Engagements nationaux en matière de lutte contre l'antisémitisme – Été 2026
Rapport d'étape

Table des matières

Introduction

Les communautés juives de l'ensemble du Canada ont été claires : combattre l'antisémitisme nécessite plus que des déclarations de soutien. Cela exige la prise de mesures concrètes, une responsabilisation et un engagement réel à garantir que les membres de la communauté juive puissent vivre ouvertement et en toute sécurité au sein de leurs communautés. La sécurité n'est pas une notion théorique; elle se mesure à la capacité d'un enfant à porter une kippa à l'école sans crainte, à afficher ouvertement son identité juive, à la possibilité pour les familles de se rendre à la synagogue en toute sérénité, et à la capacité des institutions communautaires à fonctionner ouvertement et en toute sécurité.

Des incidents antisémites continuent de se produire dans les écoles, les lieux de travail, les lieux de culte, les institutions communautaires, les espaces publics et les environnements en ligne. Les communautés ont signalé des cas de harcèlement, d'intimidation, de menaces, de vandalisme, de discrimination, de discours haineux et de violence. Nombreux sont ceux qui ont fait part de leurs inquiétudes, non seulement quant à la fréquence de ces incidents, mais aussi quant à la capacité des institutions à identifier systématiquement l'antisémitisme et à y réagir lorsqu'il se manifeste.

À la suite du Forum national de lutte contre l'antisémitisme, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont établi des engagements nationaux pour orienter l'action collective. Depuis, les gouvernements, les organismes d'application de la loi, les procureurs, les éducateurs et les organisations communautaires ont pris une série de mesures visant à lutter contre l'antisémitisme et à améliorer les réponses institutionnelles.

En même temps, les communautés juives ont souligné que les rapports ne devaient pas se limiter à décrire des initiatives individuelles. Les collectivités souhaitent comprendre comment les gouvernements s'attaquent aux causes de l'antisémitisme et réagissent à l'évolution des menaces, quels sont les résultats visés et comment les progrès seront évalués.

Ce rapport vise à refléter ces commentaires en offrant un aperçu global des mesures prises depuis janvier 2026 dans le cadre des engagements nationaux établis à la suite du Forum national de lutte contre l'antisémitisme. Il met en lumière les mesures concrètes prises actuellement par les intervenants à l'échelle du Canada et explique leur importance pour les communautés juives et pour la société canadienne en général.

De plus, ce rapport sert de ressource pour communiquer des mesures et des approches concrètes, ainsi que des pratiques exemplaires. En rendant ces renseignements accessibles, le rapport vise à soutenir les gouvernements, les institutions et les organisations et à les encourager à intensifier leurs efforts et à prendre de nouvelles mesures pour bâtir des communautés plus sûres et plus inclusives. Des renseignements détaillés sont fournis à l'annexe D.

Comme l'a déclaré le rabbin Lord Jonathan Sacks, « la haine qui commence avec les Juifs ne s'arrête jamais aux Juifs »; c'est-à-dire que l'antisémitisme est souvent un signe précoce de division sociale et d'insécurité plus larges. Par conséquent, le fait de lutter contre la haine renforce non seulement la sécurité et l'inclusion des communautés juives, mais contribue aussi à protéger et à renforcer le bien-être d'autres communautés à l'échelle du Canada.

Le gouvernement du Canada reconnaît que l'antisémitisme peut constituer un enjeu de sécurité nationale. Au-delà de la menace très réelle et immédiate qu'il représente pour les personnes et les communautés juives, l'antisémitisme est un élément central de nombreuses idéologies extrémistes violentes. L'antisémitisme est à la fois un indicateur et un accélérateur de la radicalisation et de sa propagation – comme l'histoire le montre – et il ne constitue pas seulement une menace pour la sécurité publique, mais aussi pour la cohésion sociale et les valeurs démocratiques. La banalisation de la haine à l'égard des Canadiens juifs et de la violence dirigée contre les institutions de la communauté juive sape la sécurité et la résilience du Canada, créant un environnement dans lequel aucune minorité vulnérable n'est en sécurité.

