Parent-Child Assistance Program (PCAP)
Aperçu
Groupe d'âge : Jeune adulte (18-24); Adulte (25-64)
Genre : Femme seulement
Population desservie : Familles; Individus souffrant du TSAF; Parent monoparental
Sujet : Consommation d'alcool et/ou de drogue; Désavantage social/économique; Enjeux de criminalité impliquant des troubles de santé mentale ou d'autres troubles de santé ; Récidive ; Violence familiale (domestique)/violence envers les enfants
Milieu : Zone urbaine; Installation communautaire; Installation des services sociaux
Location : Nouveau-Brunswick
Nombre d’études canadiennes complétées d’évaluation des résultats : 3 ou plus
Continuum d'intervention : Prévention du crime secondaire; Prévention du crime tertiaire
Brève description
Le Parent-Child Assistance Program (PCAP) a été lancé au Nouveau-Brunswick en 2018 en réponse au nombre croissant de bébés nés avec le syndrome de sevrage néonatal et des troubles causés par l’alcoolisation fœtale. Enraciné dans la théorie relationnelle, le PCAP offre aux femmes et aux personnes qui accouchent et qui consomment des substances un soutien fondé sur des données probantes et orienté vers des objectifs précis, tenant compte des traumatismes. En jumelant les clientes à un défenseur des intérêts pendant trois ans, le PCAP aide les familles à accéder aux mesures de soutien et aux ressources nécessaires pour rompre les cycles d’adversité, développer des atouts et prendre leur vie en main, tout en prévenant les expériences négatives vécues pendant l’enfance et en favorisant une vie plus saine pour les enfants.
Objectifs
Les principaux objectifs du PCAP sont les suivants :
- aider les mères et les personnes qui accouchent à se rétablir et à maintenir leur rétablissement;
- établir une vie familiale saine;
- prévenir la naissance d’autres enfants exposés à l’alcool ou à la drogue.
Clientèle
La clientèle du PCAP est constituée de femmes et de personnes (âgées de 19 ans et plus) qui sont enceintes ou qui ont accouché depuis moins de cinq ans, qui déclarent avoir consommé de l’alcool ou des drogues pendant leur grossesse et qui n’ont pas eu de contacts efficaces avec les fournisseurs de services communautaires. Le PCAP est un programme volontaire. Les participantes sont désignées à la suite de leur utilisation d’autres services offerts par Pédiatrie sociale du Nouveau-Brunswick (p. ex. les cliniques communautaires en pédiatrie sociale) ou peuvent être aiguillées en remplissant un questionnaire connexe en ligne.
Composantes clés
Le cadre théorique du PCAP comporte trois composantes principales : la théorie relationnelle, les étapes du changement et la réduction des méfaits. La cliente et l’enfant cible sont jumelés à un défenseur des intérêts qui facilite l’établissement d’objectifs axés sur la cliente, l’atténuation des obstacles, la démonstration de relations positives, l’établissement de liens avec les services et les activités de renforcement de liens avec la collectivité. Les rencontres ont lieu dans différents contextes : à domicile, à la suite de la prise d’un rendez-vous ou dans le cadre de séances de clavardage prévues. Les défenseurs des intérêts ont une charge de travail de 16 à 20 familles chacun et voient les clientes au moins deux fois par mois. Ils deviennent une ressource constante de soutien pour les clientes et les aident à améliorer leur efficacité personnelle et à éviter de futures grossesses dans le cadre desquelles elles consomment de l’alcool ou d’autres substances.
Le PCAP comprend ce qui suit :
- une gestion de cas personnalisée, fondée sur les points forts, qui permet d’établir des relations et de mettre en œuvre des interventions, de répondre aux besoins de toute la famille et d’utiliser les ressources existantes au sein de la collectivité;
- des interventions à long terme (trois ans) qui permettent aux clientes de former une alliance thérapeutique avec leur gestionnaire de cas et de suivre le processus de développement qui consiste à modifier progressivement leur comportement;
- du mentorat, puisque l’attention, les soins et le soutien apportés aux clientes sont censés se refléter dans la manière dont celles-ci interagissent avec leurs enfants, ce qui leur permet d’améliorer leur capacité de s’occuper de leurs enfants sur le plan physique, émotionnel et social.
