Sécurité en ligne et cyberintimidation : Perspectives des jeunes et des parents au Canada (2019 à 2024)
Table des matières
Résumé en langage clair
Ce livret présente un aperçu des points de vue des jeunes et des parents sur la cyberintimidation au Canada, selon un sondage d'opinion publique mené en 2024 par Sécurité publique Canada. Il vise à sensibiliser le public aux actes de cyberintimidation et à leurs répercussions sur les personnes touchées. Voici les principaux constats :
- Les jeunes se sentent moins en sécurité en ligne – seulement environ 3 jeunes sur 10 disent se sentir en sécurité, et les parents sont encore moins nombreux à penser que leurs enfants le sont en 2024.
- Les jeunes apprennent ce qu'est la cyberintimidation à partir de leurs propres expériences – même si les écoles et les enseignants demeurent la principale source d'information à ce sujet, un plus grand nombre de jeunes y sont directement confrontés en tant que victimes.
- De plus en plus de jeunes déclarent avoir intimidé d'autres personnes en ligne – cette proportion a presque doublé au cours des dernières années.
Introduction
Ce livret présente les résultats du sondage et du rapport intituléNote de bas de page 1 Recherche sur la sensibilisation du public 2024, tous deux commandés par Sécurité publique Canada. Il inclut aussi des données recueillies en 2019, 2022 et 2024, afin de mettre en lumière l'évolution des connaissances, de la sensibilisation et des comportements des jeunesNote de bas de page 2 et des parents en matière de cyberintimidation.
Les jeunes de 14 à 17 ans formaient le groupe le plus nombreux lors des trois cycles de collecte de données. Les garçons/jeunes hommes et les filles/jeunes femmes étaient représentés de façon presque égale. Vous trouverez des renseignements détaillés sur le profil des participants à l'annexe B.
Ce livret met les résultats du sondage en perspective à la lumière des recherches plus larges sur la cyberintimidation au Canada. Les résultats sont regroupés selon trois thèmes :
- Perceptions de la sécurité et activités en ligne
- Opinions sur la cyberintimidation
- Perpétration de la cyberintimidation
Résultats
Perceptions de la sécurité et activités en ligne
Comprendre la sécurité en ligne exige de tenir compte à la fois de la perspective des jeunes et de la perception qu'ont les parents des risques et des expériences vécues en ligne. Les recherches sur la cyberintimidation montrent que les adultes responsables ont souvent une compréhension limitée des activités en ligne de leurs enfants. Parfois même, ils perçoivent les risques comme étant plus élevés que les jeunes eux-mêmes.Note de bas de page 3 Ce décalage peut avoir une incidence sur la façon dont les familles réagissent à la cyberintimidation, ainsi que sur l'efficacité des stratégies de prévention.
La section suivante présente les principaux constats sur la façon dont les jeunes et les parents perçoivent la sécurité en ligne, ainsi que sur l'utilisation d'Internet par les jeunes pour socialiser et faire d'autres activités.
Activités en ligne, y compris l'interaction sociale
En 2024, 55 % des jeunes ont déclaré utiliser Internet plusieurs fois par jour pour des interactions sociales – une hausse de 3 % par rapport à 2019. En comparaison, peu ont dit l'utiliser environ une fois par jour (6 %), quelques fois par semaine (2 %) ou une fois par semaine ou moins (1 %).

Figure 1 : Description de l'image
Graphique à barres groupées montrant la fréquence à laquelle les jeunes ont utilisé Internet pour des interactions sociales en 2019, 2022 et 2024. Pour toutes les années, la fréquence la plus courante était l'utilisation d'Internet plusieurs fois par jour, avec le taux le plus élevé en 2024. La deuxième fréquence la plus courante était une utilisation horaire ou plus fréquente, voire constante. Les données complètes sont fournies dans le tableau 1 ci-dessous.
Utilisation d'Internet |
2019 |
2022 |
2024 |
|---|---|---|---|
À l'heure ou plus souvent/en continu |
39 % |
41 % |
35 % |
Plusieurs fois par jour |
52 % |
46 % |
55 % |
Environ une fois par jour |
5 % |
6 % |
6 % |
Quelques fois par semaine |
3 % |
4 % |
2 % |
Une fois par semaine ou moins |
1 % |
1 % |
1 % |
La majorité des jeunes perçoivent leurs activités en ligne de façon positive, mais leurs expériences varient selon les plateformes. En 2024, les textos et la messagerie instantanée ont été jugés les plus positifs (82 %), suivis des jeux vidéo (69 %) et de l'utilisation des médias sociaux (60 %).
On remarque d'ailleurs une progression marquée des expériences positives liées aux jeux vidéo, qui sont passées de 57 % en 2022 à 69 % en 2024.

