Notes des comités parlementaires : Sécurité publique Canada – Programme d’indemnisation pour les armes à feu de style arme d’assaut au Budget supplémentaire des dépenses B
Réponse proposée
- L’engagement du gouvernement du Canada à retirer les armes de style arme d’assaut des communautés canadiennes est une mesure importante et concrète visant à réduire la violence liée aux armes à feu au Canada. Il est également conforme au Rapport des pertes de masse qui recommande au gouvernement du Canada de réduire le nombre d’armes à feu semi-automatiques prohibées en circulation.
- Le gouvernement du Canada lancera le Programme d’indemnisation pour les armes à feu de style arme d’assaut en deux phases. La première phase débutera à l’automne 2024 et portera sur la collecte d’armes à feu et d’appareils prohibés auprès des entreprises.
- En octobre 2024, le Programme a demandé aux propriétaires d’armes à feu de bénéficier d’un financement sur plus de trois ans pour mettre en place la deuxième phase du Programme.
- Afin d’éliminer en toute sécurité la circulation des armes à feu prohibées, le Programme s’appuiera sur l’expertise et l’infrastructure du secteur privé, des gouvernements provinciaux et municipaux et de nos partenaires fédéraux, y compris la Gendarmerie royale du Canada.
Implications financières
- Dans le cadre des estimations actuelles, Sécurité publique Canada a demandé accès à 32,0 millions de dollars. Avec 22,3 millions de dollars en crédit 1 et 9,7 millions de dollars en crédit 5 pour les dépenses.
- La majorité de ces fonds permettra au Programme de conclure des accords avec des facilitateurs de l’exécution du Programme pour la collecte, le transport et la destruction d’armes à feu de style assaut détenues par des particuliers.
- Une partie supplémentaire des fonds est consacrée à l’élargissement des fonctionnalités du portail Web et du Système de gestion des cas, qui a été mis au point pour la phase 1 (Entreprises). Le portail Web fournira une interface conviviale permettant aux particuliers de déclarer leur intention de se procurer des armes à feu et, au bout du compte, de fournir les moyens d’indemniser les personnes qui les transmettent ou les désactivent.
- Les fonds restants sont consacrés aux coûts salariaux et non salariaux de Sécurité publique Canada afin de poursuivre les activités de planification et de mise en œuvre du Programme.
Mise à jour
Dans les discours du Trône de 2019, 2020 et de 2021, et dans les lettres de mandats envoyées au ministre de la Sécurité publique, au ministre de la Justice et procureur général et à la vice-première ministre, le gouvernement s’est engagé à un programme général de contrôle des armes à feu qui comprenait l’interdiction des armes à feu de style arme d’assaut (AFSAA) et à établir un Programme pour indemniser les entreprises et les particuliers détenteurs d’armes à feu nouvellement interdites.
Le 1er mai 2020, le gouvernement a interdit plus de 1 500 marques et modèles d’AFSAA, leurs variantes et certains receveurs supérieurs, en apportant une modification au Règlement désignant des armes à feu, armes, éléments ou pièces d’armes, accessoires, chargeurs, munitions et projectiles comme étant prohibés ou à autorisation restreinte (le Règlement) au moyen d’un décret (le décret du 1er 2020). De ce nombre, neuf principaux modèles d’armes à feu de style armes d’assaut sont interdits, car ils possèdent un mécanisme semi-automatique permettant un tir rapide soutenu (c.-à-d. conception militaire tactique avec grande capacité du chargeur), sont de conception moderne et sont présents en grand nombre au Canada. On y trouve également les armes à feu d’un diamètre de plus de 20 mm (c.-à-d. les lance-grenades) ou celles dont l’énergie initiale est supérieure à 10 000 joules (p. ex. les fusils de tireur d’élite BMG de calibre 0,50). Depuis le 1er mai 2020, environ 400 variantes des neuf principaux modèles d’armes à feu de style arme d’assaut ont été interdits – ils étaient en majeure partie non restreints auparavant, ce qui signifie que le Programme canadien des armes à feu de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n’est devenu au courant de leur existence qu’au moyen d’analyses au fil du temps. Ainsi, le décret a ajouté environ 2 000 marques et modèles au Règlement. Environ 19 500 carabines et fusils de chasse adaptés à la chasse demeurent disponibles.
L'interdiction limite l'accès aux armes à feu les plus dangereuses et les retire du marché canadien. Un décret d’amnistie en vertu du Code criminel est entré en vigueur en même temps que des amendements au Règlement et, a été prolongé jusqu’au 30 octobre 2025 afin de protéger les propriétaires d’armes à feu de style arme d’assaut et les entreprises légitimes contre toute responsabilité pénale et de leur donner le temps de se conformer à la loi. L’amnistie prévoit également une exception temporaire pour les peuples autochtones qui exercent leur droit constitutionnel de chasse en vertu de l’article 35, ainsi que pour ceux qui utilisent des armes à feu pour la chasse de subsistance, ce qui leur permet de continuer à utiliser leurs armes à feu interdites en 2020 (si elles n’étaient pas auparavant restreintes) jusqu’à ce qu’un remplacement approprié puisse être trouvé.
Le nombre total d’AFSAA touchées est estimé à environ 150 000. De ce nombre, 110 000 étaient déjà classées comme des armes à feu à autorisation restreinte, alors leur propriétaire, emplacement et caractéristiques sont connus. La majorité des armes à feu déjà classées comme armes à feu à autorisation restreinte se trouve, par ordre décroissant, en Ontario (39 %), en Alberta (21 %) et en Colombie-Britannique (19 %). Approximativement 40 000 des armes à feu de style arme à feu qui y restent étaient déjà classées comme des armes à feu sans restriction. Il s’agit d’une estimation puisque les armes à feu sans restriction ne doivent pas être enregistrées et leur volume total au Canada est donc inconnu. Cette estimation est fondée sur les enregistrements de source ouverte datant de 2012, qui ont été rajustés (augmentés) à la hausse de 25 % pour tenir compte des tendances observables dans la croissance du marché. Environs 9 000 ASFAA (6 % du total) sont détenues par des entreprises et non par des individus. L’industrie estime que les volumes d’armes à feu autrefois sans restriction sont dix fois plus élevés que celles du gouvernement, et ces chiffres ont été adoptés dans une analyse effectuée par le Bureau parlementaire du budget en 2021. L’écart est probablement attribuable aux différentes méthodes de calcul utilisées pour estimer le nombre d’armes à feu de style assaut sans restriction (c’est-à-dire documents de source ouverte plutôt qu’un compte officiel du nombre courant et historique de permis d’importation émis aux membres de l’industrie).
Le gouvernement a annoncé que la mise en œuvre du Programme se fera en deux phases; en commençant par les entreprises en fin 2024 suivi de la phase pour les particuliers.
Pendant la période d’amnistie, y compris tout au long de la mise en œuvre du programme, les propriétaires peuvent toujours choisir de se débarrasser de leurs armes à feu de type ASF et de leurs dispositifs prohibés concernés (c.-à-d. les carcasses supérieures des armes à feu de type M16, AR-10, AR-15 et M4) de la manière prévue dans le décret (p. ex. en les remettant à la police, en les faisant désactiver sans indemnisation ou en les exportant).
- Date de modification :