Information sur la mise en oeuvre
Certains des éléments essentiels pour la mise en œuvre de ce programme ou de cette initiative comprennent :
- Exigences organisationnelles : Ce programme s’appuie sur un organisme d’accueil capable de fournir des services à long terme aux familles ou aux populations à risque élevé qui consomment des substances, ainsi que sur des superviseurs cliniques et des gestionnaires de cas qualifiés.
- Partenariats : Le PCAP s’appuie sur les programmes et services existants au sein de la collectivité et, à ce titre, les partenariats communautaires sont essentiels. Les partenaires comprennent des organisations publiques et sans but lucratif qui abordent des questions liées à la consommation d’alcool et de drogues, aux problèmes de santé mentale, au logement et à la violence.
- Formation et assistance technique : Le personnel du PCAP reçoit une formation intensive et propre au modèle du PCAP tel qu’il est décrit par le département de psychiatrie et des sciences du comportement de l’Université de Washington. En outre, le personnel du PCAP reçoit une formation sur les ressources disponibles par l’entremise des partenaires locaux, ainsi qu’une formation annuelle d’appoint sur le modèle du PCAP et la prestation du programme, l’entrevue motivationnelle, le fonctionnement du cerveau, la vie privée et la confidentialité, une formation sur la naloxone, une formation sur l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF), un cours EPTC-2 (FER) sur l’éthique de la recherche et une formation pour les utilisateurs de l’outil de suivi des résultats.
- Outils d'évaluation des risques : Information limitée sur ce sujet.
- Documents et ressources : Information limitée sur ce sujet.
Reconnaissance internationale
Les systèmes de classification les plus reconnus des programmes en prévention du crime fondés sur des données probantes ont classifié ce programme ou cette initiative de la façon suivante (en anglais seulement) :
- Blueprint for Healthy Youth Development: Ne s'applique pas.
- Crime Solutions/OJJDP Model Programs Guide: Ne s'applique pas.
- SAMHSA's National Registry of Evidence-based Programs and Practices: Ne s'applique pas.
- Coalition for Evidence-Based Policy: Ne s'applique pas.
Rassembler les connaissances canadiennes
Sites de mise en oeuvre au Canada
Le PCAP a été élaboré en 1991. En réponse au nombre croissant de familles touchées par la toxicomanie et au nombre de bébés diagnostiqués avec le syndrome de sevrage néonatal, Pédiatrie sociale du Nouveau-Brunswick a adapté et lancé le PCAP à Saint John, au Nouveau-Brunswick, au Canada, en 2018. Le PCAP, qui était au départ un projet pilote, est maintenant offert à d’autres endroits au Nouveau-Brunswick.
Le Fonds de lutte contre la violence liée aux armes à feu et aux gangs de Sécurité publique Canada a permis au ministère de la Justice et de la Sécurité publique de mettre en œuvre son plan quinquennal de lutte contre la violence liée aux armes à feu et aux gangs. Dans le cadre de ce plan, la province a mis en place un Fonds de subvention conditionnelle pour appuyer la prévention de la criminalité afin de faciliter les activités de prévention de la criminalité à l’échelle locale. Le PCAP a reçu un financement pour poursuivre le modèle à Saint John et l’offrir à d’autres endroits, de 2022 à 2025.
Principales conclusions des études canadiennes d'évaluation des résultats
Étude 1
Une étude préliminaire et descriptive sur les répercussions du projet pilote du PCAP a été menée par Gander et ses collègues en 2023. Les chercheurs ont examiné les résultats liés à 71 clientes du PCAP au Nouveau-Brunswick afin d’étudier les répercussions du programme sur la vie des personnes enceintes qui consomment des substances. Publication de Gander et coll. (2023).
Les résultats ont démontré ce qui suit :
- La réduction des obstacles et de la stigmatisation, au moyen d’une approche axée sur la réduction des méfaits, peut aider les familles touchées par la toxicomanie à obtenir des résultats plus sains et à renforcer les liens avec la collectivité.
- En tout, 80 % (n = 8) des grossesses ultérieures (10 au total) ont été considérées comme « n’ayant pas été exposées », ce qui signifie qu’il n’y a pas eu de consommation de substances ou d’alcool pendant la grossesse.
- À la fin du programme, 69 % (n = 49) des clientes ne consommaient plus de substances, 41 % (n = 29) participaient à des activités récréatives, 37 % (n = 26) participaient à une formation professionnelle et 18 % (n = 13) étaient inscrites à des activités scolaires ou professionnelles pendant le programme.
