il existe actuellement 3 versions du MTFC : pour les 3-5 ans, les 6-11
ans et les 12-17 ans.
Renseignements additionnels
- Les familles MTFC bénéficient du soutien d'un coordonnateur.
C'est le coordonnateur qui se charge du programme de traitement des jeunes
et, à tous les jours, les familles appellent le coordonnateur pour
l'informer des améliorations ou des difficultés du jeune.
- Les contacts réguliers entre les familles MTFC et le coordonnateur
sont la pierre angulaire du succès de ce programme.
- Ces familles sont formées pendant 20 heures aux principes de la
théorie sociale de l'apprentissage et elles reçoivent une compensation
financière.
- Ces familles sont parfois difficiles à recruter.
- Mis en place en 2002, les consultants TFC Inc. sont chargés de conseiller
et d'appuyer les intervenants qui veulent démarrer le programme MTFC.
- Le budget doit inclure les coûts en ressources humaines, les coûts
matériels pour équiper le personnel, les compensations financières
pour les familles MTFC, et les dédommagements pour l'équipe
d'intervention MTFC (surtout pour les frais liés aux déplacements).
Évaluation
- Après un suivi de 12 mois, les jeunes de MTFC, comparés à ceux
d'un groupe contrôle, ont passé 60% moins de jours en prison,
ont été arrêté moins souvent et ont consommé moins
de drogues dures.
- Cette même évaluation révèle que les garçons
ayant complété le traitement ont une meilleure santé mentale,
de meilleurs résultats scolaires et ont une attitude de la vie plus
positive.
- MTFC est l'un des programmes qui s'adaptent très bien aux besoins
particuliers rencontrées chez les filles délinquantes (Sherman
F. 2005). Après un suivi de 2 ans, les filles de MTFC ont passé 100
jours de moins dans les services de détention comparativement aux
filles du groupe contrôle.
- Après un suivi de 2 ans, les économies réalisées
grâce à un niveau moins élevé d'incarcération
sont de 122 000 $. (Mihalic, Irwin et al., 2001).
Références
- Chamberlain, P. and J. Reid. 1998. "Comparison of Two
Community Alternatives to Incarceration for Chronic Juvenile Offenders." Journal
of Consulting and Clinical Psychology, 66(4): 624-633.
- MTFC: http://www.mtfc.com/index.html (en
anglais)
Brief Strategic Family Therapy (BSFT)
"BSFT is based on the assumption that the family-one of the most important
and influential systems in the lives of children and adolescents-provides
the foundation for child development. As a result, BSFT conceptualizes and
intervenes to change youth behavior problems at the family level." (BSFT
Web site)
Brief Strategic Family Therapy (BSFT) est une thérapie familiale de
courte durée conçue pour traiter et prévenir les problèmes
de comportements chez les jeunes de 8 à 18 ans. BSFT cible les jeunes
qui présentent ou qui sont à risque de présenter des problèmes
de comportements, notamment la consommation de drogues et le décrochage
scolaire.
L'approche de BSFT conçoit la famille comme le point central dans le
développement des jeunes. La famille joue un rôle de protection
contre les influences négatives d'où l'importance d'agir sur
la famille.
Les objectifs de BSFT sont essentiellement de :
- réduire les problèmes de comportements du jeune;
- améliorer le fonctionnement de la famille en réduisant les
effets négatifs des facteurs de risque et en renforçant les
facteurs de protection.
Méthodologie
- La thérapie est conçue pour répondre aux besoins de
chaque famille.
- Par l’entremise de coaching, le thérapeute s’assure de modifier les interactions entre les parents et
le jeune.
- Les techniques principales utilisées sont : l'engagement (les familles
décrivent la façon dont fonctionne leur famille), le diagnostic
(identifier les interactions inefficaces et les forces de la famille), et
la restructuration (modifier les interactions négatives en des interactions
positives).
- La durée du traitement varie de 12 à 15 sessions sur une
période d'environ 3 mois.
- Chaque session dure de 60 à 90 minutes.
- Pour les familles qui présentent des problèmes plus graves,
la durée du traitement peut doubler.
- La thérapie peut prendre place à la maison, en clinique ou
dans des centres communautaires.
Renseignements additionnels
- Le personnel requis pour mettre en application la BSFT inclut : des thérapeutes
et un surveillant clinique.
- Un thérapeute peut s'occuper, à temps plein, d'un maximum
de 20 familles.
- Les thérapeutes doivent détenir un diplôme de deuxième
cycle en santé mentale, en travail social ou dans une discipline connexe.
- Il est préférable que les thérapeutes aient au moins
3 ans d'expérience clinique.
- Les coûts de déplacement des thérapeutes doivent être
pris en considération.
- Le Center for Family Studies offre des services de formation pour satisfaire
les besoins de ceux qui souhaitent mettre en oeuvre BSFT selon le niveau
d'expérience clinique du personnel et les besoins particuliers des
familles à traiter. Cette formation dure environ 5 jours pour un coût
d'environ 18,000 $.
Évaluation
- BSFT a été développé par le Center for Family
Studies, département de psychiatrie et des sciences sociales de l'Université de
Miami.
- Ce modèle a reçu plusieurs prix de reconnaissance du gouvernement
et des agences privées.
- BSFT est considéré comme un modèle très efficace
au niveau des communautés culturelles.
- Ce programme, comparé aux autres formes de thérapies familiales,
obtient un meilleur taux de participation des familles (81% versus 61%)
et les familles sont plus nombreuses à terminer le programme (71%
versus 42%).
- Ce programme a été certifié comme programme modèle
par le Substance Abuse and Mental Health Services Administration [SAMHSA].
Références
- Robbins, M.S. and J. Szapocznik. 2000. Brief Strategic
Family Therapy. Juvenile Justice Bulletin. Washington: Family Strengthening
Series, US Department of Justice, Office of Justice Programs, Office of
Juvenile Justice and Delinquency Prevention.
- Robbins, M.S., et al. 2001. "Assessing Changes in Family
Interaction: The Structural Family Systems Ratings." In Family Observational
Coding Systems: Resources for Systemic Research. Hillsdale, New Jersey:
Erlbaum.
- Robbins, M.S., et al. 2003. "Brief Strategic Family Therapy
for Hispanic Youth." Evidence-Based Psychotherapies for Children and
Adolescents. New York: Guilford.
