Sommaire de recherche : Programme Life Skills Training

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Contexte

Le programme Life Skills Training (LST) de Botvin est un programme scolaire de prévention qui cible la consommation précoce de drogues et d’alcool chez les adolescents. Le programme LST a pour principaux objectifs de prévenir la toxicomanie chez les adolescents et de promouvoir des solutions saines en remplacement des comportements à risque, grâce à des activités conçues pour faire acquérir aux jeunes les compétences nécessaires pour résister aux pressions sociales de fumer, de boire ou de consommer de la drogue.

L’exécution de ce programme destiné aux écoles intermédiaires se fait sur 15 séances offertes la première année, 10 séances la deuxième année et 5 séances la troisième année. Chaque séance dure 45 minutes environ. Les modules pour les jeunes englobent trois principales composantes, qui portent sur les aspects relatifs aux aptitudes à prendre des décisions en vue de prévenir la consommation d’alcool, de tabac et de drogues. La première composante vise à faire acquérir aux élèves un ensemble de compétences générales en maîtrise de soi, la deuxième leur enseigne des habiletés sociales générales, et la troisième comprend de l’information et des aptitudes expressément liées au problème de la toxicomanie.

Les séances de renforcement qui sont offertes les années suivantes permettent aux jeunes de mettre en pratique les habiletés sociales et personnelles qui leur ont été enseignées la première année du programme.

La Ben Calf Robe Society est un organisme communautaire d’Edmonton (Alberta) qui a été choisi pour mettre en œuvre le programme LST sous la forme d’une activité parascolaire adaptée à une population autochtone. La Ben Calf Robe Society ciblait les jeunes qui affichaient des problèmes comportementaux à un âge précoce, manifestaient de l’hostilité, avaient des problèmes d’agressivité, manquaient d’habiletés sociales, consommaient des drogues ou de l’alcool, ou avaient eu des démêlés avec la justice ou des contacts avec les services de protection de l’enfance à un jeune âge. Le formulaire de présélection utilisé dans le cadre du programme comme outil général d’orientation ne mesurait pas les facteurs de risque.

Le projet mis en œuvre par la Ben Calf Robe Society a été adapté et offert aux élèves de la 4e à la 9e année, à partir de leur 4e ou de leur 7e année. Quatre cycles de participants ont été suivis, et les effets mesurés visaient les deux derniers cycles.

Sécurité publique a retenu les services d’une entreprise indépendante, R.A. Malatest & Associates Ltd., pour réaliser une évaluation des impacts du projet LST. L’étude d’évaluation des impacts couvrait la période allant de septembre 2010 à mars 2014.

Méthode

Les évaluateurs ont employé une démarche mixte fondée sur des méthodes quantitatives et qualitatives. Un groupe témoin apparié a servi à mesurer les variations des principaux effets dans le temps au moyen d’un prétest et de deux post-tests.

Comme l’équipe d’évaluation des impacts n’était pas constituée au moment où le projet LST a commencé (durant l’année scolaire 2009‑2010), le groupe témoin pour la Ben Calf Robe Society n’a été établi qu’environ 20 mois plus tard. Avant le début de chaque cycle du projet, les jeunes à qui on enseignait le programme LST et les jeunes du groupe témoin étaient généralement comparables en ce qui concerne les profils démographiques et les résultats au prétest.

Plusieurs outils de mesure ont été utilisés, comme le questionnaire du programme LST, l’échelle d’estime de soi de Rosenberg, l’échelle de prise de décisions et le supplément pour Amérindiens du test d’évaluation des aptitudes à la vie quotidienne de Casey. Les évaluateurs ont également mené des entrevues auprès des principaux informateurs, ont organisé des groupes de discussion, ont réalisé des études de cas et ont proposé aux participants de faire l’exercice Photovoice.

Constatations

Des constatations ont été présentées pour les effets liés aux processus et aux impacts. Le nombre réel de participants a été bien inférieur à celui qu’on prévoyait (116 des 160 jeunes ont participé, et 13 seulement ont suivi le programme complet avec séances de renforcement), ce qui a eu des répercussions sur la portée de l’évaluation.

Les résultats indiquent que les participants au programme affichaient des niveaux modérés d’estime de soi, lesquels se sont améliorés avec le temps. Sur l’échelle d’estime de soi de Rosenberg, les scores médians se sont accrus au fil du temps (le pointage est passé de 27 à 30,5 entre le prétest du cycle 3 et le post‑test du cycle 4), tout comme les scores correspondants du groupe témoin. Les constatations qualitatives indiquent que le personnel du projet a observé une nette amélioration de l’image de soi chez la plupart des jeunes, ce qui a aussi été souligné par d’autres intervenants dans les groupes de discussion et lors des entrevues menées dans le cadre des études de cas.