Étude 2
En 2014, Xuan Thanh et ses collègues ont réalisé une analyse coûts-avantages, comparant le coût réel associé au PCAP au bénéfice monétaire net du programme. L’étude a utilisé le nombre de femmes ayant bénéficié du PCAP du FASD-CMC de l’Alberta de 2008 à 2011 (n = 366). En raison de la portée de l’analyse, l’étude s’est concentrée uniquement sur les personnes enceintes ayant consommé de l’alcool (44 %), le reste de l’échantillon (56 %) ayant été exclu en raison de la consommation d’autres substances. Pour obtenir plus de renseignements, reportez-vous à la publication de Xuan Thanh et coll. (2014).
Les résultats ont démontré ce qui suit :
- Le PCAP est rentable et le bénéfice monétaire net est important.
- Le PCAP a permis d’éviter environ 31 cas d’ETCAF parmi les 366 clientes sur une période de trois ans, ce qui représente un bénéfice monétaire net de 22 millions de dollars.
Étude 3
En 2017, Pei et ses collègues ont utilisé une approche axée sur la recherche participative, menant des analyses quantitatives et qualitatives pour évaluer la mise en œuvre du PCAP dans les collectivités des Premières Nations de l’Alberta. L’évaluation visait à fournir des renseignements sur la mise en œuvre du PCAP et ses résultats. Pour obtenir plus de renseignements, reportez-vous à la publication de Pei et coll. (2017).
Les résultats ont démontré ce qui suit :
- Le PCAP fonctionne bien dans les collectivités des Premières Nations (c.-à-d. que le personnel a signalé un degré élevé de fidélité à l’égard du modèle du PCAP), et les mentors sont en mesure de fournir des services respectueux de la culture par l’entremise du modèle.
- L’évaluation des résultats pour les clientes et les familles était limitée, mais les constatations anecdotiques des défenseurs des intérêts ont laissé entendre qu’il y a eu une augmentation des expériences communautaires positives et de l’indépendance des clientes, ainsi qu’une diminution des sentiments de stigmatisation, d’isolement et des niveaux de stress des clientes.
Information sur les coûts
En 2013, le coût moyen pour une femme par an était de 6 918 $. Les économies réalisées par femme dans le cadre du PCAP sur la période de trois ans ont été estimées à 19 782 $. Il a été estimé que la prévention d’un cas d’ETCAF se traduirait par des économies supplémentaires de 97 000 $ (Thanh et coll., 2015).
Références
GANDER, S., S.A. CAMPBELL, N. FANA, S. LUNNEY et C.M. ESTRELLA (2023). Parent-Child Assistance Program. Pédiatrie sociale du Nouveau-Brunswick. https://www.cureus.com/posters/2788-parent-child-assistance-program
PEI, J., M. TREMBLAY, E. CARSON et C. POTH (2017). Parent-Child Assistance Program (PCAP) in Alberta First Nation Communities: Evaluation report. PolicyWise for Children & Families en collaboration avec l’Université de l’Alberta. https://canfasd.ca/wp-content/uploads/2018/02/PCAP-FN-Report_Revised_FINAL_10262017.pdf
XUAN THANH, N., E. JONSSON, J. MOFFATT, L. BENNETT et A.W. CHUCK (2015). « An economic evaluation of the Parent-Child Assistance Program for Preventing Fetal Alcohol Spectrum Disorder in Alberta, Canada ». Administration and Policy in Mental Health and Mental Health Services Research, vol. 42, p. 10-18. https://doi.org/10.1007/s10488-014-0537-5
Pédiatrie sociale du Nouveau-Brunswick. (s.d.). Parent-Child Assistance Program. https://www.nbsocialpediatrics.com/parent-child-assistance-program
Pour plus de renseignements sur ce programme, communiquer avec :
Université de Washington, PCAP
Département de psychiatrie et des sciences du comportement
Addictions, Drug & Alcohol Institute
1959, rue Pacific NE, C.P. 356560, Seattle (Washington) 98195-6560
Téléphone : 206-543-7155
Courriel : sastoner@uw.edu
Site Web : https://pcap.psychiatry.uw.edu/
Date de modification - 2025-06-24
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