- Szapocznik, J., et al. 2002. "Brief Strategic Family Therapy
With Behavior Problem Hispanic Youth." Comprehensive Handbook of Psychotherapy:
Volume 4. New York: Wiley.
- Brief Strategic Family Therapy: http://www.brief-strategic-family-therapy.com/bsft (en
anglais)
Multidimensional Family Therapy (MDFT)
"MDFT targets the known areas of risk associated with adolescent drug abuse
and delinquency and enhances those protective factors and processes known
to promote successful teen and family development." (Strengthening Families)
Multidimensional Family Therapy est un traitement complet multidimensionnel
basé sur la famille qui s'adresse aux jeunes âgés de 11 à 18
ans qui présentent des problèmes de consommation de drogues et
des problèmes de comportements.
L'approche de MDFT consiste à favoriser le bon fonctionnement du jeune
dans plusieurs domaines. De façon plus spécifique, MDTF se propose
de modifier le style de vie des jeunes dans plusieurs domaines dont : les relations
amicales, la santé, la fréquentation scolaire, et les liens avec
les parents.
Le programme a été appliqué dans plusieurs communautés
culturelles et la majorité des familles traitées au moyen de
ce programme provenaient d'un quartier défavorisé. Du côté des
jeunes ayant participé au MDFT, ils sont souvent considérés
comme à risque élevé de présenter des problèmes
multiples et de s'impliquer dans des activités pouvant les conduire
vers le système de justice pour les jeunes.
Les objectifs de ce programme sont les suivants :
- réduire ou éliminer les problèmes de consommation
et les problèmes de comportements;
- améliorer le fonctionnement de la famille.
Du côté des parents, MDFT vise à faciliter l'engagement
et l'investissement des parents, améliorer la communication entre les
parents et l'adolescent, et changer les pratiques parentales inadéquates.
Enfin, pour chaque famille, il y a deux objectifs intermédiaires : aider
les jeunes à créer des liens d'attachement avec les parents,
et forger des relations positives et durables avec des groupes de pairs.
Méthodologie
- MDFT se compose de thérapies individuelles destinée aux jeunes
et de thérapies familiales.
- MDFT est un modèle flexible qui s'adapte aux besoins cliniques des
différentes populations.
- Par exemple, une version intensive de MDFT peut durer de 16 à 25
sessions (de 4 à 6 mois) tandis qu'une version moins intensive de
MDFT peut comprendre 12 sessions (environ 3 mois).
- Les sessions de thérapie ont lieu chaque semaine et elles peuvent
se dérouler dans différents endroits : à la maison,
en clinique, à l'école.
- Cinq modules d'évaluation et d'intervention structurent l'approche
de MDFT :
- Interventions avec le jeune,
- Interventions avec les parents,
- Interventions pour changer l'interaction parent-jeune,
- Interventions avec d'autres membres de la famille, et
- Interventions avec des membres externes de la famille.
Renseignements additionnels
- Le nombre de familles par thérapeute varie de 6 à 10.
- L'équipe clinique de MDFT est composée d'un surveillant clinique,
de deux à quatre thérapeutes, et selon les moyens financiers
disponibles, d'un ou deux assistants pour les thérapeutes.
- Les thérapeutes de MDFT possèdent de 2 à 3 ans d'expérience
dans le traitement des problèmes de consommation de drogues chez les
jeunes et possèdent une maîtrise dans un domaine connexe.
- La formation des thérapeutes peut varier selon les besoins de la
clientèle à traiter. De façon générale,
les thérapeutes qui mènent les sessions sont formés
en ayant pris connaissance de la thérapie MDFT, en écoutant
des vidéos ou en participant, avec d'autres thérapeutes, à des
sessions d'observation et d'apprentissage.
Évaluation
- Ce programme a été certifié comme programme modèle
par le Substance Abuse and Mental Health Services Administration [SAMHSA].
- Au niveau de la réduction du taux de consommation de drogues, la
thérapie MDFT obtient de meilleurs résultats (réduction
45%) que la thérapie de groupe (32%) ou la thérapie multi-famille
(26%).
- Comparé aux thérapies cognitives, ce programme obtient de
meilleurs résultats sur la persistance à long terme des effets
positifs. Les thérapies cognitives et MDFT obtiennent de bons résultats
concernant les changements de comportement chez les jeunes mais les effets
de MDFT sont plus persistants dans le temps.
Références
- Liddle, H.A., et al. 2001. "Multidimensional Family Therapy
for Adolescent Drug Abuse: Results of a Randomized Clinical Trial". American
Journal of Drug and Alcohol Abuse, 27(4), 651-688.
- Liddle H. 2002. Multidimensional Family Therapy for Adolescent Cannabis
Users. US Department of Health and Human Services, Substance Abuse
and Mental Health Services Administration, Center for Substance Abuse Treatment: http://www.kap.samhsa.gov/products/manuals/cyt/pdfs/cyt5.pdf (pdf)
- SAMHSA Model Programs: http://modelprograms.samhsa.gov/pdfs/model/multi.pdf (pdf
- en anglais)
Positive Parenting Program - Triple
P
"Triple P - the Positive Parenting Program - is a unique parenting and family
support strategy designed to reduce the prevalence of behavioural and emotional
problems in children and adolescents. Triple P is a multi-level system of
family intervention, which provides five levels of intervention of increasing
strength." (Sanders M., et al.)
En provenance de l'Australie, le Triple P est un modèle d'intervention
multi-niveaux destiné à la prévention et au traitement
des problèmes émotionnels et de comportements chez les enfants
et les jeunes de 0 à 16 ans.
Le modèle du Triple P, basé sur la théorie comportementale
et développementale, vise les facteurs de risque liés au développement
des problèmes affectifs et comportementaux chez les enfants. L'accent
est mis sur le soutien et les conseils pratiques donnés aux parents.
Les objectifs du Triple P sont les suivants :
- renforcer les habiletés parentales;
- fournir du soutien aux parents;
- promouvoir le bon fonctionnement de la famille;
- promouvoir les comportements non-violents;
- réduire les risques d'abus chez les enfants;
- augmenter les ressources destinés aux parents.
Méthodologie
- Le programme Triple P est divisé en 5 niveaux; la durée et
l'intensité dépend de chaque famille.
- Selon ses besoins et les problèmes qu'elle rencontre, une famille
peut participer à un niveau sans pour autant avoir passé par
les niveaux précédents.