Bien que l'antisémitisme soit une forme de haine qui touche de nombreux domaines de la vie publique, les engagements nationaux visent principalement à traiter ses aspects liés à la sécurité publique, y compris les incidents motivés par la haine, les menaces, l'intimidation et la violence, ainsi que la capacité des institutions à intervenir de manière efficace. Bien que ce rapport mette en lumière certains efforts connexes en matière d'éducation et de sensibilisation, il ne cherche pas à regrouper l'ensemble des initiatives visant à combattre l'antisémitisme de manière plus large. Il se concentre plutôt sur des mesures visant à renforcer la sécurité, la protection et la réponse institutionnelle connexe.

Le rapport d'étape de janvier 2026 sur les engagements nationaux s'articule autour de sept thèmes découlant de discussions tenues lors du Forum national : renforcement de l'application de la loi et de poursuites, réforme législative, éducation et sensibilisation, coordination et leadership gouvernementaux, protéger le public, messages et définitions cohérents, et soutien et mobilisation communautaires. Pour mieux refléter le travail en cours et éviter les redondances dans les rapports, ces thèmes ont été regroupés sous les trois piliers suivants :

Ensemble, ces trois piliers constituent un cadre pour lutter contre l'antisémitisme contemporain afin de continuer à renforcer la sécurité publique, la cohésion sociale et la confiance à l'égard des institutions publiques.

Résumé des progrès

Aperçu du pilier 1 : Comprendre l'antisémitisme

Activités en cours

Résultat escompté

Partout au Canada, les institutions ont amélioré l'accès aux outils, aux conseils et aux formations destinés à faciliter la définition et la compréhension de l'antisémitisme ainsi que la lutte contre les manifestations contemporaines de l'antisémitisme, y compris l'antisionisme, comme le précise le Guide canadien sur l'antisémitisme selon la définition opérationnelle de l'AIMH.

Aperçu du pilier 2 : Protéger les communautés

Activités en cours

Résultat escompté

Les communautés juives au Canada ont accès à des mesures de soutien, à des mécanismes de protection et à des mécanismes de signalement visant à aider à traiter les incidents motivés par la haine afin de soutenir la sécurité communautaire.

Aperçu du pilier 3 : Renforcer la responsabilité

Activités en cours

Résultat escompté

Les gouvernements ont accès à de l'information, à des partenariats et à des mécanismes de rétroaction qui peuvent soutenir l'évaluation continue des progrès et orienter les mesures prises à l'avenir.

Le résumé ci-dessus offre un aperçu des activités entreprises pour chacun des trois piliers. Les sections suivantes décrivent ces efforts plus en détail, notamment les mesures clés, les travaux en cours et les domaines qui continueront de faire l'objet d'une attention particulière. Ensemble, ces mesures reflètent les efforts continus pour lutter contre l'antisémitisme et améliorer les réponses institutionnelles.

Rapport d'étape détaillé

Pilier 1 : Comprendre l'antisémitisme

Pourquoi la compréhension est importante

L'antisémitisme, qui inclut l'antisionisme, n'est pas toujours évident. Alors que certains incidents impliquent des menaces explicites, de la violence ou des discours haineux, d'autres peuvent prendre la forme de théories du complot, de négationnisme, de langage codé, de stéréotypes ou de blâme collectif envers les Juifs. Savoir reconnaître systématiquement l'antisémitisme constitue une première étape essentielle pour y répondre efficacement.

Le Canada a adopté la définition opérationnelle de l'antisémitisme de l'AIMH comme outil éducatif pour soutenir la compréhension des manifestations historiques et contemporaines de l'antisémitisme. Le Guide canadien sur l'antisémitisme selon la définition opérationnelle de l'AIMH aide également les gouvernements, les éducateurs, les organismes d'application de la loi et les institutions à appliquer cette compréhension dans des contextes pratiques.

La définition de l'AIMH n'est pas contraignante sur le plan juridique et ne criminalise aucune expression ni aucun comportement. À une époque où le Canada et d'autres pays connaissent une hausse de manifestations de haine non criminelles, cette définition fournit un cadre pratique qui aide les institutions à reconnaître l'antisémitisme, à le distinguer d'autres formes de comportement et à élaborer des réponses appropriées aux incidents qui ne franchissent pas nécessairement le seuil de la criminalité.

