Deuxième série de projets de recherche sélectionnés dans le cadre du projet Kanishka
Le programme de contribution du Projet Kanishka était un investissement pluriannuel du gouvernement du Canada dans la recherche axée sur le terrorisme.
Son objectif premier était la recherche, mais il a également financé d'autres activités essentielles pour approfondir les connaissances et bâtir un réseau dynamique de chercheurs de différentes disciplines et universités. Par l'entremise de ce programme, le gouvernement a financé des projets liés aux politiques qui permettent de mieux comprendre le terrorisme dans le contexte canadien, son évolution et la façon la plus efficace pour les politiques et les programmes de lutter contre ce phénomène et contre l'extrémisme violent au Canada.
Des fonds ont été accordés aux projets de recherche suivants lors du deuxième tour de sélection. Le troisième tour s'est achevé le 30 novembre 2012.
L'extrémisme de droite au Canada
(Université de l'Ontario — Institute of Technology; Barbara Perry, chercheuse principale)
Ce projet visait à examiner l'état actuel des activités des extrémistes de droite au Canada afin d'évaluer les répercussions pour la sécurité nationale et la lutte contre le terrorisme. Le projet de recherche consisterait à mener des entrevues avec des agents de première ligne et d'autres fonctionnaires chargés de la sécurité nationale, des organisateurs communautaires et des membres de groupes d'extrême droite. La recherche comprend également une composante axée sur l'examen du contenu Web, des archives judiciaires et des médias.
L'étude visait à identifier les groupes extrémistes qui prévoient utiliser la violence, qui recourent à la violence ou qui incitent à la violence; évaluer la fréquence, la nature et la gravité des gestes posés et déterminer les facteurs internes et externes qui engendrent la violence. Le projet de recherche visait également à créer, avec l'aide d'agents d'application de la loi, un module de formation en matière d'application de la loi fondé sur les résultats. Le gouvernement du Canada s'est engagé à verser jusqu'à 77 305 $ sur trois ans pour ce projet.
Un système pour évaluer la réaction de la population sur les médias sociaux advenant une crise
(Université McGill; Derek Ruths, chercheur principal)
Les chercheurs analyseraient en temps réel les réactions sociales en lien avec l'évolution rapide ou soudaine des conditions sociales en situation de crise ou d'urgence grâce à l'utilisation de fils d'actualité du site de réseautage social Twitter. Les renseignements recueillis et les évaluations produites par le système, qui est en cours de développement, fourniraient un aperçu de la réaction des Canadiens face à des actes de terrorisme et à d'autres situations d'urgence, grâce en partie à la comparaison des résultats aux réactions notées lors d'autres crises.
La recherche visait à comprendre les tendances de la population dans des situations de crise ou d'urgence, plutôt que de se concentrer sur certaines personnes, comme les sujets faisant l'objet de discussion, les points de vue de différentes populations sur les sujets discutés, les données démographiques (sexe, âge, niveau d'éducation) ainsi que la répartition géographique. De plus, ce projet visait à améliorer la façon dont les organismes gouvernementaux s'engagent auprès des collectivités pour se préparer à faire face aux urgences, intervenir le cas échéant, en atténuer les répercussions et se rétablir à la suite d'une crise. Le gouvernement du Canada s'est engagé à verser jusqu'à 85 100 $ sur deux ans pour le projet.
Comprendre les menaces terroristes visant les infrastructures essentielles et intervenir le cas échéant
(Université Dalhousie; Kevin Quigley, chercheur principal)
Ce projet visait à examiner la compréhension des propriétaires et exploitants d'infrastructures essentielles à l'égard des menaces terroristes, les éléments qui influencent leur réaction, la façon dont ils gèrent les menaces liées à des secteurs d'infrastructures distincts mais interdépendants, et les leçons qu'il est possible de tirer relativement à la résilience et à la coopération. Dans le cadre de cette approche, une attention particulière a été accordée aux différences entre les risques complexes récurrents (comme les catastrophes naturelles) et les risques incertains pouvant être catastrophiques (comme le terrorisme ou des catastrophes naturelles rares et imprévisibles).
Le projet s'est appuyé sur un projet de recherche antérieur dans le cadre duquel des propriétaires et exploitants d'infrastructures essentielles ont été interviewés et dont les résultats révèlent que les secteurs des infrastructures essentielles accordent beaucoup plus d'importance aux risques complexes récurrents. Dans le cadre de ce projet, de nouvelles entrevues seraient réalisées et des analyses plus poussées seraient effectuées sur les données de l'étude précédente. Ainsi, il sera possible d'examiner la façon dont les propriétaires et exploitants comprennent et gèrent les risques incertains, en se penchant plus particulièrement sur le terrorisme, et la façon d'améliorer ces processus. Les secteurs examinés comprennent ceux du transport (maritime, aérien et de surface), de l'agriculture et des produits chimiques dangereux. Le gouvernement du Canada s'est engagé à verser jusqu'à 104 420 $ sur trois ans pour le projet.
L'utilisation d'Internet par les organisations terroristes et extrémistes à des fins de recrutement
(Donnybrook Research and Analysis; Garth Davies, chercheur principal, avec l'appui de l'Université Simon-Fraser)
Ce projet visait à développer et à mettre en œuvre un programme Web personnalisé pour acquérir une meilleure compréhension de l'utilisation d'Internet par les organisations terroristes à des fins de recrutement. Cette recherche s'est appuyée sur un projet déjà réalisé dans le cadre duquel un programme Web semblable a été créé et utilisé pour enquêter sur la pornographie infantile. L'équipe de recherche adapterait l'outil au contexte du terrorisme.
Le logiciel proposé était un programme sur mesure qui parcourt automatiquement le Web selon des règles préétablies et des critères précis afin d'identifier les sites pertinents, et de recueillir ensuite des informations à partir des pages visitées. Ces données orienteraient l'analyse pour déterminer la présence en ligne du matériel de recrutement, offriraient un aperçu du processus de recrutement et de sa nature, et nous aideraient à comprendre quels types de personnes pourraient être ciblées à des fins de recrutement. Le gouvernement du Canada s'est engagé à accorder jusqu'à 116 146 $ sur trois ans pour le projet.
Formation sur les compétences culturelles en réponse à la radicalisation menant à la violence
(Hôpital général juif; Myrna Lashley, chercheuse principale, en partenariat avec l'Université de la Saskatchewan, l'Université du Québec à Montréal, l'Université Ryerson et l'Environics Institute)
Cette proposition visait à évaluer la façon dont les programmes de formation sur les compétences culturelles sont perçus par les policiers, afin de contribuer au rendement organisationnel en matière de sécurité nationale — par exemple, les activités de mobilisation auprès des collectivités; la création d'outils pour des collectivités précises; les pratiques d'embauche et la diminution des perceptions de profilage racial. En outre, cette recherche se pencherait sur les perceptions qu'ont les collectivités à l'égard des interactions avec la police.
La recherche a été menée à Montréal, Toronto et Saskatoon, et les résultats visaient à fournir des informations et de formuler des recommandations concernant l'importance de la formation sur les compétences culturelles par rapport aux besoins en matière de sécurité nationale au Canada, ainsi que l'importance de la formation pour accroître le sentiment de confiance des collectivités. Le projet a été soutenu par les organismes d'application de la loi et contribue à améliorer la formation des agents de première ligne. Le gouvernement du Canada s'est engagé à verser jusqu'à 350 264 $ sur quatre ans pour le projet.
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