- Les cinq niveaux se répartissent sur un continuum de services :
- Niveau 1 : prévention universelle fournissant des conseils aux
parents sur l'amélioration des soins de santé de base aux
nouveau-nés.
- Niveau 2 : offre une ou deux interventions de soins de santé aux
parents dont les enfants présentent de faibles problèmes
de comportements; les contacts avec le thérapeute sont peu nombreux.
- Niveau 3 : offre quatre sessions destinées aux parents dont
les enfants présentent des problèmes affectifs (par exemple,
trouble de l'humeur).
- Niveau 4 : cible les parents dont les enfants présentent des
problèmes de comportements plus sérieux. Ce niveau inclut
la formation comportementale intensive des parents et se déroule
sur 8 à 10 sessions.
- Niveau 5 : conçu pour les familles dont les difficultés
de fonctionnement sont aggravées par plusieurs facteurs de risque
(p. ex. dépression parentale, stress parental ou conflits entre
les conjoints).
- Le niveau 5 offre un programme intensif individualisé pour les familles
dysfonctionnelles dont les enfants sont aux prises avec des troubles de comportements.
Ce niveau comprend des séances pratiques pour améliorer les
compétences parentales et les capacités à gérer
l'humeur et le stress, notamment pour les parents qui sont à risque
d'infliger des mauvais traitements à leur enfant.
Renseignements additionnels
- Plusieurs des niveaux de l'intervention de Triple P peuvent être
délivrés sous une variété de formats : entretien
face à face, session de groupe, assistance par téléphone
ou une combinaison de plusieurs formats. Cette flexibilité permet
aux parents d'ajuster leur participation aux modalités du programme
qui leur convient le mieux.
- L'intervention inclut également la visualisation de vidéos
pour aborder une question familiale spécifique.
- Tripe P s'adapte à plusieurs populations.
- Selon les niveaux d'interventions, les praticiens impliqués dans
ce programme sont des travailleurs en santé mentale, en assistance
sociale ou d'autres professionnels de soutien dans le domaine de la santé et
de l'éducation; ces professionnels sont amenés à rencontrer
régulièrement les parents au sujet du comportement de leur
enfant.
Évaluation
- Le programme, ou l'un de ses volets, a été mis en oeuvre
dans une douzaine de pays autour du monde, notamment en Chine, en Allemagne,
en Nouvelle-Zélande, à Singapour et au Royaume-Uni (Kruger
et al. 2000).
- Vingt-cinq années de recherches et d'évaluation ont démontré que
le programme Triple P est une méthode efficace de soutien aux familles.
Références
- National Crime Prevention. 1999. Pathways to Prevention:
Developmental and Early Intervention Approaches to Crime in Australia. Canberra: Attorney-General's Department, National Crime Prevention,
Australia.
- Sanders, M., C. Markie and M.K. Turner. 2003. Theoretical,
Scientific and Clinical Foundations of the Triple P Positive Parenting
Program: A Population Approach to the Promotion of Parenting Competence. Australia:
University of Queensland, Parenting and Family Support Centre.
- Sanders, M., T. Mazzucchelli and L. Studman. 2004. "Stepping
Stones Triple P - An Evidence-Based Positive Parenting Program for Families With
a Child Who Has a Disability: Its Theoretical Basis and Development." Journal
of Intellectual and Developmental Disability, 29(3): 265-283.
- Triple P: http://www1.triplep.net/
Multisystemic Therapy (MST)
"The underlying premise of MST is that criminal conduct is multi-causal...
effective interventions would address multiple factors in youth ecology:
individual, family, peer, school and community." (Leschied A.W. & Cunningham
A.)
MST est un traitement intensif centré sur la famille qui vise les jeunes
de 12 à 18 ans considérés comme ayant de sérieux
problèmes de comportement (violence chronique, problèmes d'abus,
délinquance, etc.) et qui sont à risque de placement.
MST est basé sur une approche d'intervention multidimensionnelle qui
cible les facteurs de risque en provenance de plusieurs domaines : caractéristiques
individuelles, famille, école, amis, quartier. MST aide les parents à traiter
les problèmes de comportements de leurs enfants, à les éloigner
de leurs mauvaises fréquentations et à favoriser leur réussite
scolaire.
Les principaux objectifs de MST sont :
- réduire les comportements antisociaux des jeunes;
- réduire le nombre de placements;
- augmenter les aptitudes de la famille à résoudre les problèmes
et les conflits c'est-à-dire :
- aider les parents àmieux gérer les problèmes de
leurs jeunes pour réduire ou éliminer les placements;
- apprendre aux parents à discipliner de manière cohérente
leurs jeunes;
- identifier ce qui semble empêcher les parents d'utiliser des
conduites parentales efficaces (par exemple, les problèmes de
consommation et de santé mentale des parents);
- développer un réseau social de soutien pour les parents,
incluant la famille élargie, le voisinage, les membres de l'église,
les amis.
Méthodologie
- Les plans d'intervention, spécifiques aux besoins de chaque jeune,
se composent de thérapie familiale, de formation comportementale aux
parents et de thérapie comportementale cognitive.
- Chaque thérapeute s'occupe de 4 à 6 familles.
- Les thérapeutes utilisent les forces déjà en place
dans le réseau du jeune pour l'amener à modifier ses comportements
antisociaux.
- MST peut se dérouler dans différents endroits : à lamaison, à l'école,
dans les centres communautaires.
- MST relève d'une équipe composée de 2 à 4 thérapeutes
et de leur superviseur; cette équipe doit être disponible en
tout temps. Les membres de l'équipe détiennent un diplôme
universitaire dans une discipline appropriée.
- La durée moyenne de MST est d'environ 4 mois avec 60 heures de thérapie
familiale.
Renseignements additionnels
- Une grande partie des ressources est consacrée à la formation
des thérapeutes et à la consultation clinique continue.
- L'appui et la formation à MST est fourni sur place par MST Services,
Inc.
- Lors de la mise en oeuvre d'un programme basé sur MST, l'assistance
et le soutien au niveau de la conception, du développement et de l'exécution
du programme peuvent être obtenus par les MST Services.
- Les partenaires de la mise en oeuvre peuvent relever de plusieurs secteurs
: justice pour les jeunes, santé mentale, école, santé et
services sociaux, éducation, justice.
- L'implantation de MST est relativement coûteuse, environ 5 000 $
(US) par jeune. Par contre, MST réduit le taux de récidive,
et permet ainsi d'éviter les coûts associés au traitement
des récidivistes.