Pour les communautés juives, l'importance de ces outils est simple : les incidents bien compris ont plus de chances d'être traités de manière adéquate. Ils soutiennent également une approche plus cohérente entre les institutions.

Que se passe-t-il maintenant

Partout au Canada, les gouvernements, les établissements d'enseignement, les services policiers, les procureurs et les organismes communautaires investissent dans la formation et l'éducation du public, élargissent les initiatives d'éducation et de sensibilisation, et se concentrent sur l'antisémitisme contemporain.

Des milliers d'agents de police dans des régions comme Toronto, Peel, Hamilton et Durham ont suivi une formation spécialisée axée sur la reconnaissance des incidents antisémites, la compréhension des répercussions sur les communautés et l'intervention efficace auprès des victimes. Cette formation est appuyée par des organismes tels que les Amis du Centre Simon Wiesenthal et l'Alliance of Canadians Combatting Antisemitism, et renforcée par des cours avancés pour enquêteurs, des conférences et des séances d'information opérationnelles.

L'éducation du public est également en expansion. Dans le cadre du Programme national de commémoration de l'Holocauste, le gouvernement fédéral soutient des projets qui préservent le témoignage des survivants, combattent le négationniste, améliorent l'éducation sur l'Holocauste et proposent des ressources pédagogiques pour les Canadiens. Depuis juillet 2026, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l'Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, l'Alberta, la Colombie-Britannique et le Yukon ont tous intégré l'enseignement sur l'Holocauste dans le programme scolaire obligatoire, garantissant ainsi que les élèves acquièrent des connaissances tant sur l'Holocauste que sur l'antisémitisme contemporain.

Parallèlement, des organisations, universités, musées et groupes communautaires contribuent à un corpus croissant de ressources pédagogiques en soutenant des conférences, des projets de recherche, des balados, des expositions et des campagnes de sensibilisation du public. Ces initiatives visent à soutenir une meilleure sensibilisation et compréhension de l'antisémitisme et de ses répercussions sur les communautés juives.

Un autre axe prioritaire consiste à veiller à ce que les institutions utilisent des définitions et des pratiques de déclaration cohérentes. Le Guide canadien sur l'antisémitisme selon la définition opérationnelle de l'AIMH, ainsi que la formation policière et les initiatives nationales de signalement, vise à soutenir une compréhension commune de l'antisémitisme au sein du gouvernement, des forces de l'ordre et des organisations communautaires.

Prochaines étapes

À l'avenir, les efforts se poursuivront pour développer la formation professionnelle, la sensibilisation du public, les initiatives de mémoire de l'Holocauste et les activités de recherche, afin d'approfondir la compréhension de l'antisémitisme contemporain. Les gouvernements et partenaires soutiendront des conférences, des programmes éducatifs, des projets de recherche et un apprentissage communautaire axé sur l'expérience juive canadienne et l'évolution des formes de haine.

Les services policiers continueront d'intégrer du contenu axé sur l'antisémitisme dans la formation des recrues et en service, y compris l'enseignement sur la haine en ligne, les idéologies extrémistes et les symboles haineux. Des séances d'information destinées au grand public permettront également aux communautés de mieux comprendre les processus de signalement et le soutien disponible. L'Ontario élabore également de nouvelles formations en ligne pour les procureurs et le personnel des services aux victimes, tandis que les services policiers à l'échelle du pays continuent de mettre à jour le matériel d'apprentissage interne et les programmes de sensibilisation du public pour refléter les réalités actuelles.

Dans tous les secteurs, les efforts se concentreront sur le renforcement de la cohérence dans la terminologie, les pratiques de signalement et la collecte de données. Les gouvernements, les forces de l'ordre et les organisations communautaires continueront de collaborer pour s'assurer que les incidents soient recensés, documentés et traités de manière coordonnée et cohérente.

Pilier 2 : Protéger les communautés

Pourquoi la protection est-elle importante

Les communautés ont également constamment exprimé des préoccupations concernant la sécurité, la sûreté, les obstacles au signalement, les enquêtes inégales, la haine en ligne, l'intimidation et la capacité des institutions à intervenir efficacement en cas d'incidents.

La protection des communautés nécessite que des mesures soient prises en ce qui a trait aux systèmes de sécurité publique, de justice, de sûreté et de prévention.