Figure 2: Description de l'image
Graphique à barres groupées présentant les impressions positives des jeunes à l'égard des activités sociales en ligne en 2019, 2022 et 2024. L'envoi de textos et la messagerie ont suscité les impressions les plus positives pour toutes les années, suivis des jeux en ligne, puis des médias sociaux. Les données complètes sont fournies dans le tableau 2 ci-dessous.
Emplacement |
2019 |
2022 |
2024 |
|---|---|---|---|
Textos et messagerie |
84 % |
80 % |
82 % |
Jeux vidéo |
74 % |
57 % |
69 % |
Utilisation des réseaux sociaux |
68 % |
61 % |
60 % |
Perception de la sécurité selon l'emplacement
En 2024, seulement 29 % des jeunes ont affirmé se sentir en sécurité en ligne, comparativement à 34 % dans leur quartier, 37 % sur leur lieu de travail, 42 % à l'école et 84 % à la maison.
Depuis 2019, le sentiment de sécurité chez les jeunes a diminué dans l'ensemble, surtout à l'école et au travail.

Figure 3: Description de l'image
Graphique linéaire illustrant la perception qu'ont les jeunes de leur sécurité dans différents lieux en 2019, 2022 et 2024. Pour toutes les années, les jeunes ont déclaré se sentir le plus en sécurité à la maison et le moins en sécurité en ligne. Les données complètes sont fournies dans le tableau 3 ci-dessous.
Emplacement |
2019 |
2022 |
2024 |
|---|---|---|---|
À la maison |
87 % |
86 % |
83 % |
À l'école |
59 % |
46 % |
42 % |
Au travail |
63 % |
43 % |
37 % |
En marchant seul dans le quartier |
43 % |
38 % |
34 % |
En ligne |
33 % |
32 % |
29 % |
Du côté des parents, seulement 14 % estimaient en 2024 que leur enfant se sentait en sécurité en ligne. Ils étaient toutefois plus nombreux à croire que leur enfant se sentait en sécurité au travail (37 %), dans le quartier (38 %), à l'école (45 %) et à la maison (88 %).

Figure 4: Description de l'image
Graphique linéaire montrant la perception qu'ont les parents de la sécurité de leurs enfants dans différents lieux en 2019, 2022 et 2024. Pour toutes les années, les parents ont indiqué que leurs enfants étaient le plus en sécurité à la maison et le moins en sécurité en ligne. Les données complètes sont fournies dans le tableau 4 ci-dessous.
Emplacement |
2019 |
2022 |
2024 |
|---|---|---|---|
À la maison |
91 % |
91 % |
88 % |
À l'école |
49 % |
45 % |
45 % |
Au travail |
51 % |
38 % |
37 % |
En marchant seul dans le quartier |
41 % |
41 % |
38 % |
En ligne |
19 % |
19 % |
14 % |
Coup de projecteur! Perceptions des jeunes et des parents à l'égard de la sécurité en ligne
Les espaces en ligne sont perçus comme le milieu le moins sécuritaire, tant par les jeunes que par leurs parents. Seuls 29 % des jeunes disent s'y sentir en sécurité, tandis que seulement 14 % des parents estiment que leurs enfants y sont en sécurité. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour cerner des stratégies efficaces en matière de littératie numérique, d'outils de sécurité et de lignes directrices claires favorisant des comportements en ligne positifs et sécuritaires chez les jeunes.
Opinions sur la cyberintimidation
Historiquement, la littérature montre que les programmes de prévention étaient presque exclusivement offerts en milieu scolaire, avec une participation parentale minimale et sans initiatives conçues expressément pour les familles.Note de bas de page 4 Bien que les écoles demeurent une source d'information importante, les jeunes rapportent une diminution, au fil du temps, de l'éducation offerte en milieu scolaire sur la cyberintimidation.
Cette section examine la manière dont les jeunes et les parents perçoivent la cyberintimidation, en mettant l'accent sur le niveau de sensibilisation des jeunes et sur leurs sources d'information.
Sensibilisation à la cyberintimidation
En 2024, la sensibilisation à la cyberintimidation était élevée : 65 % des jeunes et 51 % des parents déclaraient bien connaître cet enjeu. Seul 1 % des jeunes et des parents ont indiqué ne pas en avoir connaissance ou n'en avoir jamais entendu parler. Les jeunes qui utilisaient Internet au moins une fois par heure étaient particulièrement nombreux à déclarer un niveau élevé de sensibilisation.
Malgré cette prise de conscience, la perception de la gravité de la cyberintimidation a évolué au fil du temps. Bien que la majorité des jeunes considèrent encore la cyberintimidation comme un problème sérieux, cette proportion a diminué, passant de 73 % en 2019 à 65 % en 2024. De leur côté, les parents ont toujours exprimé un niveau de préoccupation plus élevé que les jeunes : en 2024, 75 % d'entre eux jugeaient la cyberintimidation sérieuse.