Évaluation
- Plusieurs études d'évaluation appuient l'efficacité de
MST (voir le site Internet de MST pour l'ensemble des résultats d'évaluation à l'adresse
suivante : http://www.mstservices.com/complete_overview.php (en
anglais).
- Les jeunes de MST, comparés à ceux ayant reçus un
traitement traditionnel, présentaient une réduction significative
de leur activité criminelle. Les jeunes de MST avaient également
moins de problèmes de santé mentale.
- Un suivi de 2,4 ans a montré que MST avaient doublé le nombre
de jeunes qui n'avaient pas commis de récidive comparativement aux
jeunes ayant reçus un traitement traditionnel.
- Les familles ayant participé à MST font état d'une
meilleure cohésion, de plus d'entraide et de moins de conflit et d'hostilité.
- Les résultats positifs du MST se font sentir jusqu'à 4 ans
après la fin de l'intervention.
Références
- Leschied, A.W. and A. Cunningham. 2002. Seeking Effective Interventions
for Serious Young Offenders - Interim Results of a Four-Year Randomized
Study of Multisystemic Therapy in Ontario, Canada. Centre for Children
and Families in the Justice System.
- Mihalic, S., et al. 2001. Blueprint for Violence Prevention.
Juvenile Justice Bulletin. Washington: US Department of Justice, Office of
Justice Programs, Office of Juvenile Justice and Delinquency Prevention.
- Multisystemic Therapy: http://www.mstservices.com/ (en
anglais)
CASASTART (Striving Together to Achieve
Rewarding Tomorrows)
"CASASTART is based on the assumption that, while all preadolescents are
vulnerable to experimentation with substances, those who lack effective human
and social support are especially vulnerable. It seeks to build resiliency
in youths, strengthen families, and make neighborhoods safer for children
and their families." (OJJDP)
CASASTART (Striving Together to Achieve Rewarding Tomorrows), connu également
sous le nom de Children at Risk (CAR), est un programme basé sur la
communauté, l'école et les familles. Ce programme s'adresse aux
jeunes de 8 à 13 ans qui présentent des risques élevés
de s'impliquer dans des activités criminelles ou de consommer des drogues.
Les jeunes visés par ce programme proviennent de quartiers généralement
défavorisés.
CASASTART réunit les familles, les intervenants en provenance des services
de santé et de services sociaux, les écoles et les institutions
de la justice pour les jeunes. Ce programme veut fournir aux jeunes le soutien
et les services nécessaires pour qu'ils deviennent des citoyens responsables
et respectueux des lois, et créer un environnement sécuritaire
pour les jeunes et leur famille en réduisant les crimes et les infractions
liées aux drogues.
Les principaux objectifs de CASASTART sont :
- prévenir l'abus de drogues et réduire la vente de drogue
dans la communauté;
- prévenir les crimes et la délinquance;
- améliorer l'assiduité scolaire;
- développer la collaboration entre les agences de services sociaux,
les écoles et les services d'application de la loi (police et justice)
afin de satisfaire les besoins des jeunes et de leur famille;
- améliorer la communication entre les jeunes et leur famille, et
favoriser les échanges entre les familles, les écoles et les
autres intervenants impliqués dans le programme CASASTART.
Méthodologie
Pour réduire les facteurs de risque relatifs au voisinage, à la
famille, aux amis et aux caractéristiques individuelles, ce programme
se base sur les volets suivants:
- Augmenter la présence policière dans la communauté ainsi
que leur implication et leur participation auprès des jeunes.
- La gestion de cas : les intervenants s'occupent d'un petit nombre de familles à la
fois (13 à 18 familles) ce qui permet d'assurer une attention particulière
aux besoins particuliers des jeunes et de leurs familles.
- La justice pour les jeunes : communication accrue entre les directeurs
de cas et les départements de justice pour les jeunes afin d'assurer
une surveillance et une planification adéquate pour les jeunes aux
prises avec une ordonnance de la Cour.
- Les services aux familles : divers services aux familles sont offerts par
les intervenants pour augmenter la participation des parents à la
vie de leurs enfants (par exemple, programmes spéciaux pour les parents,
conseils, activités organisées, etc.)
- Les activités après l'école et durant l'été pour
les jeunes. Ces activités comportent des activités sportives
et récréatives, mais aussi des programmes de développement
et de contrôle de soi.
- Des services d'éducation pour renforcer certaines habiletés
chez les jeunes au moyen de cours particuliers à la maison.
- Le mentorat : en groupe ou individuel, le mentorat sert à promouvoir
les changements positifs de comportements chez les jeunes.
Renseignements additionnels
- Pour établir un programme réussi de CASASTART, ces étapes
doivent être suivies :
- Phase I – Mesures initiales :
- conduire une évaluation de la communauté,
- identifier une agence qui assume le leadership,
- identifier les partenaires potentiels,
- créer un conseil consultatif et recruter ses membres,
- définir des buts réalistes. Cette phase peut prendre
de 6 à 8 mois.
- Phase II – Exécution :
- développer des protocoles d'entente,
- si nécessaire, engager des associés additionnels,
- établir des accords de confidentialité,
- commencer la livraison de services,
- commencer les réunions de CASASTART. Cette phase peut s'étendre
durant 1 an.
- Le programme s'adapte aux besoins et aux forces déjà en place
dans chaque site et d'un site à l'autre, il peut y avoir des différences
dans le niveau de développement du programme.
- Il y a des incitatifs monétaires et non-monétaires pour la
participation aux activités de CASASTART.
- CASASTART fonctionne avec des gestionnaires de cas formés par les
responsables du programme. Il est préférable que ces gestionnaires
aient un minimum d'expérience en travail social. Chaque gestionnaire
de cas s'occupe en moyenne de 15 familles.
- La coopération des services de police et des agences de la justice
juvénile est nécessaire pour aider les jeunes qui sont en période
de probation.
- Une formation et de l'assistance technique pour l'implantation de CASASTART
dans les nouveaux emplacements sont offertes par les responsables du programme,
pour un montant de 3,000 $ par jour (en 2005).
Évaluation
- Ce programme a été développé par le National
Center on Addiction and Substance Abuse de l'Université Columbia et
il a été certifié comme programme modèle par
le Substance Abuse and Mental Health Services Administration [SAMHSA].