Renforcement de l'application de la loi et de poursuites

Depuis le rapport d'étape de janvier 2026, la police et les procureurs à l'échelle du Canada ont continué de renforcer la capacité spécialisée à intervenir en cas de crimes haineux grâce à des unités spécialisées, à la formation ciblée, aux outils partagés et à une coordination plus étroite.

Les services policiers appliquent ces améliorations de manière concrète. La région de Durham a mis en place une Unité des crimes haineux et de l'extrémisme, tandis que l'unité dédiée aux crimes haineux de Hamilton a déposé des accusations liées à la promotion délibérée de l'antisémitisme. À Toronto et à Vancouver, des unités spécialisées et des outils d'analyse permettent de cerner plus tôt les tendances des incidents et des comportements motivés par la haine, et d'améliorer la cohérence des enquêtes. La police utilise de plus en plus la définition de l'AIMH comme guide pratique pour aider le personnel à reconnaître et à évaluer les incidents potentiels d'antisémitisme.

La formation est de plus en plus axée sur la pratique et l'enquête. La Fondation canadienne des relations raciales a offert des formations axées sur des scénarios aux services policiers de plusieurs provinces et à la Gendarmerie Royale du Canada, y compris des instructions sur l'identification de l'antisémitisme, la reconnaissance des symboles haineux et le soutien aux victimes. Les services de poursuite renforcent également leur expertise grâce à des ressources juridiques partagées et à une formation spécialisée; l'Ontario a notamment mis en place une unité dédiée aux poursuites pour crimes haineux afin de soutenir les affaires, et ce, de l'approbation des chefs d'accusation jusqu'au procès.

Le gouvernement du Canada a débloqué 1,5 million de dollars sur cinq ans (à compter de 2024-2025) afin de financer des formations spécialisées sur les crimes haineux destinées aux procureurs de la Couronne et de sensibiliser les magistrats à cette question. Six provinces et territoires ont bénéficié de ce financement, tout comme l'Institut national de la magistrature, qui met au point un cours national bilingue à l'intention des juges.

Ces efforts sont soutenus par des investissements plus larges dans la coordination, la formation et la collecte de données. Statistique Canada continue d'améliorer les données sur les crimes haineux signalés par la police, tandis que le ministère du Procureur général de l'Ontario a présenté, en mai 2026, lors de la conférence annuelle de l'Équipe d'enquête sur les crimes haineux et l'extrémisme un exposé sur la première condamnation au Canada pour promotion délibérée de l'antisémitisme (négation de l'Holocauste) dans l'affaire R. c. Paulin.

Prochaines étapes

La prochaine phase des travaux visera à rendre ces améliorations plus uniformes et plus accessibles sur l'ensemble du territoire national. La police et les procureurs continueront de développer les formations spécialisées, de renforcer la coordination et d'affiner les pratiques d'enquête, en particulier dans les dossiers liés à la haine en ligne, à la propagande haineuse et aux contenus extrémistes.

On mettra le matériel de formation à jour en s'appuyant sur les décisions judiciaires récentes et l'expérience opérationnelle, de façon à garantir leur conformité avec les normes juridiques et les critères de preuve. Un investissement fédéral prévu dans le budget de 2024, d'un montant d'environ 20 millions de dollars sur deux ans, de 2026 à 2028, permettra de soutenir davantage le développement des formations sur les crimes haineux destinées aux forces de l'ordre.

Parallèlement, les pouvoirs publics et les services de police renforcent les mécanismes de signalement et de collecte de données. Statistique Canada continuera d'améliorer les outils de signalement publics et l'accès à des données actualisées sur les crimes haineux, notamment en mettant à jour ces outils afin de refléter les réformes du Code criminel adoptées dans le cadre de la Loi visant à lutter contre la haine, en particulier la nouvelle infraction relative aux crimes haineux. Cela aidera l'ensemble des paliers de gouvernement, des forces de l'ordre, des services des poursuites et des victimes à mieux comprendre comment les crimes haineux font l'objet de poursuites et de jugements dans tout le pays. Les provinces investiront dans des équipes spécialisées et des initiatives régionales ciblant les crimes motivés par la haine.