Figure 5: Description de l'image
Deux graphiques à barres comparant les résultats du sondage de 2024 sur la sensibilisation à la cyberintimidation chez les jeunes et chez les parents. Les jeunes ont déclaré un niveau de sensibilisation à la cyberintimidation plus élevé que les parents. Les données complètes sont fournies dans le tableau 5 ci-dessous.
Sensibilisation à la cyberintimidation |
Jeunes |
Parents |
|---|---|---|
Très conscients |
65 % |
51 % |
Assez conscients |
29 % |
42 % |
Peu conscients |
4 % |
6 % |
N'en ont jamais entendu parler |
1 % |
1 % |
En 2024, les jeunes étaient moins nombreux à dire qu'ils avaient appris des choses sur la cyberintimidation à l'école ou auprès de leurs enseignants (69 %) qu'en 2019 (78 %). On observe la même tendance du côté des médias : en 2024, seulement 39 % des jeunes disaient s'être informés sur la cyberintimidation par des reportages ou des campagnes de sensibilisation, comparativement à 57 % en 2019.
Avec le temps, de plus en plus de jeunes affirment que leur compréhension de la cyberintimidation vient de leur propre expérience comme victimes. Entre 2022 et 2024, cette proportion est passée de 20 % à 25 %. Ce chiffre laisse entendre que la sensibilisation repose de plus en plus sur des expériences personnelles négatives plutôt que sur des démarches éducatives préventives.
Par ailleurs, la proportion de jeunes ayant déclaré avoir entendu parler du cyberharcèlement par des amis ou des connaissances victimes de cyberharcèlement a fluctué entre 2019 et 2024.

Figure 6: Description de l'image
Graphique à barres groupées montrant les différentes sources d'information sur la cyberintimidation chez les jeunes en 2019, 2022 et 2024. Pour toutes les années, les écoles et les enseignants ont constitué la source d'information la plus constante, suivis des reportages dans les médias. Les données complètes sont fournies dans le tableau 6 ci-dessous.
Emplacement |
2019 |
2022 |
2024 |
|---|---|---|---|
École ou personnel enseignant |
78 % |
75 % |
69 % |
Reportages sur la cyberintimidation |
57 % |
43 % |
39 % |
Expérience personnelle |
20 % |
21 % |
25 % |
Amis ou personnes connues en ligne ayant été victimes de cyberintimidation |
44 % |
37 % |
39 % |
Perpétration de la cyberintimidation
La section suivante examine la proportion de jeunes répondants au sondage qui pourraient avoir commis des actes de cyberintimidation. Il est important de souligner que les définitions de la cyberintimidation varient d'une étude à l'autre, ce qui complique l'établissement de taux précis de cyberintimidation au Canada.Note de bas de page 5
Certaines études indiquent que de 6 % à 10 % des jeunes déclarent avoir commis des actes de cyberintimidation, tandis que d'autres font état de proportions allant de 24 % à 26 %.Note de bas de page 6 Les résultats du présent sondage se situent dans cette fourchette (15 % en 2024), mais les écarts importants entre les études rendent difficile l'estimation de la prévalence réelle de la cyberintimidation commise par les jeunes au Canada. La définition précise de la cyberintimidation utilisée dans la présente étude figure à l'annexe A.
Hausse des actes de cyberintimidation au fil du temps
La proportion de jeunes qui déclarent avoir commis des actes de cyberintimidation a augmenté de façon constante au fil des années. En 2019, seulement 8 % des jeunes disaient avoir déjà commis des actes de cyberintimidation. Cette proportion est passée à 11 % en 2022. En 2024, elle atteignait 15 %.