- Après un suivi de 1 an, les jeunes de CASASTART, comparés
aux jeunes du groupe contrôle, était plus nombreux à ne
pas avoir consommé (marijuana, alcool, inhalant, tabac) (74% versus
64%), ont commis moins de crimes violents (22% versus 27%).
- Par contre, pour certains aspects, il n'y a pas de différences significatives
entre les jeunes du programme et ceux du groupe contrôle (par exemple
l'estime de soi, les comportements sexuels à risque, les crimes contre
la propriété, l'adhésion aux gangs et les contacts avec
la police).
Références
Wraparound Milwaukee
"Wraparound Milwaukee is a system of community-based care for families of
children with severe emotional, behavioral and mental health needs. This
wraparound approach is based on an identification of the services families
really need to care for a child with special needs." (OJJDP)
Wraparound Milwaukee est un système de soins intégrés
pour les jeunes âgés de 13 à 17 ans qui présentent
de sérieux problèmes émotionnels et de comportements,
et qui nécessitent des services en santé mentale.
Ce programme met l'accent sur le développement de soins appropriés
aux jeunes et à leur famille en offrant des soins intégrés
en santé mentale, en toxicomanie et en service social.
Ce programme a été conçu pour réduire l'utilisation
des soins institutionnels dans les centres de traitement et les hôpitaux
psychiatriques, tout en fournissant plus de services aux jeunes et à leur
famille.
Ce programme est sous la direction du Child and Adolescent Services, une division
du Milwaukee County Mental Health Division (Wisconsin).
Méthodologie
- Ce programme est basé sur une approche intégrée et
personnalisée des soins.
- La participation des familles est un aspect clé de la réussite
du traitement.
- Les intervenants clés de la communauté et des ressources
professionnelles sont identifiés pour participer aux services offerts
aux jeunes et à leur famille.
- Les jeunes sont référés au programme par les agents
de probation ou par les agents des services à la jeunesse.
- Ce programme s'adresse aux jeunes qui présentent de sérieux
problèmes affectifs et qui ont été identifiés
par les services de protection de la jeunesse ou par le système de
justice juvénile comme étant à risque immédiat
de placement résidentiel, correctionnel ou en centre psychiatrique.
- L'équipe chargée de l'administration du programme inclut
des coordonnateurs de soin, une équipe jeune-famille (child and family
team – CFT), une équipe mobile de crise et un réseau
de partenaires associés au programme.
Les coordonnateurs de soin :
- Les coordonnateurs de soin sont la pierre angulaire du programme.
- Ils procèdent aux évaluations, assemblent les équipes
jeune-famille, animent les réunions, aident à déterminer
les besoins et les ressources avec le jeune et la famille, aident l'équipe
en identifiant les services pour satisfaire ces besoins, assurent la livraison
des services spécifiques, et surveillent l'exécution du plan
d'intervention.
- Les coordonnateurs de ce programme travaillent avec un nombre restreint
de familles à la fois (au maximum 8 familles).
L'équipe jeune-famille :
- C'est un réseau de soutien qui comprend les membres de la famille
et les agents de probation de la justice pour les jeunes ou les travailleurs
sociaux de la protection de la jeunesse.
L'équipe mobile de crise :
- L'équipe mobile de crise offre un service continu (24 heures).
- Cette équipe est disponible pour satisfaire les besoins du jeune
et de sa famille lorsqu'un coordonnateur des soins n'est pas disponible.
- Elle se compose de psychologues et de travailleurs sociaux qualifiés
dans l'intervention en moment de crise.
- Les jeunes qui participent à ce programme sont automatiquement inscrits
dans ce service de crise, et leurs plans des soins incluent, lorsque nécessaire,
le recours immédiat à cette équipe de crise.
Un réseau de partenaires :
- Le réseau de partenaires se compose d'un large éventail de
services et de ressources pour satisfaire les besoins du jeune.
Renseignements additionnels
- Le coût moyen mensuel par famille est de 3 796 $. (Rapport annuel
du Wraparound Milwakee, 2006).
Évaluation
- En 1994, le comté de Milwaukee a reçu un financement fédéral
de cinq ans du centre des services de santé mentaux pour lancer ce
programme de soin intégré..
- Des évaluations pré-post test (après 1 an), ont montré que
le programme Wraparound Milwakee a permis de réduire chez les jeunes
du programme les taux d'infractions liés aux drogues (6% à 3%), les infractions contre la propriété (34% à 17%),
les crimes avec armes à feu (15% à 4%), les voies de fait
(14% à 7%) et les agressions sexuelles (11% à 1%).
Références
- Kamradt, B. 2000. "Wraparound Milwaukee: Aiding Youth
With Mental Health Needs" in Juvenile Justice, Vol. VII (1), Office
of Juvenile Justice and Delinquency Prevention, Washington, DC.
- Wraparound Milwaukee: http://www.city.milwaukee.gov/router.asp?docid=7851 (en
anglais)
All Children Excel (ACE)
"Deflecting Children from the Path of Violence - Intensive Early Intervention
for very young offenders." (Ed Frickson, Project Director)
Le programme ACE (All Children Excel) s'adresse aux jeunes de 6 à 15
ans qui présentent des risques élevés de devenir des délinquants
violents et chroniques, qui sont déjà impliqués dans des
activités délinquantes ou qui présentent des risques élevés
de subir des mauvais traitements. ACE veut réduire les facteurs de risque
et améliorer la résilience des familles et des jeunes.
Les objectifs de ACE sont de prévenir et de réduire :
- l'adoption de comportements délinquants sérieux et violents;
- la transmission intergénérationnelle de comportements criminels
et/ou la négligence;
- la consommation de drogues;
- la violence familiale;
- le décrochage scolaire.
Pour atteindre ces objectifs, le programme mise sur la création de
liens positifs avec l'école, la famille et les amis, sur l'amélioration
des habiletés sociales et sur la participation à des activités
de loisir.
Méthodologie
- L'identification des facteurs de risque se fait à l'aide d'une grille
développée par les chercheurs de ce programme.
- Le modèle ACE se base sur une intervention qui intègre des
intervenants en provenance de plusieurs domaines : les soins de santé mentale,
la justice pour les jeunes, l'éducation, les services policiers et
le système de protection de l'enfance.
- L'intervention de ce modèle se base également sur une collaboration
entre les parents, les jeunes, l'école et la communauté pour
réduire les facteurs de risque et renforcer les facteurs de protection.