Ces efforts visent à répondre aux préoccupations persistantes soulevées par les communautés juives, notamment la détection inconséquente des incidents antisémites, les variations dans les procédés d'enquête et les difficultés rencontrées pour aboutir à des inculpations et à des poursuites couronnées de succès.

Réforme législative

Les gouvernements actualisent la législation afin de mieux refléter la manière dont l'antisémitisme et d'autres formes de haine s'expriment aujourd'hui.

La Loi visant à lutter contre la haine (projet de loi C-9) a reçu la sanction royale le 18 juin 2026, concrétisant ainsi l'engagement du gouvernement du Canada à renforcer la protection des communautés contre la haine et l'intimidation. Ses dispositions sont entrées en vigueur le 18 juillet 2026.

La Loi crée des infractions au Code criminel pour le fait d’intimider des personnes ou de les empêcher d’accéder à des lieux de culte, des écoles, des centres communautaires et d’autres lieux principalement utilisés par un groupe identifiable, tel que les communautés juives. Elle fait également du crime motivé par la haine une infraction distincte, criminalise la promotion délibérée de la haine en affichant publiquement certains symboles haineux ou terroristes, et ajoute une définition juridique de la « haine » afin de clarifier dans quels cas un comportement constitue un crime haineux. Les symboles haineux répertoriés comprennent la croix gammée nazie (Hakenkreuz) et la double rune Sig nazie, aussi connue sous le nom de « éclairs SS », qui sont fréquemment utilisés comme armes d’intimidation contre les communautés juives.

Ces réformes répondent aux demandes formulées par les communautés de tout le Canada en faveur d'une protection renforcée contre les crimes haineux. Elles fournissent aux forces de l'ordre et aux procureurs des outils plus précis pour lutter contre les crimes motivés par la haine qui sont soigneusement définis afin de respecter les droits garantis par la Charte en matière de liberté d'expression et de réunion pacifique.

Au niveau provincial, les gouvernements renforcent également les normes d'enquête et les cadres de maintien de l'ordre. L'Ontario, par exemple, a mis en place de nouvelles exigences concernant les enquêtes sur les crimes haineux, les formations spécialisées, ainsi que la gestion des manifestations et des incidents liés à la haine. La collaboration continue avec les organisations communautaires, les forces de l'ordre et les experts juridiques continue d'étayer ces efforts.

Prochaines étapes

Les efforts se concentreront sur la mise en œuvre des réformes du Code criminel prescrites par la Loi visant à lutter contre la haine pour lutter contre les crimes haineux, y compris ceux motivés par des formes contemporaines d'antisémitisme.

Les services de police et les procureurs fourniront en continu des retours d'expérience opérationnels sur les défis liés aux enquêtes, notamment en matière de discours de haine en ligne et de formes symboliques d'antisémitisme, tandis que les organisations communautaires, les experts juridiques et les partenaires du secteur judiciaire continueront à contribuer aux efforts de réforme.

Le gouvernement fédéral met également en place un cadre national de sécurité en ligne visant à améliorer la manière dont les contenus préjudiciables en ligne sont signalés, réglementés et soumis à des enquêtes, ce qui reflète le rôle croissant des plateformes numériques dans la propagation de l'antisémitisme.

Parallèlement, les provinces mettent à jour les directives et les normes opérationnelles en matière de maintien de l'ordre afin de favoriser une application uniforme de la loi par les enquêteurs, les procureurs et les agents de première ligne.

Protéger le public

La police et les gouvernements prennent des mesures plus directes pour protéger les communautés juives et les autres groupes exposés à un risque accru d'incidents motivés par la haine.

Les services de police ont intensifié leurs patrouilles à proximité des lieux de culte, des écoles et des centres communautaires, en particulier pendant les périodes de tension accrue, tout en renforçant leur collaboration avec les chefs religieux et les organisations communautaires afin de faire face aux menaces émergentes. Des unités dédiées aux crimes haineux et des enquêteurs spécialisés travaillent en étroite collaboration avec les procureurs pour lutter contre les menaces, le harcèlement et la haine, y compris en ligne. Ces efforts s'appuient sur une coordination renforcée, des outils juridiques actualisés et une jurisprudence améliorée.

