Note d'aperçu
Informations générales
Date : Mardi 5 mai 2026
Heure : de 16 h 30 à 17 h 30.
Emplacement : Salle 415, Édifice Wellington, rue 197 Sparks
Contexte
Dans le cadre de son étude du projet de loi C-22, Loi sur l'accès légal de 2026, le SECU vous a invité, vous ainsi que le ministre de la Justice et le procureur général du Canada, à comparaître ensemble. Des hauts fonctionnaires des départements suivants se joindront à vous à la table (noms à confirmer) :
- Sécurité publique Canada (PS)
- Gendarmerie royale du Canada (GRC)
- Service canadien de sécurité et de renseignement (SCRS)
- Justice Canada
Le débat de la deuxième lecture a montré un large consensus entre les partis sur la nécessité de moderniser le cadre d'accès légal du Canada. Tous les partis appuyaient le principe d'établir un régime clair et moderne, mais chacun a identifié des domaines de préoccupation qui influenceront les questions en comité. Les membres du Parti conservateur du Canada (PCC) se sont concentrés sur les risques liés aux vulnérabilités « dérobées », à la cybersécurité, aux exigences de confidentialité et de conservation des données, ainsi qu'à la portée et à la transparence des décrets ministériels. Le Bloc québécois (BQ) a souligné l'absence de consultation avec le commissaire à la protection de la vie privée et a exprimé son inquiétude quant à la dépendance du projet de loi à la réglementation pour définir des termes clés.
Vous pouvez vous attendre à des questions sur la protection de la vie privée, les mécanismes de surveillance, les plans pour les mécanismes réglementaires et l'équilibre entre les besoins d'enquête et les libertés civiles. Votre dossier de briefing comprend des messages clés abordant ces thèmes.
Séquence de la réunion
Les responsables se présenteront pendant la première heure de la réunion (de 15 h 30 à 16 h 30) pour répondre aux questions des membres du comité.
Au début de la deuxième heure, vous et le ministre de la Justice serez chacun invités à prononcer environ cinq minutes de remarques d'ouverture exposant le projet de loi, ses dispositions clés et son importance pour assurer la sécurité des Canadiens. Vous êtes invités à apparaître de 16 h 30 à 17 h 30.
Notes d'allocution de l'honorable Gary Anandasangaree
Ministre de la Sécurité publique
5 mai 2026
Ottawa (Ontario)
J'aimerais commencer en soulignant que nous sommes réunis sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin Anishinaabeg.
Je vous remercie de m'avoir invité à parler aujourd'hui du projet de loi C-22.
En tant que ministre de la Sécurité publique, ma priorité est de veiller à ce que chaque Canadien demeure en sécurité.
Depuis ma nomination, les organismes d'application de la loi à tous les niveaux – les services de police municipaux et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) – ainsi que les groupes de victimes, ont clairement exprimé que le Canada a besoin d'outils modernes pour s'attaquer aux diverses activités illicites qui sont facilitées par l'environnement numérique mondial.
La technologie a fondamentalement changé la nature de la criminalité et des menaces à l'échelle mondiale. Les criminels exploitent continuellement l'espace numérique que nous utilisons tous pour faciliter un large éventail d'infractions comme l'extorsion, l'exploitation des enfants et la traite des personnes.
De plus, cet environnement est utilisé pour faciliter l'ingérence étrangère et l'extrémisme violent.
Nos lois n'ont tout simplement pas suivi le rythme de notre monde axé sur le numérique. Cela a créé un écart important entre les crimes et les menaces d'aujourd'hui et ce que nos lois actuelles peuvent régir.
Nous devons nous attaquer de front à ces nouvelles menaces pour les Canadiens et les Canadiennes.
C'est ce que le projet de loi C-22 vise à faire.
Je profite de l'occasion pour souligner que le projet de loi C-22 ne vise pas à « réglementer Internet », à « surveiller les activités sur Internet » ou à obliger les fournisseurs de services Internet à devenir des agents du gouvernement, comme l'a laissé entendre une partie du débat à la Chambre.
Il s'agit simplement de combler les lacunes de notre cadre légal qui présente des défis pour accéder rapidement à l'information et aux renseignements qui sont essentiels aux enquêtes.
Il donnera à nos agents les outils dont ils ont besoin pour assurer la sécurité des Canadiens au 21e siècle, tout en veillant à ce que nous continuions à respecter la Charte canadienne des droits et libertés et le droit à la vie privée.
Nous avons écouté les préoccupations soulevées par les intervenants et d'autres parlementaires après le dépôt du projet de loi C-2.
La Partie 1 du projet de loi C-22 comprend d'importantes garanties, comme limiter la portée de la confirmation de la fourniture de services aux fournisseurs de services de télécommunication seulement, une définition plus étroite des renseignements sur les abonnés et une surveillance judiciaire rigoureuse. La police devra toujours obtenir l'approbation du tribunal pour obtenir des renseignements personnels comme des noms, des adresses et des numéros de téléphone.
En vertu de la Partie 2 du projet de loi, nous veillerons à ce que les fournisseurs de services électroniques puissent répondre aux demandes d'accès légal.
Soyons clairs : cette partie ne crée pas de nouveaux pouvoirs permettant aux organismes d'application de la loi et au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) d'intercepter des communications ou d'obtenir des renseignements. Son objectif est de s'assurer que les fournisseurs de services électroniques sont en mesure de se conformer aux pouvoirs juridiques existants, prévus par le Code criminel et la Loi sur le Service canadien du renseignement de sécurité.
Les éléments clés comprennent un nouveau cadre de conformité qui exigera des « fournisseurs principaux » qu'ils aient la capacité technique de se conformer aux autorisations légales pour obtenir des renseignements, comme les mandats et les ordonnances de communication.
Elle confère également de nouveaux pouvoirs au ministre de la Sécurité publique en vertu d'arrêtés ministériels. Ce n'est qu'avec l'approbation du Commissaire au renseignement que le ministre peut ordonner à un ou plusieurs fournisseurs de services électroniques de développer des capacités techniques spécifiques, par exemple pour traiter les nouvelles technologies qui sont développées et qui ne sont pas prises en compte dans les règlements.
Enfin, elle introduit des outils d'application de la réglementation, tels que des sanctions administratives pécuniaires pour tout fournisseur qui ne s'y conforme pas.
Monsieur le Président, une fois de plus, je tiens à souligner les mesures de protection qui seraient en place en vertu de cette partie du projet de loi. Comme je l'ai mentionné, tous les arrêtés ministériels devront être approuvés au préalable par le Commissaire au renseignement pour s'assurer qu'ils sont raisonnables.
Cette partie comprend également une mesure de protection explicite visant à prévenir l'introduction de vulnérabilités systémiques dans les protections électroniques. Notre gouvernement n'appuie pas la création de portes dérobées.
Nous voulons que les Canadiens voient exactement comment ces pouvoirs sont créés et utilisés, afin de s'assurer que leur mise en œuvre soit soumise aux plus hauts niveaux d'examen démocratique.
En vertu de nos lois actuelles, nos services de police et nos agents de renseignement tentent de combattre les criminels férus de technologie et les acteurs étatiques avec des outils vieux de plusieurs décennies. Le projet de loi C-22 comble cette lacune, tout en respectant les droits garantis par la Charte et le droit à la vie privée de tous les Canadiens.
Je vous remercie et je répondrai à vos questions avec plaisir.