Renseignements additionnels
- Une équipe multidisciplinaire s'assure de fournir une intervention
multidimensionnelle et un support aux familles.
Évaluation
- Ce projet a été développé en 1998 par The Ramsey
County (St. Paul), Minnesota, Board of Commissioners, pour contrer l'augmentation
du nombre de jeunes délinquants et l'entrée de plus en plus
précoce dans la délinquance.
- 6 mois après leur évaluation initiale, 35% des jeunes du
programme ACE ont commis une nouvelle infraction comparativement à 57% chez les jeunes du groupe contrôle.
- Dans la collectivité de Ramsey (St-Paul, Minnesota), à leur
13e anniversaire de naissance, 82,7% des jeunes considérés comme
très à risque commettent un délit criminel comparativement à 30,5% chez
les jeunes ayant participé à ACE.
- Le coût par jour du programme ACE est de 22 $ par jeune comparativement à 100
$ par jeune par jour pour une détention dans un établissement
correctionnel pour les jeunes.
Références
- Beuhring, T. 2003. Risk Factor Profile Instrument.
Ramsey County ACE Program. University of Minnesota.
- McVicker, C. (n.d.). Minnesota Youth ACE Intervention
Program. Children's Voice. Available at the Child Welfare League of
America Web site: http://www.cwla.org/programs/r2p/cvarticlesmn.htm (en
anglais)
- Schmitz, C. and M. Luxenberg. 2006. Final Report on
the 2005-2006 Evaluation of the Ramsey County ACE Program, November
2006.
- Site web de ACE: http://www.co.ramsey.mn.us/ph/yas/ace.htm (en
anglais)
SNAP™ Under 12 Outreach Project
(ORP)
"SNAP™ helps children and parents interrupt problematic pathways between
thinking and doing, to stop and think before they act and to learn more appropriate
ways to calm down."
SNAP™ (Stop Now and Plan) Under 12 Outreach Project est un programme
basé sur une approche intégrée qui s'adresse aux garçons
de 6 à 11 ans en contact avec les services policiers, à risque
de récidive, ou qui présentent de sérieux problèmes
de comportements. SNAP™ a été développé par
le Child Development Institute (Ontario, Canada).
ORP se base sur l'apprentissage social et les changements cognitifs et emploie
une approche multisystémique qui vise le jeune, la famille et la communauté.
Les objectifs de ce programme sont les suivants :
- empêcher les jeunes garçons d'avoir à faire avec la
police dans le futur,
- prévenir les risques de récidives,
- faciliter l'accès rapide et efficace à un éventail
de services.
Méthodologie
La stratégie de prévention développée par ce programme
se décline en trois étapes :
- Étape 1 : un protocole avec les services policiers qui s'adresse
aux jeunes déjà impliqués dans la délinquance.
Ce genre de protocole facilite la collaboration des intervenants et permet
de diriger les jeunes vers des services appropriés.
- Étape 2 : une évaluation clinique structurée des risques
chez les jeunes (garçons et filles). Il s'agit de l'approche Early
Assessment Risk List for Boys (EARL-20B) et de Early Assessment Risk List
for Girls (EARL-21G).
- Étape 3 : application, selon le genre, du programme SNAP™.
Ce programme consiste à enseigner aux enfants et aux familles des
méthodes de contrôle de soi qui permettent de s'arrêter
et de penser avant d'agir.
- Pour les garçons, il s'agit de « SNAP™ Under 12 Outreach
Project » et pour les filles, « SNAP™ Girls Connection ».
- SNAP™ Under 12 Outreach Project (ORP) est un traitement de 12 semaines
basé sur 5 composantes :
- L'apprentissage de SNAP™ : formation de groupes destinés
aux enfants pour qu'ils apprennent les techniques de contrôle de
soi et de résolution de conflits de SNAP™. Les exemples abordés
sont : comment arrêter de voler, comment gérer l'influence
des autres, comment gérer les mauvaises émotions comme
la colère et l'agressivité, et comment éviter les
ennuis.
- Un groupe de parents SNAP™ : les parents apprennent des stratégies
efficaces de gestion des comportements de l'enfant basées sur
les principes de SNAP™.
- Des rencontres individuelles pour les enfants qui n'arrivent pas à assimiler
les principes de SNAP™ et qui ont besoin d'un appui additionnel.
- Des consultations familiales basées sur Stop Now And Plan Parenting,
or SNAPP.
- Des cours d'appoint pour les enfants qui présentent des difficultés
scolaires.
- Les parents sont des participants clés du processus : ils sont encouragés à participer
aux groupes hebdomadaires qui portent sur l'apprentissage de techniques parentales
en lien avec SNAP™.
- Les rencontres ont lieu toutes les semaines durant 12 semaines.
Renseignements additionnels
- Le coût moyen des services d'ORP pour un enfant à faible risque
est environ 1,000 $ (programme de quatre mois), de 2,300 $ pour un enfant à risque
modéré (programme de six mois), et de 4,300 $ pour un enfant à haut
risque (programme de douze mois).
- SNAP™ est une marque déposée du Child Development Institute.
Pour obtenir un permis de reproduction et le matériel nécessaire,
on doit contacter le Child Development Institute.
Évaluation
- Les évaluations de SNAP™ Outreach Project (ORP) et de Girls
Connection (GC) montrent les effets positifs de ce traitement.
- Chez les jeunes de ORP et de GC, des améliorations significatives
ont été noté dans trois domaines : personnalité (angoisse,
dépression), externalité (agression, délinquance) et
les habiletés sociales (relations avec les pairs, participation à des
activités).
- Les études ont montré que les enfants qui participent au
programme ont deux fois moins de probabilités d'avoir un casier judiciaire
lorsqu'ils atteindront 18 ans.
- On constate que 60% des enfants à risque élevé qui
participent au programme n'ont pas de dossier criminel à 18 ans.
- Les jeunes du programme (ORP et GC) ont de meilleures relations avec les
professeurs, les pairs et les membres de leur famille. Ils sont davantage
conscients des effets négatifs de s'associer avec des pairs délinquants.
- Les parents ayant participé au programme (ORP et GC) ressentent
moins de stress dans leurs interactions avec leur jeune et ont une meilleure
confiance dans leur capacité de gérer convenablement les comportements
déviants de ces derniers.
- Ce programme est présentement en oeuvre dans différentes
villes au Canada, aux États-Unis, en Europe et dans les pays scandinaves.