Les gouvernements investissent également dans la sécurité physique des espaces communautaires. Dans le cadre du Programme pour la sécurité communautaire du Canada, les financements ont considérablement augmenté afin de soutenir les infrastructures et le personnel de sécurité, notamment pour permettre des améliorations au sein des institutions juives de tout le pays. Cela comprend des fonds supplémentaires alloués à la suite des attaques visant des synagogues à Toronto, qui ont permis de financer des mesures de renforcement de la sécurité tant immédiates qu'à long terme.

Les poursuites judiciaires récentes ont permis de clarifier davantage les conséquences juridiques des comportements antisémites, notamment dans les affaires liées au négationnisme, à l'incitation à la haine et aux menaces dirigées contre les communautés juives.

Prochaines étapes

Les efforts futurs porteront sur la prévention, l'intervention précoce, l'accompagnement des victimes et l'amélioration des mécanismes de signalement. De nouvelles initiatives permettront de renforcer l'accompagnement des victimes, d'élargir les possibilités de signalement et de consolider les programmes d'intervention destinés aux personnes exposées au risque de radicalisation.

Les services de police continueront de revoir leurs plans opérationnels concernant les manifestations, les fêtes religieuses, les événements majeurs et les menaces émergentes, tout en renforçant la coordination avec les procureurs et les organisations communautaires afin de garantir des enquêtes menées en temps opportun et des mesures de protection appropriées.

De nouveaux outils de signalement, des activités de sensibilisation du public et une formation renforcée permettront aux victimes et aux témoins de signaler plus facilement les incidents et d'accéder à un soutien. Ces efforts seront complétés par une action policière proactive, un engagement communautaire et un renforcement des capacités d'enquête.

Le gouvernement de l'Ontario examine également des mesures supplémentaires pour lutter contre l'intimidation et l'entrave à l'accès aux lieux de culte et aux installations communautaires, afin de garantir un accès sûr et fiable à ces espaces.

Pilier 3 : Renforcer la responsabilité

Pourquoi la responsabilisation est-elle importante

Les communautés n'ont cessé de souligner que les progrès ne devaient pas seulement être mesurés à l'aune des activités menées, mais aussi en fonction de leur capacité à apporter des améliorations concrètes. La responsabilisation peut contribuer à renforcer la confiance du public en offrant la possibilité d'évaluer les actions du gouvernement, de comprendre ses priorités et de déterminer les domaines dans lesquels des ajustements pourraient s'avérer nécessaires.

La réalisation de cet objectif nécessite une coordination solide, de l'information fiable, des rapports transparents et un dialogue permanent avec les communautés concernées.

Coordination gouvernementale, mobilisation communautaire et données

Les gouvernements, les services de police et les organisations communautaires mènent toute une série d'initiatives collaboratives et d'efforts de coordination. À la suite des événements du 7 octobre 2023, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont engagé des discussions officielles sur l'antisémitisme, réunissant des décideurs politiques, des représentants des forces de l'ordre et des représentants communautaires afin de définir les priorités et d'harmoniser les réponses.

Des activités de coordination sont menées dans les secteurs de la sécurité publique, de la justice, de l'éducation et des communautés. Les services de police renforcent leur collaboration par l'intermédiaire de réseaux régionaux et nationaux axés sur les crimes haineux, de l'échange d'information et de renseignement, ainsi que la sécurité publique, tout en intensifiant leur travail de mobilisation des communautés juives au moyen de comités consultatifs, de réunions sur la sécurité, de visites dans les synagogues, d'activités de sensibilisation dans les écoles et d'un dialogue régulier avec les responsables communautaires.

Les gouvernements soutiennent ces efforts par l'intermédiaire d'investissements dans le cadre de la Stratégie canadienne de lutte contre le racisme, du Plan d'action canadien de lutte contre la haine, d'initiatives de commémoration de l'Holocauste et de financements ciblés destinés aux organisations juives. Ces programmes soutiennent l'éducation, les services aux victimes, la recherche, le dialogue interconfessionnel, la mobilisation des jeunes et les réponses communautaires à l'antisémitisme.