Au chapitre de la consommation de substances, la participation au projet a eu des effets observables sur les connaissances que les élèves de l’école primaire avaient du tabagisme, les résultats ayant augmenté entre le prétest et le post‑test chez les participants du cycle 3. De plus, au prétest du cycle 4, le groupe des participants au programme a affiché des résultats globaux plus élevés au chapitre des connaissances du tabagisme et des aptitudes à la vie quotidienne comparativement au groupe témoin. Il ressort des constatations que les connaissances qui ont été acquises pendant le cycle 3 ont été conservées, et que cette amélioration des résultats n’était pas seulement attribuable à la maturation des élèves.

Du côté des participants de l’école intermédiaire, les résultats globaux en matière de connaissances étaient plus élevés pour les cycles 3 et 4. Par rapport aux membres du groupe témoin, les participants au programme ont obtenu des résultats plus élevés en ce qui concerne les connaissances générales et la toxicomanie. Le personnel du projet a observé une meilleure compréhension des conséquences de la toxicomanie chez presque tous les jeunes participants.

Les constatations de l’étude n’ont relevé aucune augmentation de la connaissance ou de l’appartenance culturelle. Il ressort des données tirées du supplément pour Amérindiens du test d’évaluation des aptitudes à la vie quotidienne de Casey que les jeunes affichaient une connaissance modérée de leur culture et une appartenance modérée à celle‑ci, et que ces niveaux étaient semblables chez les jeunes du programme et ceux du groupe témoin.

Les données probantes indiquent que le programme a aidé les jeunes à maintenir, plutôt qu’à acquérir, des aptitudes à résister aux pressions de consommer des substances. Aux prétests et aux post‑tests des cycles 3 et 4, les jeunes du programme et ceux du groupe témoin ont obtenu des résultats élevés au chapitre des aptitudes à refuser de consommer des drogues. Durant le cycle 3, tant les jeunes participants au programme que les membres du groupe témoin ont obtenu des résultats plus élevés pour le refus de consommer de la drogue au post‑test qu’au prétest. Ces résultats élevés le sont demeurés au prétest du cycle 4 du programme. Aucune des comparaisons effectuées d’un groupe à l’autre et à l’intérieur d’un même groupe n’a révélé de différences statistiquement significatives.

Les constatations qualitatives donnent à croire que le programme a eu un effet positif pour ce qui est d’aider les jeunes à résister à la pression de consommer des substances. Il n’y avait pas suffisamment de données statistiques probantes pour démontrer le développement d’attitudes antitabac, anti‑alcool et antidrogue chez les jeunes du programme. Nombre de participants au programme ayant obtenu des résultats proches du maximum pour ces indicateurs, l’effet de plafonnement doit être pris en considération. Le manque de signification statistique pour la plupart des observations donne à penser que tout changement observé dans les résultats pourrait être l’effet d’une variation aléatoire.

Il est ressorti des groupes de discussion et des entrevues auprès des parents que la communication des parents avec leurs enfants s’est généralement améliorée pendant la durée du programme.

Les constatations tirées de l’évaluation laissent croire que le projet LST a obtenu un succès modeste dans l’atteinte de ses objectifs à court et à moyen terme. Les constatations qualitatives étaient résolument positives concernant les effets d’intérêt, mais les analyses quantitatives étaient limitées par les petites tailles d’échantillon, ce qui nuisait à la capacité de tirer des conclusions sur l’efficacité du programme.

Répercussions

L’évaluation du projet LST mis en œuvre par la Ben Calf Robe Society a été limitée par la petitesse des échantillons attribuable au nombre d’inscriptions plus faible que prévu, conjugué à la difficulté de conserver les participants et aux abandons du programme. Ce facteur a été problématique tant pour le groupe expérimental que pour le groupe témoin. C’est plutôt l’uniformité et le niveau des données qualitatives qui sont prometteurs : ils montrent que le modèle LST peut provoquer des changements positifs chez les participants, y compris les jeunes Autochtones, pour ce qui est des facteurs de risque et de protection.

Source

R.A. Malatest & Associates, Final Evaluation Report of the Life Skills Training Program (LST), présenté à Sécurité publique Canada, mars 2014.

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Les sommaires de recherche sont produits pour le Secteur de la sécurité communautaire et de la réduction du crime, Sécurité publique Canada. Les opinions exprimées dans le présent sommaire sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Sécurité publique Canada.

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