Références
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SNAP Under 12 Outreach Project: Effects of a Community-Based Program
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Notes
- 1 Shader, 2003.
- 2 Ibid.
- 3 Hill et al.,
2001; Thornberry et al. 1998, 2004.
- 4 Hoeve et al.,
2007; Wasserman et al., 2003; Farrington and Welsh, 1999.
- 5 Loeber, Farrington
and Petechuk, 2003; Wasserman et al., 2003; Lawrence et al., 2001.
- 6 Loeber et al. 1998.
- 7 Cabinet Office,
Social Exclusion Task Force, 2007, p. 5.
- 8 McVie and
Holmes, 2005; Welsh and Farrington, 2007; Leblanc, 1999; Lacourse et al.,
2006; Thornberry, Huizinga, and Loeber, 2004; Wyrick & Howell, 2004;
Farrington et al., 2006; Loeber, Farrington and Petechuk, 2003; Hoeve et
al., 2007; Claes et al., 2005; Shader, 2003; Wasserman and Seracini, 2001;
Wasserman et al., 2003; Éthier et al., 2006, 2007.
- 9 Voir notamment,
McVie et Holmes, 2005; Loeber, Farrington et Petechuk, 2003 ; Mucchielli,
2000.
- 10 Wasserman & Seracini,
2001.
- 11 Smith,
2004-a; McVie and Holmes, 2005.
- 12 Claes
et al., 2005.
- 13 Thornberry
et al.,1998, 2004.
- 14 En
général, la supervision fait référence au contrôle
que les parents exercent sur les sorties de leurs enfants, leurs fréquentations,
leur travail à l'école, leurs activités de loisir, sur
le fait de savoir s'ils fument ou se droguent, etc. Mucchielli, 2000
- 15 Ibid.
- 16 LeBlanc,
1988, pp. 161 and 163, quoted by Mucchielli, 2000.
- 17 Smith,
2004-a.
- 18 Smith,
2004-a; McVie and Holmes, 2005.
- 19 Farrington
et al., 2006; Loeber et al., 1998.
- 20 Le problème
de la criminalité intergénérationnelle a été associé à de
nombreux facteurs de risque et facteurs de stress tels que le manque de supervision,
les placements, les multiples relocalisations, les mauvaises aptitudes parentales,
la gêne, l'isolation et la stigmatisation causée par l'incarcération
des parents. (Children of Offenders, document non publié).
- 21 Dossier
du Front nouveau de Belgique, 2002.
- 22 Selon
la théorie de l'apprentissage social, les enfants victimes ou témoins
de violence familiale auraient une plus grande probabilité, lorsqu'ils
deviennent adultes, de reproduire le même modèle familial dans
lequel ils ont grandi. (Hotton, 2003).
- 23 Ibid.
- 24 Shader,
2003.
- 25 Mayer,
M., C. Lavergne, and R. Baraldi, 2004.
- 26 Lansford,
J., et al. 2007.
- 27 Thompson
and Braaten-Antrim, 1998.
- 28 Kaufman
and Widom, 1999.
- 29 Pour
mieux comprendre la transmission et les conséquences intergénérationnelles
de la consommation de drogues, une attention particulière devra être
portée aux résultats de l'étude The Seattle Social Development
Projects – Intergenerational Project (SSDP-TIP).
- 30 McVie
and Holmes, 2005.
- 31 Hotton
and Haans, 2004.
- 32 Mucchielli,
2000.
- 33 Selon
L. Mucchielli, la relation entre délinquance et familles monoparentales
est souvent le résultat d'un double effet de stigmatisation. Elle
apparaît, d'une part, comme la conséquence du préjugé selon
lequel le parent seul serait moins capable d'élever correctement et
de contrôler son enfant que la famille stable d'apparence unie. D'autre
part, les familles dissociées et les jeunes délinquants sont
généralement issus de milieux défavorisés, leur
relation n'étant alors qu'un effet du contexte socio-économique
(Mucchielli, 2000).
- 34 Ibid.
- 35 Farrington
et al., 2006.
- 36 Ibid.
- 37 Les
transitions familiales font références à un ensemble
d'événements associés à des changements : par
exemple, au niveau de la structure familiale (divorce, re-mariage) ou au
niveau de la mobilité familiale (déménagements).
- 38 Comme
le soulignent les chercheurs, les programmes de prévention doivent
tenir compte du fait que les jeunes en période de transition familiale
sont plus susceptibles d'avoir de la difficulté à gérer
leurs émotions. Il importe donc d'améliorer les aptitudes et
les habiletés des jeunes à mieux les contrôler durant
ces périodes (Thornberry et al. 1999).
- 39 Browning
and Loeber, 1999.
- 40 À titre
informatif, soulignons que les travaux en lien avec le géocodage des
données en matière de répartition de la criminalité sur
un territoire donné sont une source importante de renseignements pour
décrire les quartiers qui présentent des taux élevés
de criminalité. Au Canada, l'analyse de la répartition de la
criminalité selon les caractéristiques des secteurs a été effectuée
pour trois villes : Régina, Montréal et Winnipeg. Cf. à ce
propos Fitzgerald, R., M. Wisener, M., et J. Savoie. 2004. Caractéristiques
des quartiers et répartition de la criminalité à Winnipeg.
Ottawa : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique;
Wallace, M., M. Wisener et K. Collins. 2006. Caractéristiques des
quartiers et répartition de la criminalité à Regina.
Ottawa : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique;
Savoie, J., F. Bédard et K. Collins. 2006. Caractéristiques
des quartiers et répartition de la criminalité sur l'île
de Montréal. Ottawa : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique
juridique.
- 41 Turner
M., J. Hartman and D. Bishop. 2007.
- 42 Lauritsen,
J., 2003.
- 43 Les
termes « enfants » et « jeunes » comprennent les
personnes de moins de 18 ans. Le terme « enfants » désigne
les personnes de moins de 12 ans, alors que le terme « jeunes » fait
référence aux personnes de 12 à 17 ans. (Ogrodnik ,
2007; 24).
- 44 Ibid.
- 45 Ibid.
- 46 Ibid.
- 47 Conseil
canadien de développement social, 2007.
- 48 Taylor-Butts
A., 2007.
- 49 Ibid.
- 50 Trocmé et
al., 2005.
- 51 Ibid.
- 52 Ogrodnik,
2006.