Le gouvernement fédéral a également annoncé la création d'un nouveau Conseil consultatif sur les droits, l'égalité et l'inclusion, à qui l'on a demandé de commencer ses travaux en mettant l'accent sur la lutte contre l'antisémitisme. Le Conseil fournira des conseils sur les questions liées au racisme, à la discrimination et à l'inclusion, y compris les expériences des communautés juives. Cette initiative vient compléter les efforts en cours dans les secteurs de la sécurité publique, de la justice, de l'éducation et des communautés, et s'inscrit dans un ensemble plus large d'actions coordonnées visant à renforcer la réponse du Canada à l'antisémitisme.

Les points de vue des communautés continuent d'éclairer les discussions sur les politiques et les programmes par le biais de consultations, d'organismes consultatifs et d'activités de mobilisation continues. Ces mécanismes permettent aux gouvernements, aux institutions et aux organisations communautaires d'échanger de l'information, de cerner les préoccupations et de discuter des réponses possibles.

Dans plusieurs administrations, les services de police dialoguent avec les membres de la communauté afin de mieux comprendre leurs préoccupations concernant les pratiques d'enquête, les interventions face aux crimes haineux, l'accompagnement des victimes et la sécurité publique. Les retours issus de ces échanges peuvent contribuer à orienter les améliorations futures des politiques, des pratiques et des efforts de sensibilisation.

Parallèlement, les gouvernements améliorent la collecte de données, le signalement des crimes haineux et la mesure du rendement. La collaboration avec Statistique Canada et d'autres partenaires vise à améliorer la rapidité, l'uniformité et l'accessibilité des données afin de mieux comprendre les tendances et d'éclairer la prise de décision.

Prochaines étapes

Les gouvernements et les partenaires communautaires devraient poursuivre leur collaboration dans les domaines de la sécurité publique, de l'éducation, de la justice et des systèmes de soutien communautaire, en s'appuyant sur la collaboration existante et les priorités communes. Les partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux continueront à échanger de l'information, à examiner les enjeux émergents et à déterminer les possibilités d'action coordonnée.

Les services de police de plusieurs administrations ont fait part de leur intention de poursuivre ou d'étendre leurs efforts de sensibilisation au moyen de réunions communautaires, de visites de sécurisation, de programmes éducatifs et de partenariats avec des chefs religieux et des organisations communautaires. Plusieurs administrations étudient ou organisent également des conférences et des forums publics axés sur la prévention des crimes haineux et la sécurité communautaire.

Les initiatives communautaires devraient rester un élément important des efforts plus larges menés dans ce domaine et pourraient bénéficier du soutien de programmes de financement fédéraux et provinciaux. Ces efforts visent à mieux faire connaître les crimes haineux, à renforcer les mécanismes de signalement, à soutenir les programmes d'intervention auprès des jeunes, à améliorer la collaboration entre les communautés et les forces de l'ordre, et à lutter contre l'antisémitisme dans les régions mal desservies.

Bien que les approches et les priorités puissent varier d'une administration à l'autre, ces efforts ont pour objectif de favoriser la communication, d'améliorer l'accès aux services disponibles et d'offrir aux communautés la possibilité de s'exprimer de manière continue.

Conclusion

Les actions décrites dans le présent rapport reflètent un éventail de mesures qui ont été mises en œuvre ou qui sont en cours de mise en œuvre partout au Canada, notamment la création d'unités de police spécialisées, le renforcement de l'expertise des procureurs, le renforcement des cadres législatifs, les investissements en matière de sécurité, les mesures de soutien aux victimes, les initiatives de sensibilisation du public et une meilleure coordination entre les gouvernements et les institutions.

Ces mesures visent à répondre aux préoccupations soulevées par les communautés juives et les intervenants, en améliorant la reconnaissance des incidents antisémites, en réduisant les obstacles au signalement, en favorisant des enquêtes plus uniformes, en renforçant le soutien aux victimes et en veillant à ce que les auteurs de ces actes soient tenus pour responsables.

Les engagements nationaux doivent être considérés comme s'inscrivant dans un processus continu. La poursuite de leur mise en œuvre, de leur évaluation et de la mobilisation des intervenants sera essentielle pour évaluer l'efficacité de ces mesures et déterminer les domaines nécessitant des améliorations supplémentaires. Un dialogue continu avec les communautés peut contribuer à définir les priorités futures et à soutenir les efforts visant à garantir que les initiatives restent adaptées à l'évolution des besoins et des circonstances.