Figure 7: Description de l'image
Trois pictogrammes, un pour chaque année (2019, 2022 et 2024) montrant la proportion de jeunes ayant déclaré s'être livrés à la cyberintimidation. La proportion de jeunes ayant déclaré s'être livrés à la cyberintimidation a augmenté de façon constante, passant de 8 % en 2019 à 15 % en 2024. Les données complètes sont fournies dans le tableau 7 ci-dessous.
2019 |
2022 |
2024 |
|
|---|---|---|---|
Cyberintimidation commise |
8 % |
11 % |
15 % |
Principale leçon à retenir
À partir des données et du rapport Recherche sur la sensibilisation du public 2024, trois constats principaux se dégagent :
- Les jeunes se sentent moins en sécurité en ligne : En 2024, seulement 29 % des jeunes disaient se sentir en sécurité dans les environnements numériques, contre 33 % en 2019. Du côté des parents, à peine 14 % estimaient que leurs enfants étaient en sécurité en ligne, comparativement à 19 % en 2019.
- De plus en plus de jeunes apprennent ce qu'est la cyberintimidation en étant eux-mêmes victimes : même si l'école demeure la principale source d'information sur la cyberintimidation en 2024 (69 %), cette proportion est en baisse. Parallèlement, la part des jeunes qui disent avoir appris ce qu'est la cyberintimidation en étant eux-mêmes victimes est passée de 20 % en 2022 à 25 % en 2024.
- La cyberintimidation est en hausse : La proportion de jeunes qui déclarent avoir commis des actes de cyberintimidation a presque doublé, passant de 8 % en 2019 à 15 % en 2024, ce qui pourrait indiquer une augmentation des comportements nuisibles en ligne.
Annexe A : Termes clés
- Cyberintimidation
- S'entend de l'utilisation d'ordinateurs, de téléphones intelligents ou d'autres appareils pour embarrasser, harceler, menacer, tourmenter ou humilier une personne. La cyberintimidation comprend notamment les moqueries, les insultes, les attaques verbales, la diffusion de rumeurs ou d'informations personnelles ou privées (y compris des images intimes), la propagation de fausses informations en ligne, le harcèlement, les messages menaçants, le cyberharcèlement (traque) ou l'usurpation d'identité.Note de bas de page 7
- Diversité de genre
- Terme générique désignant les personnes dont l'identité de genre ou l'expression de genre s'inscrit dans un éventail plus large et plus souple que celui associé au sexe assigné à la naissance ou au système binaire de genre (p. ex. personnes non binaires, au genre fluide, créatif ou non conforme).Note de bas de page 8
- Victime
- Dans le contexte de la cyberintimidation, une victime est une personne qui a subi un préjudice physique ou émotionnel, des dommages matériels ou une perte financière en raison d'actes de cyberintimidation.Note de bas de page 9
- Jeunes
- Dans le cadre de ce sondage, le terme « jeunes » désigne les Canadiens âgés de 10 à 24 ans.
Annexe B : Profil des répondants
Jeunes répondants
Âge : Les jeunes âgés de 14 à 17 ans représentaient la plus grande proportion de répondants (37 %). Les participants restants étaient répartis également entre 18 et 21 ans et 22 à 24 ans.
Genre : Les garçons/jeunes hommes (50 %) et les filles/jeunes femmes (49 %) étaient représentés en proportion presque égales. Un pour cent des répondants s'identifiaient comme appartenant à la diversité de genre.
Niveau de scolarité : La majorité fréquentait l'école secondaire (34 %) ou avait terminé ce niveau d'études (32 %). Les autres étaient au collège ou dans une école technique (17 %) ou à l'université (15 %).
Langue : La majorité des répondants (80 %) ont indiqué que l'anglais était leur langue maternelle.
Parents répondants
Genre : Les hommes (52 %) et les femmes (47 %) étaient presque également représentés. Moins de 1 % des répondants s'identifiaient comme appartenant à la diversité de genre.
Niveau de scolarité : Un peu plus de la moitié (54 %) des répondants détenaient un diplôme universitaire (baccalauréat ou plus), 32 % avaient un diplôme collégial ou un certificat technique et 13 % avaient un diplôme d'études secondaires ou moins.
Revenu : Un peu plus de la moitié (54 %) ont déclaré un revenu familial supérieur à 100 000 $. Trente-deux pour cent se situaient entre 40 000 $ et 100 000 $, et 6 % déclaraient un revenu inférieur à 40 000 $.
Langue : La majorité des répondants (78 %) ont indiqué que l'anglais était leur langue maternelle.
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