- 53 Mayer
et al., 2004.
- 54 Savoie,
2007.
- 55 Ibid.
- 56 Ibid.
- 57 Adlaf,
E.M., Begin, P., et Sawka, E. (2005). L'enquête sur les toxicomanies
au Canada détermine la prévalence, l'incidence et les habitudes
de consommation d'alcool et d'autres drogues chez les Canadiens âgés
de 15 ans ou plus
- 58 Une
forte consommation correspond à cinq verres de boisson alcoolisée
ou plus en une seule occasion pour les hommes et à quatre verres ou
plus en une seule occasion pour les femmes (Ibid).
- 59 Sécurité publique
et Protection civile Canada Canada, 2006.
- 60 Ibid.
- 61 Centre
canadien de la statistique juridique, 2001.
- 62 Brozozowski,
J.-A., A. Taylor-Butts and S. Johnson, 2006.
- 63 Centre
des Premières Nations, 2006.
- 64 Lonczak
et al., 2007.
- 65 Brozozowski,
J.-A., A. Taylor-Butts and S. Johnson, 2006.
- 66 Shader,
M., 2003.
- 67 Shader,
2003; Lawrence et al., 2001.
- 68 Ibid.
- 69 Claes
et al., 2005.
- 70 Kumpfer
and Alvarado., 1998.
- 71 Shader,
2003; Lawrence et al., 2001; Claes et al., 2005.
- 72 Claes
et al., 2005.
- 73 Browning
et al. 1999.
- 74 McVie,
S. and L. Holmes. 2005.
- 75 Lauritsen,
2003.
- 76 Turner
M., J. Hartman and D. Bishop., 2007.
- 77 Sampson
et al., 1997; Slee et al., 2006.
- 78 Smith,
2006.
- 79 Smith,
2004-a.
- 80 Sherman
et al., 2002; Hastings et al., 2007.
- 81 Hastings
et al., 2007.
- 82 Mihalic
et al., 2001.
- 83 Ibid.
- 84 Welsh
and Farrington, 2007a, 2007b; Farrington and Welsh, 2003; Sherman et al.,
2002.
- 85 Welsh,
2007.
- 86 Greenwood,
2004.
- 87 Ibid.
- 88 En
conséquence, les programmes de prévention primaire c'est-à-dire
ceux qui s'adressent aux familles et aux jeunes sans prendre en considération
les risques individuels auxquels ils font face n'ont pas été retenus
dans le cadre de ce travail.
- 89 Pour éviter
les redondances, les facteurs de protection associés aux familles
n'ont pas été inclus dans les tableaux puisque ce sont essentiellement
toujours les mêmes qui reviennent: l'amélioration des techniques
parentales, l'implication des parents dans la vie familiale, des relations
familiales positives, le renforcement du lien d'attachement familial, la
stabilité familiale et la mise en place d'activités familiales
auxquelles les enfants et les parents peuvent participer conjointement.
- 90 Kumpfer
and Alvarado, 1998.
- 91 Explication
des niveaux de classification des programmes :
- Office of Juvenile Justice and Delinquency Prevention (OJJDP) - Model
Programs Guide (MPG)
- Exemplaire (exemplary) : programme qui a un haut degré de
fidélité, des résultats empiriques robustes,
un cadre conceptuel de haut niveau, et une évaluation de très
haute qualité (évaluation expérimentale).
- Efficace (effective) : programme qui a un degré suffisant
de fidélité, produit des résultats adéquats,
utilise un cadre conceptuel pertinent, et une évaluation de
qualité (évaluation quasi-expérimentale).
- Prometteur (promising): programme qui démontre des résultats
prometteurs, utilise un cadre conceptuel suffisant mais qui exige
des évaluations plus approfondies; l'évaluation s'appuie
seulement sur des mesures pré et post test.
- II. Strengthening America's Families Project
- Exemplaire (exemplary) : programme qui a été rigoureusement évalué,
présente des résultats positifs et a été répliqué à plusieurs
reprises.
- Modèle (model) : programme qui a été rigoureusement évalué mais
peu répliqué.
- Prometteur (promising) : programme qui exige d'autres recherches
et/ou emploie des méthodes d'évaluation non-expérimentales.
Les résultats apparaissent comme prometteurs mais requièrent
d'être confirmés avec des méthodes d'évaluations
plus rigoureuses.
- 92 Farrington
D. & B. Welsh. 1999. Delinquency Prevention Using Family-Based Interventions.
- 93 OJJDP
- Model Programs Guide. Disponible au : www.dsgonline.com (en
anglais)
- 94 Community
Guide to Helping America's Youth. Disponible au : www.helpingamericasyouth.gov/ (en
anglais)
- 95 Strengthening
America's Families, Effective Family Programs for Prevention of Delinquency.
Disponible au : www.strengtheningfamilies.org/ (en
anglais)
- 96 Krug
et al., 2002.
- 97 Mihalic,
S. et al. 2001. Blueprints for Violence Prevention. US Department
of Justice, Office of Justice Programs, Office of Juvenile Justice and Delinquency
Prevention.
- 98 Center
for the Study and Prevention of Violence. Blueprints for Violence Prevention,
Disponible au : www.colorado.edu/cspv/blueprints/ (en
anglais)
- 99 Guide
to Effective Programs for Children and Youth. Disponible au : www.childtrends.org/Lifecourse/programs/TripleP-PositiveParentingProgram.htm (en
anglais)
- 100 Burns
and Goldman, 1999, OJJDP - MPG.
- 101 Elliott
et al., 1998.
- 102 Henggeler,
et al., 1997.
- 103 Promising
Practices Network on Children, Families and Communities. Disponible au : www.promisingpractices.net/default.asp (en
anglais)
- 104 Ed
Frickson, Ramsey County, All Children Excel.
- 105 Reinhardt,
2007.
- 106 Concernant
les programmes ayant plus ou moins fonctionnés (évaluation
des résultats et évaluation des processus), les informations
actuellement disponibles sur ces programmes ne sont pas assez nombreuses
pour en trouver les explications.
- 107 Ces éléments
proviennent de la série de bulletins de l'OJJDP intitulée Effective
Family Strengthening Interventions.
- 108 Kumpfer
et al., 1998.
- 109 Ibid.
- 110 Le
sentiment d'appartenance au milieu scolaire étant considéré comme
un important facteur de protection de la délinquance (Sprott et al.,
2005).