De nombreux participants aux processus de mobilisation et de consultation ont souligné l'importance de pouvoir aller à l'école, pratiquer sa religion, participer à la vie publique et exprimer son identité sans crainte. Ils ont également mis en avant l'importance des institutions capables de réagir efficacement aux incidents motivés par la haine, d'assurer la primauté du droit et de protéger les droits et la sécurité de toutes les communautés.

La lutte contre l'antisémitisme nécessite des efforts continus de la part des gouvernements, des institutions, des organisations communautaires et des personnes. À mesure que de nouvelles initiatives seront mises en place, il sera essentiel de maintenir un dialogue constant avec les communautés afin de garantir que ces efforts soient adaptés, efficaces et en phase avec l'évolution des besoins.

L'incidence à long terme de ces initiatives continuera d'être évaluée à l'aide des données disponibles, des retours des communautés et de l'évaluation continue des programmes, des politiques et des réponses institutionnelles.

Annexe A : Détails des mesures actuelles et prévues

Annexe du pilier 1 : Comprendre l'antisémitisme

Mesures fédérales actuelles

Sécurité publique Canada
Statistique Canada
Patrimoine canadien
Gendarmerie royale du Canada (GRC)
Fondation canadienne des relations raciales (FCRR)

Mesures provinciales et territoriales actuelles

Collègue de police de la Saskatchewan
Ontario

Mesures municipales actuelles

Police régionale de Durham (PRD)
Service de police de Hamilton (SPH)
Service de police de Saskatoon (SPS)
Service de police de Toronto (SPT)
Service de police de Vancouver (SPV)
Police régionale de Peel (PRP)

Mesures fédérales prévues

Sécurité publique Canada
Patrimoine canadien
Gendarmerie royale du Canada (GRC)
Fondation canadienne des relations raciales (FCRR)

Mesures provinciales et territoriales prévues

Ontario

Mesures municipales actuelles

Police régionale de Durham (PRD)
Service de police de Hamilton (SPH)
Service de police de Saskatoon (SPS)
Service de police de Toronto (SPT)
Service de police de Vancouver (SPV)

Annexe du pilier 2 : Protéger les communautés

Mesures fédérales actuelles

Sécurité publique Canada
Ministère de la Justice
Patrimoine canadien
Gendarmerie royale du Canada (GRC)
Fondation canadienne des relations raciales (FCRR)

Mesures provinciales et territoriales prévues

Ontario

Mesures municipales actuelles

Service de police régional de Durham (SPD)
Service de police de Saskatoon (SPS)
Service de police de Toronto (SPT)
Service de police de Vancouver (SPV)

Mesures fédérales prévues

Patrimoine canadien
Gendarmerie royale du Canada (GRC)

Mesures provinciales et territoriales prévues

Ontario

Mesures municipales actuelles

Police régionale de Durham (PRD)
Service de police de Hamilton (SPH)
Service de police de Saskatoon (SPS)
Service de police de Toronto (SPT)
Service de police de Vancouver (SPV)

Annexe du pilier 3 : Favoriser la responsabilisation

Mesures fédérales actuelles

Sécurité publique Canada
Statistique Canada
Patrimoine canadien
Gendarmerie royale du Canada (GRC)
Fondation canadienne des relations raciales (FCRR)

Mesures provinciales et territoriales prévues

Ontario

Mesures municipales actuelles

Police régionale de Durham (PRD)
Service de police de Hamilton (SPH)
Service de police de Saskatoon (SPS)
Service de police de Regina (SPR)
Service de police de Toronto (SPT)
Service de police de Vancouver (SPV)
Police régionale de Peel (PRP)

Mesures fédérales prévues

Statistique Canada
Fondation canadienne des relations raciales (FCRR)

Mesures provinciales et territoriales prévues

Ontario

Mesures municipales actuelles

Police régionale de Durham (PRD)
Service de police de Hamilton (SPH)
Service de police de Saskatoon (SPS)
Service de police de Toronto (SPT)
Service de police de Vancouver (SPV)
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